‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 29 sur 115 · POURPRE D’OR · texte numérisé non relu

POURPRE D’OR

Pourpre de Cassius.

(1) Le protoxide seul, forme avec l’acide chromique un sel rouge insoluble- le deutoxide forme une combinaison jaune soluble. On pourrait alors ramener le dernier à l’état de chromate de protoxide par des corps désoxigénans.

CINABRE VERMILLON. Ia5

Neri, Glauber et Kunkel, connaissaient le pourpre fl’or; mais Cassius publia le premier sa préparation à Hambourg en *685, et c’est d’après cela que cette préparaiion a conservé son nom.

Le pourpre d’or est formé d’oxide d’étain et d’oxide d’or. L’oxide d’or seul présente déjà cependant un corps de couleur pourpre , et l’étain n’est pas essentiel pour produire le pourpre d’or, mais il est utile pour ramener l’oxide d’or à un moindre degré d’oxigénation. Quelques autres corps, agissant de la même manière, pro-

1 duisent également du pourpre dor, comme nous le verrons.

Propriétés. Le pourpre d’or est rouge-violet ou pourpre, dans l’état sec presque noir. Par la chaleur rouge il devient rouge de tuile, traité par l’acide nitro- muriatique , une partie de l’oxide d’étain se dissout dans l’acide muriatique, et 1 oxide d or reste. Il se dissout complètement | dans 1 ammoniaque avec une couleur rouge pourpre. Les acides le précipitent sans l’altérer.

Composition. Nous possédons plusieurs analyses de ce composé qui diffèrent beaucoup les unes des autres.

i oo parties contiennent cC après

Berzeiius.

Proust.

Obercampf.

Or .

Oxide d’étain.

Violet.

Pourpre.

Eau . , . . .

Préparation • La préparation du pourpre de Cassius consiste à précipiter l’or de sa dissolution dans 1 ’eau régale

COULEURS ROUGES, par un corps qui en absorbe une partie de l’oxigène. Le corps que l’on emploie ordinairement pour cet objet est le muriate de protoxide d’étain , le sulfate de protoxide d’étain , l’étain métallique , et d’après Orshall le muriate de mercure (1).

D’après le comte Le Maître on obtient, par l’amidon et la gélatine, dans la dissolution d’or, un précipité rouge de pourpre, mais qui devient violet au séchage; on obtient aussi une couleur pourpre invariable par les sels de barite ? d’alumine et de magnésie , en les ajoutant dans la dissolution d’or, et précipitant par le sous-carbonate de soude et chauffant; cependant il faut que la dissolution d’alumine ou d’alun soit forte ; autrement le précipité devient jaunâtre.

1° Avec dissolution cf étain.

On étend d’eau une dissolution d’or (2), et on ajoute alors peu à peu en remuant une dissolution très-étendue d’étain (5) jusqu’à ce qu’il se soit formé une couleur rouge : vif. On laisse déposer le précipité gélatineux , on sépare la liqueur par le filtre; on lave avec de l’eau distillée et f on laisse sécher.

Quand la couleur doit être violette il faut ajouter beaucoup de dissolution d’étain, moins pour le pourpre.

(1) On prétend que ce dernier donne un plus beau pourpre que le sel d’étain.

(2) Lentin étend la dissolution de a5 à 3o parties d’eau.

(3) La quantité d’eau à ajouter dépend du degré d’oxigénation de l’étain. Il faut d’abord chercher par des essais le degré le plus convenable , pour cela on liquéfie une dissolution d’étain avec 80 parties d’eau, on divise cette liqueur dans des verres, et on étend chaque partie d’une manière différente j alors on plonge dans chacune une tige de verre qu’on a trempée dans une dissolution d’or, et on observe celui dans lequel on a obtenu la plus belle couleur.

