‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 108 sur 115 · ÉMAIL COULEUR D’ARGENT , ET ARGENTURE DES MATIÈRES VITREUSES · texte numérisé non relu

ÉMAIL COULEUR D’ARGENT , ET ARGENTURE DES MATIÈRES VITREUSES

L argentage du verre et de la porcelaine est très-facile, mais 011 emploie plus souvent pour cela le platine que l’argent, parce que la couleur est presque aussi belle et qu’elle n’est pas altérée par les exhalaisons sulfureuses. Du reste, on peut procéder avec l’argent de la même manière qu’avec l’or , et l’employer à l’état métallique, en poudre fine, ou précipité de ses dissolutions dans les acides.

i° (Avec le platine) (1). On le mêle avec un peu de fîux , on broie avec de l’huile de térébenthine ou de lavande, et on peint. Après le séchage on chauffe. La couleur est d’un blanc d’argent donnant un peu dans le gris d’acier. On peut aussi mêler le platine avec i à 4 parties d’or sans que sa couleur devienne jaune : seulement à 8 parties la couleur jaune commence à paraître. Une addition d argent donne seulement des couleurs mates. Quand on emploie de i huile d’aspic ou de l’eau , on prétend que la couleur de platine est plus belle.

2° (Avec nitro-muriate de platine). On applique plusieurs couches d’une forte dissolution de nitro-muriate

(i) On dissout le platine dans l’acide nitro-muriatique; on précipite avec une dissolution de sel ammoniac, le précipité' est sèche, pulvé- ! risè et faiblement chauffé pour dégager le sel ammoniac. 11 reste une matière spongieuse grise. Si le précipite' est rouge et cristallin , c’est une preuve que le platine contenait encore de l’iridium.

de platine sur la porcelaine , et on l’expose à l’étuve. La surface devient brillante comme de l’acier perlé.

On fait aussi d’une autre manière des o meme ns qui ont l’air d’être argentés; pour cela on moule en pâte de porcelaine de petits objets , et on les incruste dans du verre en pâte ; ensuite on taille la masse.

Note sur ï émail métallique des faïences anglaises ,

par M. Zuber fils.

Les faïences anglaises sont revêtues d’un lustre métallique qui est souvent si parfait, que l’on croit voir des vases de métal poli. Les uns sont couverts d’un lustre de platine ; le lustre des autres est produit au moyen de For, de Fétain et du soufre. Ces divers métaux en dissolution dans Feau régale et mélatigés à des huiles essentielles , sont portés sur l’émail de la faïence. Réduits à l’état mé tallique par la chaleur et la présence des huiles , ils prennent facilement le poli au moyen du brunissoir.

Voici la composition de ces couvertes métalliques :

Lustre de platine. Dissolvez une once de platine dans de Feau régale formée de deux parties d’acide muriatique et d’une partie d’acide nitrique , et chauffez fortement au bain de sable, jusqu’à réduction aux deux tiers; laissez refroidir; décantez dans un vase et versez-y, goutte à goutte , et en remuant fortement, du goudron distillé, jusqu’à ce qu’on ait obtenu un mélange qui, par un essai au feu , donne un bon résultat. Si le lustre était trop intense, il faudrait ajouter du goudron; s’il était trop faible, il faudrait concentrer en faisant bouillir au bain de sable.

Lustre d'or. Faites dissoudre de For pour la valeur de

5 francs dans de l’eau régale , en chauffant légèrement. Cette dissolution effectuée , laissez refroidir et ajoutez deux grains d’élain en grenaille , lequel se dissout promptement; faites alors un mélange d’une demi -once de soufre avec un peu d’essence de térébenthine , en le battant jusqu’à ce qu’il ait la consistance du lait; versez ensuite dans ce mélange la dissolution d’or et d’étain , goutte à goutte, en remuant continuellement. Ce mélange fait, il faut le mettre dans un endroit chaud pour le rendre plus intime.

Ce lustre ne doit être appliqué que sur l’émail qui ait déjà passée au feu, autrement le soufre ternirait la composition. Ces lustres s’appliquent avec plus de succès sur des tonds chocolat ou autres couleurs foncées , que sur les tonds blancs ; car ces derniers exigent souvent qu’on y passe deux à trois fois. Le dégré de chaleur nécessaire dépend delà qualité de l’émail ; dans le cas où ce dernier serait trop peu sensible et prendrait trop facilemeut la dorure, il faudrait faire entrer plus de plomb dans sa composition. ( Bulletin de la Société industrielle de Mulhau sen n° 4. )

On désigne sous le nom d’application des enduits, barbouillages, peintures en bâtiment, la coloration uniforme et sans art des corps.

La couleur est divisée par le broyage ou l’agitation , mêlée avec des liquides et appliquée au pinceau.

Le but est de donner aux corps une couleur uniforme, et comme ornement, et pour les préserver de l’humidité. Dans le dernier cas il faut ajouter au corps liant une ma-

tière capable de former une espèce de vernis. Il est aussi avantageux de donner d’abord une couche de matière grasse avec de l’huile et du goudron qu’on applique à chaud afin quelle pénètre mieux (1). La couche suivante tient mieux , et les corps sont mieux préservés de l’air et de l’humidité.

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