ROUGE-BRUN
Rouge de Prusse, rouge d’Angleterre, rouge à polir, rouge de Paris , rouge de fer.
Espèces . On peut distinguer deux espèces de rougebrun; i° ceux qui proviennent de la calcination du sulfate de fer; 2° ceux qui proviennent de la calcination des terres ferrugineuses : les dernières espèces contiennent beaucoup de terres étrangères , les premières retiennent ordinairement un peu de sous-sulfate. Nous ne parlerons que de ces derniers , parce qu’il a déjà été question des autres précédemment.
Préparation. La préparation consiste à faire calciner la terre jusqu’à ce qu’elle ait pris une belle couleur rouge , après quoi on lave et on décante.
Le fer oxidé se prépare, i° immédiatement en laissant oxider le métal à l’air, 2° en le précipitant de ses dissolutions salines par les alcalis , 5° en calcinant certains sels de fer : on utilise ainsi les résidus de la préparation de l’acide sulfurique fumant par la distillation du sulfate de 1er; ce résidu est connu sous le nom de colcothar. Nous allons décrire ces 4 préparations différentes.
i° Avec limaille cle Jer.
On laisse du vieux fer ou de la limaille de fer s oxider à l’air (on accélère l’oxidation par de 1 eau contenant un | peu de sulfate de fer). On enlève par le lavage i ovine qui s’est formé , on le laisse sécher et on le fait chauffer dans des vases de fer jusqu’à ce qu’il soit d un joli rouge. Si on veut l’avoir d’un rouge plus élevé on le mêle avant
le chauffage avec 1/10 de salpêtre; mais il faut laver après
pour enlever la potasse.
2° Par précipitation des sels de fer.
On dissout du sulfate de fer dans l’eau , on précipite l’oxide par une dissolution alcaline , on lave le précipité , on le laisse sécher, et on le fait rougir au feu; à la fin on le passe au moulin et on le tamise. Le rouge ainsi obtenu revient cher, mais il est très-fin , et est employé de préférence pour le polissage.
À Bodenmais en Bavière, on utilise le résidu de la préparation du sulfate de fer (qui est en grande partie formé d’oxide de fer), pour la préparation du rouge-brun; dans certaines années on en livre au commerce 200 quintaux.
3° Par la calcination des sels de fer .
On fond le sulfate de fer dans un vase ouvert jusqu’à ce que toute l’eau ait été vaporisée ; et on augmente alors la chaleur jusqu’à ce que la masse que l’on obtient soit devenue d’un beau rouge. Après le refroidissement on lave par décantation , on vend quelquefois aussi ce rouge en morceaux.
Les fragmens les moins calcinés sont choisis pour la préparation du rouge anglais , ceux qui sont brunâtres ou rouges de pourpre, pour le rouge à polir; les parties bleuâtres sont les meilleures pour ce dernier usage , parce qu’elles sont les plus dures. Elles se trouvent au fond de la chaudière où était la plus grande chaleur.
Si on mêle parties égaies de sulfate de fer et de sel marin , et que l’on chauffe , il se dégage beaucoup de vapeurs et la matière coule en une masse d’un brun-violet;