POURPRE D’OR. m

Quanci les dissolutions ne sont pas étendues, il se forme un précipité brun; si la dissolution d’étain non étendue domine, il se forme également un précipité brun, mais si c est la dissolution d or qui domine, il se forme un précipite d or métallique. On avive le pourpre en le traitant par l’acide nitrique ou l’acide sulfurique , qui dissout une partie de l’oxide d’étain.

On prétend qu’il devient plus brillant quand au lieu de verser la dissolution, on la répand en injection.

On prépare la dissolution d’or en traitant del’or fin en feuille ou en grenaille , ou de l'or de départ, par l’acide nitro-muriatique jusqu’à qu’il cesse d’en dissoudre. On peut préparer l’acide nitro-muriatique par le mélange de 2 parties d’acide nitrique, et i partie d’acide muriatique.

Toutes les dissolutions d’étain dans lesquelles le métal | est à l’état de protoxide peuvent être employées ; on recommande les suivantes; i° on mélange 2 parties d’acide nitrique le plus pur avec 1 partie d’acide muriatique et 1 partie d’alcool; on y ajoute peu à peu de l’étain pur, et on soutire la dissolution quand elle est suffisamment chargée d’étain , ce qu’on reconnaît à sa couleur jaune j clair. Tout cela doit être fait à froid. Il faut préserver la dissolution de l’action de l’air, parce qu’elle en attirerait Toxigène. 20 On dissout de l’étain dans l’acide muriatique pur à une chaleur modérée, et on y met peu à peu, goutte à goutte, autant d’acide nitrique (ij, jusqu’à ce qu’une goutte du mélange donne une belle couleurpourpre dans une dissolution d’or. Si on ajoute trop d’acide ni-

(0 ê)n prétend que le muriate d’étain seul ne produit qu’un préci- : pité d’un brun noirâtre, parce que l’étain y est trop peu oxide. Alors t on conçoit qu’une addition d’acide njirique est nécessaire.

I28 couleurs rouges.

trique il ne se forme pas de précipité , il faut alors mettre dans la liqueur un morceau d’étain , et on 1 enlève quand le précipité se fomie (Lentin). La cause qui empêche le précipité de se manifester est une trop forte oxidation.

Proust recommandait de chauffer la dissolution d’étain dans l’acide muriatique pour enlever l’hydrogène arséniqué qu’elle peut encore contenir, et qui nuit à l’éclat de la couleur.

5° (D’après des écrits plus anciens ) on mêle 5 parties d’acide nitrique dans 2 à 3 fois autant d’eau , et on y met une petite feuille d’étain, et après 24 heures une autre , et on continue ainsi pendant 6 jours jusqu’à ce que la dissolution soit jaunâtre; on reconnaît qu’elle a suffisamment dissous d’étain lorsqu’elle attaque faiblement le métal , on la filtre , on la laisse 2 ou 3 jours , et on Femploie.

4° On dissout une partie de sel ammoniac dans 4 parties d’acide nitrique , et dans le mélange on dissout de l’étain par la manière précédente.

5° On mélange une partie de l’acide nitro-muriatique du n° 1, avec 2 parties d’alcool , et on y dissout de l’étain dans l’espace de 5 jours en ajoutant du métal une fois tous les jours.

20 Avec sels et chaleur .

Le comte Le Maître mélange 1 partie de muriate d’alumine , 1 partie de sulfate de magnésie , 4 parties de muriate de barite et 5 parties de sous-carbonate de soude (chacun broyé séparément dans un mortier de verre). Il humecte un peu le mélange , ajoute peu à peu la dissolution d’or, et broie lentement jusqu’à ce que le mélange soit intime , qu’il ait pris une couleur jaune pâle,

ROUGE DE CARTHAME. I29

et qu’il ait la consistance d’une crème. Après 24 heures on mettait la matière dans un vase pour séparer et recueillir le précipité; ce dernier étant séparé on le mettait sécher à l’ombre. Après on la plaçait dans une moufle chauffée au rouge , en mettant la matière de deux lignes d’épaisseur sur une plaque d’argent ou de porcelaine. Quand elle avait pris une couleur de pourpre on la sortait , parce qu’une chaleur trop prolongée la rendait violette ; quand cependant le précipité avait été dégagé , par le lavage, des mélanges de sels, il n’était point changé par le feu : trop de dissolution d’or rendait la couleur un peu violette. On peut peindre à l’huile avec cette couleur.

