‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 109 sur 115 · QUALITÉS QUE DOIT AVOIR UNE BONNE COULEUR · texte numérisé non relu

QUALITÉS QUE DOIT AVOIR UNE BONNE COULEUR

d’enduit.

Les qualités nécessaires , mais qu’aucune couleur ne possède entièrement , sont ,

i° Division Lrès-jine. Sans cela il en faudrait beaucoup pour couvrir une surface donnée. Cependant il y a une limite , parce qu’une couleur trop divisée devient moins opaque.

2° Adhérence . Ii faut que la couleur adhère à la surface et ne s’enlève pas après le séchage en écailles ou en poussière ; on peut donner cette propriété à un grand nombre de couleurs qui ne la possèdent pas naturellement par l’addition de quelques substances.

La silice, le srnalt , la plupart des couleurs vitreuses, ont peu d’adhérence et ne peuvent pas être employées sans corps lians.

Les enduits argileux et ceux faits avec des laques alumineuses s’écaillent facilement , ou du moins se fendent en beaucoup d’endroits à cause du retrait de l’argile.

3° Inaltérabilité à l’air, à la lumière , à l’humidité, aux exhalaisons sulfureuses et autres auxquelles les couleurs

(i ) Pour la même il faut que les corps soient entièrement secs ; il est même plus avantageux de les chauffer. Cette couche de fond n’est pas ne'cessaire sur les métaux.

sont exposées. Peu de couleurs possèdent cette propriété à un degré convenable. Cependant on peut préserver les couleurs de Faction des corps étrangers par une disso-

lution dégommé ou de colle, par un vernis alcoolique ou huileux.

La plupart des couleurs végétales ou animales se détruisent par la lumière , et sont plus propres pour l’intérieur des habitations que pour les revêtemens extérieurs.

L’air détruit plusieurs couleurs minérales; les couleurs ne fer deviennent plus îoncées et plus brunes , parce que le fer s oxide davantage. Le vert de Brunswick devient à 1 air et dans quelques années plus foncé; c’est pour cela que dans le commencement il faut ajouter plus de blanc que n’en exige la nuance désirée.

Les exhalaisons d’hydrogène sulfuré noircissent le blanc de plomb et la plupart des couleurs blanches métalliques. La manière de reconnaître l’effet de ces gaz sur les couleurs consiste à mettre du papier ou de la toile imprégnée de cette couleur en contact avec une dissolution de foie de soufre. Récemment Coulier a trouvé que le sous-muriate de plomb n’avait pas la propriété d être altéré. Les couleurs de plomb ne supportent pas le mélange avec le vermillon , parce que le plomb, par le soufre du vermillon, devient d’abord jaune, ensuite brun, et plus tard noir; cette action n’a pas lieu pour le sousmuriate de plomb.

Dans les tableaux des anciens Égyptiens où le blanc n’est point altéré , il est formé de craie blanche.

Innocuité . On a ordinairement peu d’égards à cette propriété. Cependant les peintures fraîches s ont souvent nuisibles, même quand les couleurs sont peu vénéneuses,

Tom. IL

45 o APPLICATION DES ENDUITS,

par conséquent les enduits doivent l’être beaucoup plus encore quand les couleurs sont très-vénéneuses , surtout quand la chaleur favorise leur volatilisation. On devrait aussi avoir égard à l’action des couleurs sur les yeux , et on devrait proscrire les couleurs blanches d’un trop grand éclat.

3° Des liquides et des corps Hans. Les liquides ne doivent point être trop volatils ni trop épais , parce qu’ils ne se laissent pas diviser assez.

Il faut aussi qu’ils ne changent pas la nature de la couleur.

Pour les couleurs qui tiennent sans lians étrangers, comme la chaux , l’eau est le meilleur liquide à employer, parce qu’il sèche vite et ne change pas la couleur,- mais alors souvent l’eau peut enlever la couleur appliquée.

Les couleurs qui ne tiennent pas bien par elles-mêmes, et qui doivent être exposées à l’air et à la lumière, ou qui doivent préserver de l’humidité, sont employées avec de l’huile ou avec de la colle , de l’amidon , etc. , quoique ces dernières matières résistent peu h Phumiditéc

Sang et cérum. Le premier est employé pour couleurs rougeâtres , le dernier pour toutes les autres. Il les rend plus brillantes, et plus solides que le lait.