Usages. Le pourpre d’or est employé comme couleur d’émail sur verre et sur porcelaine , pour teindre les faux rubis , et à l’huile dans les peintures fines.

ROUGE DE CARTHAME.

Rouge végétal , rouge d’Espagne (1) , rouge portugais , rouge en tasse , rouge en assiette, rouge en feuille, fard de la Chine. Depuis quelques années on le trouve à l’état sec en feuilles, dans des boîtes cylindriques de 8 à i5 onc., sous le nom de rouge d’écaiile.

Histoire. Le rouge de carthame paraît d’abord avoir* été préparé en Espagne, et avoir été employé comme fard.

Propriétés. Le rouge de carthame est formé de la matière colorante des fleurs de carthame précipitée de sa dissolution alcaline par les acides. ( Voy. l’art, carthame du tome I.) Il paraît liquide ou sec; dans ce dernier cas

(1) Le rouge d’Espagne paraît ordinairement dans des enveloppes bleu de ciel, avec l’inscription: Colorfina de tiburcio palagio a la ubida. usan ( Martin de Madrid R

Tom. IL

ï3o COULEURS ROUGES,

il est étendu sur des feuilles de papier ou sur des tasses de porcelaine. La meilleure qualité a une couleur verte de paon brillante, ayant une odeur dominante de citron. Une espece plus inferieure est d’un rouge-brun, et a une odeur désagréable.

Préparation . On le prépare en dissolvant dans les alcalis la matière colorante rouge des fleurs de carthamc dont on a séparé la matière colorante jaune par des lavages; on la fixe sur des chiffons de lin ou de coton en saturant la dissolution par un acide végétal , on rince les matières saturées de couleur, on dissout de nouveau la matière colorante par les alcalis ? et on la précipite par du jus de citron. On choisit le meilleur cartbame et le plus frais (i). Cette préparation doit être faite dans un lieu frais et sombre. Le procédé s’exécute ainsi :

On met le carthame dans des sacs de lin, on place ceux-ci dans une eau courante, et on les pétrit jusqu’à ce que l’eau n’en sorte plus colorée en jaune. Alors on met les sacs dans de 1 eau acidée avec un peu de vinaigre , et on les pétrit encore tant que l’eau en est colorée; à la fin on les rince a 1 eau courante (2). Par ce traitement le carthame perd presque la moitié de son poids.

Le carthame étant lavé ^ 100 livres) on le met dans un vase avec du sous- carbonate de soude cristallisé (16 liv.) (5), on arrose le mélange avec de l’eau de rivière

(d) Uelui quia 3 a 4 ans donne de moins belles couleurs.

(2) On éloigné ainsi toute la matière colorante jaune. 11 serait possible que par la pression on pût extraire plus facilement la matière colorante jaune , qui pourrait être employée à plusieurs usages.

(3) Quelques fabricans emploient aussi du sous - carbonate pur de potasse d’après un autre procédé, qui ne donne pas des couleurs pures. On ne recueille pas la couleur sur des linges, on la laisse se précipiter de la première dissolution.

ROUGE DE CARTHAME. i3i

( 480 liv.) , on remue 1 heure , et après 1 2 heures on enlève la liqueur, qui a alors dissout la matière colorante rouge; on presse fortement le résidu, et on l’arrose avec 5o liv. d’eau pour en extraire toute la matière colorante.