Il était autrefois très-employé en Allemagne. Il a en partie les inconvéniens de Peau de colle. Le cérum et la chaux forment un mastic solide sous Peau.

Blanc d'œuf. ïl agit comme le sang. ïl donne des couleurs très-brillantes qui sèchent vite et qui ne donnent pas de mauvaise odeur. En Allemagne , il était principalement employé pour les couleurs de vermillon ; pour l’usage ordinaire , cette matière est trop chère.

Gomme. On la dissout avec Peau et on mêle cette !î~

APPLICATION DES ENDUITS. 45 r

quenr avec la couleur; elle .devient très-brillante, mais ne résiste pas à l’humidité.

On peut aussi employer la gomme de cerisier, l’amidon naturel ou torréfié. Dans l’Inde on emploie souvent de la gomme pour les enduits extérieurs; la sécheresse du climat rend cet usage sans inconvéniens.

Dans les Indes on hroie 4 livres de blanc de plomb , de cinabre ou d’orpiment, avec 1 livre de gomme et la quantité nécessaire d’eau. La couleur obtenue est brillante et solide. Le vert-de-gris s’emploie au contraire avec de l’huile de lin dans laquelle on a dissout de la résine. On pose la première couche avec de la terre de pipe et de l’eau de gomme.

Fromage . Vieilles croûtes de fromage . On les trempe dans l’eau et on les broie avec la couleur. Elles remplacent le lait, que l’on peut aussi employer en même temps.

Pour des couleurs blanches on peut prendre 4o par» lies de craie , les broyer avec 1 2 parties de charbon et 12 parties d’eau , et ajouter 20 parties de fromage frais broyé avec 1 partie de chaux éteinte.

Fécule (de pomme de terre, de blé). On l’ajoute au lait ; le lait bouilli avec de la farine et de l’eau est très -propre pour les couleurs , et donne beaucoup de liant; mais il ne faut pas en prendre trop , parce que la couleur pourrait être attaquée par les insectes.

La pâte de lichen d’Islande pourrait être également employée; son amertume éloignerait les insectes.

Colle « On prend des déchets de peau de parchemin, etc., on les fait bouillir dans de l’eau , et on ajoute la décoction à la couleur; elle devient plus solide, mais elle attire plus facilement l’humidité , par laquelle la colle éprouve

,5î application des enduits.

une décomposition , et la couleur se détache facilement.

L’eau de colle colorée n’est pas si bonne , parce quelle a une odeur désagréable , cependant elle passe vite. On prend 1 livre de colle sur 8 livres d’eau, et 8 à 12 livres do craie. Autrefois on employait fréquemment la colle. La chaux préparée avec cette substance devient plus solide et ne prend pas si facilement la fumée. La couleur doit «ître rapidement employée , parce que l’eau de colle se gâte facilement.

' Lait (aigre ou doux). On prépare les couleurs avec ces matières; le lait caillé est préférable , il doit être , par le broyage , bien mêlé avec la couleur.

Les couleurs préparées avec le lait ne sont pas si solides ii l’air que celles qui sont préparées avec de l’huile, mais elles ont les avantages suivons : elles sont meilleur marché , plus faciles il préparer , plus faciles à sécher , elles ne donnent pas d’odeur désagréable. Eiles ont les mêmes avantages sur celles qui sont préparées avec la

)llc.

Avec le temps elles deviennent moins attaquables par Peau. Si on broie en même temps avec la couleur un peu d’huile , on peut remployer de suite àd’extérieur.

On a recommandé les mélanges sui\ans .

xo On mêle 5 parties de lait avec 1 partie de chaux , alors on broie avec 1 partie d’huile 5 parties de lait et 12

parties de couleur blanche ou autie.

20 On procède de la même manière , mais on fond l’huile avec autant de poix, on broie avec autant de chaux éteinte, et on l’ajoute comme plus îiaul. Cette couleui est solide à l’extérieur.

5° On mêle 10 parties de lait caillé avec 2 parties de chaux fraîchement éteinte; on y délaie i3 parties de

couleur el 5 parties de pommes de terre cuites en bouillie. Celte couleur peut être conservée liquide plusieurs semaines sans se gâter.

Quand l’enduit est lait avec du lait sur des tables ou autres meubles , on peut le couvrir à la fin avec un savon de cire , ou un mélange de cire et d’essence de térébenthine. La couleur n’est plus attaquable par l’eau , et prend plus d’éclat.

La peinture au lait a principalement été recommandée par Cadel-de- Vaux; cependant avant on employait déjà le laît en Allemagne, en le mêlant aux couleurs terreuses, et dans les Indes il est employé depuis long-temps. O11 y fait un enduit blanc de 9 parties de chaux éteinte , et une partie de sable broyé très-fin , que l’on prépare avec du lait caillé, du sucre brut, du blanc d’œuf et du beurre. (Legoux de Flaix. ) C’est avec cet enduit que le palais impérial de Sirinagar est recouvert ; il est donc solide.

Huile. Les huiles siccatives sont les seules qui puissent être employées , parce qu’étant exposées à l’air en couches minces , elles se transforment en une espèce de résine sèche non cassante. Les principales huiles siccatives sont l’huile de lin , l’huile de noix et l’huile de pavot. L’huile de chanvre est aussi siccative ; mais comme elle est verdâtre , qu’elle devient jaune à l’air, 011 l’emploie rarement. L’huile de ricin peut être également employée , mais en Europe elle est trop chère.

Comme toutes les huiles contiennent encore des parties aqueuses, gluantes, qu’elles ne perdent que par la chaleur, il est bon de les faire bouillir avant de les employer. On obtient alors des enduits beaucoup plus solides. Il est encore mieux de les faire chauffer jusqu’à ce qu elles

commencent à se charbonner; mais alors elles ne peuvent plus être employées que pour les couleurs foncées.

Pour employer les couleurs à l’huile , on commence par les broyer à l’eau; on les fait sécher, et on les broie seulement alors avec les huiles ; ce n’est qu’autant que les couleurs sont déjà très-fines , qu’on peut les broyer immédiatement avec les huiles. Les couleurs qui deviennent dures par la dessiccation doivent être broyées à sec , et ensuite avec l’huile. Maintenant on trouve dans le commerce beaucoup de couleurs broyées à l’huile. Le broyage se fait avec des moulins. On épargne par cela le travail pénible et souvent dangereux des broyeurs , et on obtient des couleurs très-finement broyées à très-bon marché. Les couleurs broyées à l’huile se conservent bien dans des vases fermés , ou en les recouvrant avec de Peau. Le dernier moyen nuit au bleu de Prusse et aux laques. L’anglais Marrés a récemment employé des seringues eu étain , renfermant la couleur, et dont on l’enlevait par la pression du piston. Gomme il n’entrait pas d’air, là couleur n’éprouvait aucune altération.

L’huile de lin sèche plus facilement que l’huile de noix et l’huile de pavot , mais elle n’est pas aussi propre pour les couleurs claires , parce qu’elle a une teinte jaune qui se fonce davantage à l’air. Sa densité est de 0,902. Le pied cube pèse 61 livres 1 5 onces; le quart de Berlin 2 livres 10 onces.

Par le bouillage, elle devient d’un vert brunâtre, d’une odeur un peu plus forte , et prend une densité de 0,964. Le pied cube pèse alors 60 livres 18 onces; le quart de Berlin 2 livres 10 onces; 100 parties d’huile fraîche donnent 92 parties bouillies.

Par une plus longue ébullition, elle devient opaque.

brunâtre, donnant dans le vert olive. Elle donne alors des enduits élastiques. Sa densité est de 0,980. Le pied cube pèse 64 livres 10 onces; le quart 2 livres 7 onces; 100 parties d’huile fraîche donnent 84 parties d’huile brûlée.

Une addition d’huile de térébenthine ralentit le jaunissage de l’huile de lin. On en ajoute surtout pour les couleurs blanches ; une addition de sulfate de zinc et de

litharge fait sécher plus vite.

Suivant quelques-uns, l’huile de noix sèche plus lentement , suivant d’autres plus rapidement que l’huile de lin , mais elle est un peu plus foncée.

L’huile de pavot sèche plus lentement (1) que l’huile

de lin et l’huile de noix.

Huile mêlée avec des résines « Scheldrak dissolvait de la résine , de la sandaraque , du mastic dans les huiles ; les couleurs acquéraient plus d’éclat , mais séchaient plus lentement. En dissolvant de l’ambre dans les huiles siccatives , les couleurs étaient plus solides, et se conservaient beaucoup mieux. L’alcool, l’huile de térébenthine, l’ammoniaque et la potasse ne les endommageaient pas. Le copal réussissait aussi bien , et les couleurs avaient encore plus d’éclat. La cire est aussi quelquefois employée. Pour les couleurs d’application à l’huile, les résines dont nous venons de parler ne peuvent pas être employées â cause de leur prix. Cependant , dans quelques cas , la poix ou la résine ordinaire pourraient être employées utilement.