La liqueur obtenue est d’un jaune rougeâtre; on y met des chiffons de lin ou de coton, et 011 y ajoute du jus de citron ( 16 livres). Il se fait une faible effervescence due au dégagement de l’acide carbonique. On y laisse les linges 24 à 00 heures , en agitant toutes les 5 heures. Après ce temps les linges ont ordinairement attiré toute la couleur du liquide. On les enlève alors , on les rince dans l’eau pure , on en sépare la matière colorante en les mettant 1 ou 2 heures dans une dissolution de souscarbonate de soude ( 10 liv. de sel pour 100 liv. d eau). La matière colorante se dissout; on filtre à travers du drap (les linges sont presses et laves avec de 1 eau pure , afin d’en extraire toute la liqueur colorée; ils sont redevenus blancs , et peuvent être employés de nouveau ) , et on ajoute assez de jus de citron pour saturer la soude et pour qu’il y en ait un petit excès. La matière colorante se précipite en flocons. On enleve la liqueur surnageante, et on fait sécher le précipité sur des assiettes de porcelaine ou du papier blanc.

Si on veut que la couleur ait une surface verte irisée P il faut faire sécher rapidement sur un marbre chaud.

1000 parties de carthame donnent 5 parties de matière

rouge.

Usages . Le rouge de carthame est employé en teinture à la place du carthame , auquel il est préféré; mais il est principalement employé comme couleur de peinture sui papier et velours , et comme fard rouge , parce qu il nuit moins à la peau que la plupart des autres fards. Pom

i3a COULEURS ROUGES.

ce dernier usage il est souvent mêlé avec du talc blanc très-divisé.

ORSEILLE.

Terre d’orseille , herbe d’orseille , rocelle , par elle.

Pâte de couleur rougeâtre, préparée avec difFérens lichens par la fermentation avec de Purine pourrie ou avec de l’ammoniaque. Les principaux lichens qu’on emploie pour cet objet sont le lichen pannelia roccella , le lichen tartareus et le vanolaria orcina . On peut cependant employer les espèces suivantes : pellitus , calcarius , ju~ bains , farinaceus , lad eus , mus cor um , omphalodes , impress us , pannelia primas tri , caparatus , de us t us , bacomyces cocciferiis , argentata , parmelia saxatilis. ( Voy. ie tom. I. ) Nous avons donné quelques détails historiques sur la préparation de l’orseille ( Ier vol. pag. 4o6etsuiv. ). On prépare maintenant Porseille dans plusieurs endroits (i); cependant la consommation en a diminué dans ces derniers temps par l’introduction du persio et du cudbear.

Dans le commerce Porseille paraît sous la forme d’une pâte rouge ou rouge-violet, d’une odeur particulière et d’une saveur alcaline. On la conserve en Phumectant avec de l’urine , parce que sa qualité s’altère par la dessiccation.

Préparation. On moût les lichens et on les met en fermentation avec des liquides qui contiennent de l’ammo-

(4) A Vienne, en 1794, on faisait venir des lichens des Canaries pour en préparer l’orseille. De 1812 à 3 8s 6 il fut, introduit 1 2, 1 43 livres de lichen rouge. La Haute-Italie , et principalement le Bergamasqne, ainsi que l’Auvergne , livrent beaucoup d’orseille; cependant c’est l’Angleterre qui a le principal débit de cette matière ; elle tire les lichens de la Norwège, des Canaries et des côtes d’Afrique.

0RSE1LLE. i33

iiiacfiie , en laissant à 1 air un libre accès. Par 1 addition des acides on rend la couleur plus rouge ; par les alcalis ou la chaux on la rend plus violette.

Préparation en Angleterre. En Angleterre on prend » d’après Taylor, 4 espèces de lichens qui ont des prix trèsdifîerens i le lichen des rochers des Clanariej , dont la livre coûte 24 pences; celui du cap Vert, qui coûte i5 pences; celui de Barbarie, qui coûte 8 pences; et

celui de Vaies , qui coûte 5 pences.