(i) Leonardo de Vinci donne la prescription suivante pour la préparation de l’huile de noix destinée à la peinture. On trempe xes amandes dans Peau jusqu'à ce que l’on puisse enlever la peau , on les met alors d^ns l’eau pure, que l’on renouvelle tant qu’elle devient trouble

Si on peint avec des huiles auxquelles on a ajouté des résines, il faut que la toile soit enduite avec une couleur faite avec de 1 huile siccative et de l’ambre ou du copaî , pour qu’elle n’absorbe pas trop. Léonard de Vinci parle d’huile de noix et d’ambre , et il paraît qu’il s’était servi de la combinaison de ces deux corps.

V émis d! huile (î) . Donne des enduits plus siccatifs et plus constans à l’air, à la lumière et à l’humidité. Mais à cause de la couleur foncée de l’huile bouillie, ils ne peuvent pas être employés pour les couleurs claires , et l’odeur forte est désagréable pour les intérieurs.

Limaçon . La matière mucilagineuse de ces animaux peut être employée comme matière liante pour les couleurs d’application; on les fait bouillir dans de l’eau, et on emploie le liquide avec du lait ou de l’eau de colle.

Huile de baleine. Cette huile est quelquefois employée dans les villes maritimes. Ailleurs son prix n’en permet pas l’emploi , parce qu’elle n’a aucun avantage sur les autres huiles-; elle ne peut être employée que pour des enduits extérieurs, à cause de son odeur.

Thomas Vandermann indiquait les enduits suivans avec de l’huile de baleine , qui , dans les villes maritimes , à cause du bon marche et la solidité, surpassaient les autres :

Vert foncé. 6 stuibchen (mesure de 4 pots) d’eau de

(6 à 8 fois ). Après quelque temps l’eau devient laiteuse, et expose'ee à l’air il se sépare une huile que l’on enlève par un siphon de mche de coton. Cette huile est très-claire.

(0 On l’obtient en faisant bouillir 100 parties d’huile de lin avec 9 parties de litharge pulvérisée. On peut aussi faire bouillir \ oo parties d’huile de lin brut, et a5 parties d’huile de lin brûlée avec 8 parties de litharge , ou 100 parties d’huile de lin avec 6 parties de litharge, et 8 parties de colophane.

chiux fraîche, 112 livres de boue de rue, tamisée fine, 112 livres de craie blanche, 3o livres de charbon de saule , 20 livres de tournesol , 3 stuibchen de résidu d’huile de baleine, 24 livres d’ocre jaune pulvérisé.

Enduit d 'huile de baleine. Une tonne d’huile de baleine , ou 202 stuibchen (mesure qui contient 8 livres d’eau), 3a stuibchen de vinaigre, 12 livres de litharge, 12 livres de sulfate de zinc, 12 stuibchen d’huile de lin et 2 stuibchen d huile de térébenthine

Goudron. Le goudron est surtout propre pour préserver les corps de l’influence de l’air et de l’humidité. Pour les couleurs claires , à cause de sa couleur foncée , et à l’intérieur, à cause de son odeur, on ne peut pas l’employer ; cependant il peut servir comme fond.

On distingue les goudrons de bois et ceux de charbon de terre.

Le goudron de bois est jaune-brun; il devient trèsliquide par la chaleur. Il sèche lentement. Il ne faut l’appliquer qu’en couches minces, il coule à la chaleur du soleil. Sa densité est d’environ i ,074. Le pied cube pese 70 livres 12 onces. Le quart 2 liyres 10 onces.

Le goudron de bois bouilli se rapproche du goudron dans lequel on a dissous de la poix ; il donne des enduits plus fixes , parce qu’une partie des matières volatiles est enlevée, cependant il est visqueux, difficile à appliquer, et coule par la chaleur. Sa densité approximative est de 1,86. Un pied cube pèse 72 livres 8 onces; un quart 2 liv. 12 onces. 100 parties de goudron brut donnent 80 de goudron bouilli.

On obtient avec ce goudron une espèce de vernis , en ajoutant à 100 parties de goudron brut 25 parties de poix

noire ou 4 parties d’huile de lin bouillie qui a dissous,

i partie de litharge.

Le goudron de houille , à cause de son prix, doit être préféré dans certaines localités au goudron de bois. Il donne aussi des enduits plus solides.

Le goudron de houille brut est brun foncé , plus liquide que l’huile de lin, d’une odeur forte, pénétrante, empÿreumatique. Il sèche plus facilement que le goudron de bois, et se laisse appliquer en couches plus minces et plus uniformes que le goudron de bois; il coule aussi moins facilement par la chaleur.

Sa densité est ordinairement i ,o44 î Ie pied cube pèse 68 livres 18 onces ; le quart 2 livres 9 onces.

Le goudron bouilli de charbon de terre est plus toncé, plus épais et donne des enduits plus solides; mais comme il est épais, on l’emploie moins volontiers avec d'autres couleurs que celui qui est brut. Sa densité est 1 ,008 ; 100 parties de goudron brut donnent 58 parties de goudron bouilli.

Si on ajoute de la poix au goudron brut , il devient semblable à celui qui est bouilli.

On obtient avec le goudron une espèce de vernis en mêlant 100 parties de goudron brut de houille, avec 18 parties d’huile de lin brûlé , ou avec 12 parties d’huile de lin dans laquelle on a dissous 2 parties de litharge.

John Oxfort prit, il y a quelques années, une patente en Angleterre pour une amélioration du goudron de houille, destiné aux enduits. Il cherchait principalement à rendre fixe l’huile essentielle qui se dégage dans l’emploi ordinaire; il parvient à cet objet par le chlore, qui rend la matièr e grasse comme de l’huile de lin , mais le goudron pur conserve mieüà le bois et les voiles. Le goudron est mis

dans plusieurs vases qui contiennent chacun de s-So à 5oo gallons , et auxquels on a adapté des alambics à distiller. On conduit le chlore dans les cuves jusqu’à ce que le goudron soit saturé. La saturation se reconnaît à la couleur, qui passe du noir saie foncé au rouge pâle. L’huile devient gélatineuse , du moins par un temps très-chaud , quand on en remplit un verre et qu’on le place dans l’eau froide. L’odeur désagréable diminue avec le temps, mais ne peut pas disparaître complètement; l’huile volatile est devenue fixe, et n’a pas perdu sa propriété pénétrante» Sur ioo parties d’huile on prend alors 5o parties de blanc de plomb ou de minium, suivant la nature de la couleur qu on \eut obtenir, 20 de craie et 2 5 de charbon de goudron de houille purifié; on mêle le tout avec l’huile, et 011 broie après 24 heures (pour laisser passer l’effervescence) aussi épais que possible. On ajoute ensuite deflmik de goudron en sus pour la liquéfier. Quand on fai 00 ou plusieurs enduits sur des bois à bâtir, on met la re mière couche très-mince pour que le bois aspire autant d’huile que possible ; le suivant , plus épais, empêche îa vaporisation de l’huile qui a pénétré dans le bois. L’huile a une si grande aflmite pour le charbon de goudron, qu il faut prendre parties égaies. Si on applique le mélange sur des bois déjà enduits depuis long-temps , l’huile pénètre dans le bois tandis que la couleur reste à la surface. Les vieux enduits peuvent facilement être grattés , mais quand on laisse sécher le nouveau , il se forme une couverture impénétrable sans odeur. Le bois de charpente couvert de cet enduit supporte les plus grandes épreuves sans être altéré, seulement il devient plus dur, mais il ne faut pas que 1 enduit soit appliqué sur du Lois vert, quoique une complète dessiccation! rie soit pas nécessaire. Cette couver-

46o APPLICATION DES ENDUITS,

tare peut aussi empêcher la pourriture sèche des bois ue marine , qui a toujours lieu quand deux morceaux de bois sont réunis sans un corps intermédiaire. Le fer et les autres métaux sont préservés de la rouille par cet enduit. Sur la toile à voile la première couche doit être épaisse afin de remplir les mailles.

Pour couvrir a chaud 100 pieds carres, il laut (pour donner le fond) les quantités qui se trouvent dans le tableau suivant.

(Les premiers nombres qui terminent chaque article de la colonne relative aux vernis d’huile expriment des livres; les premiers dans les colonnes relatives aux goudrons représentent des quarts ; les nombres renfermés dans des parenthèses désignent les frais de main-d œuvre en groschen de Prusse. Un groschen vaut a peu près 16 centimes. )

If"

f • : NIS D’HUILE DE LIN.

Page 1