Les lichens sont nettoyés (quelques fabricans les lavent); on les réduit en poudre fine entre des meules, on les tamise pour enlever la terre et les pierres , et on les arrose avec de l’ammoniaque (1) (5 parties en poids sur 1 de poudre de lichen (2) ); on couvre le vase pour que l’ammoniaque ne se volatilise pas , et chaque matin on remue (5). On laisse la pâte dans un endroit modérément chaud (par exemple dans une cave chaude); la chaleur ou le grand froid la gâtent. Après quelques jours la couleur devient rouge de pourpre , et plus tard bleue. Après i4 jours on met la masse dans des citernes de plomb, où elle est remaniée journellement.

tj) On l’obtient eo mettant 36 gallons (36o livres) d’urine vieille clans un vase distillatoire, ajoutant 12 livres de chaux vive et distillant ; aussitôt que l’urine commence à passer on arrête l’operation. D’après Bancroff, en obtient de plus belle couleur avec l’ammoniaque pure qu’avec l’esprit d’urine.

(1) Plus tard, quand le lichen en a beaucoup absorbe, on en verse davantage (i/4), et on prend ordinairement pour cela de Pesprit d’urine qui a reste sur le lichen de Valès , parce qu’il rend 1 orseilîe plus claire. Si on prépare de l’orseille avec ce dernier lichen, on prend sur 7 livres 20 livres d’esprit d’urine, et on laisse le mélange ermenter beaucoup plus long-temps , 2 mois.

(3) Bancroff pense que des tonneaux bien cerclés que Bon roulerait de temps en temps seraient préférables.

Après un mois l’opération est terminée.

Dans quelques fabriques, on prétend que l’on liquéfie avec de 1 esprit d’urine ( 10 parties sur 8 de lichen), dans d autres avec des dissolutions de gomme.

Quand l’orseille n’est pas assez rouge on ajoute un peu d acide, et, d’après Taylor, i livre d’alun sur îoo livres de pâte, ou un peu de nitrate d’étain; mais, si on veut la rendre plus bleue ou plus violette , on ajoute i livre de potasse calcinée.

Si la masse prend une couleur brune , il se fait une fermentation qui détruit la couleur. Pour prévenir cet accident quelques fabricans ajoutent du sel marin ou du salpêtre ( de chacun i/8 du poids de la farine de lichen).

Procédé employé en Auvergne. 220 livres de lichen de mousse, (lichens de rocher variolaria orcina'j et autres qui ne donnent pas d’aussi belles couleurs , sont mis dans une auge de bois (1) et humectés avec 240 livres d urine (2); on remue de 5 en 5 heures pendant 2 jours et 2 nuits; au troisième jour on ramasse le lichen des deux cotés de 1 auge, pour qu’il reste au centre un vide; on y verse 10 livres de chaux éteinte et tamisée , 1/2 liv. d arsenic , et autant dalun; on couvre l’arsenic avec le lichen , pour qu il ne nuise pas aux ouvriers , et on remue bien afin de faire un mélange bien homogène; on couvre la cuve après 1/4 d’heure, ensuite on remue toutes les 1/2 heure quand la fermentation va vite, et dans le cas contraire seulement toutes les heures (3). Par l’agitation 011

(1) Cette auge est pourvue d’un couvercle qui ferme exactement.

(2) Quand le liclien est très-bon on en prend davautage.

(3) Bancroff regarde l’addition d’alun comme inutile, celui de l’arsenic comme nuisible. Cependant l’alun rougit et l’arsenic peut ac-

ORSEILLE. i3$

cherche en même temps à éviter qu’il se forme une croûte , ce qui arrêterait la fermentation et le développement de la matière colorante (i)«

Après 2 fois 24 heures la fermentation se ralentit; pour la ranimer on ajoute 2 livres de chaux, et alors il suffit de remuer d’heure en heure. En général il faut que le travail réponde à la force de la fermentation. Ordinairement on remue le cinquième jour de 2 en 2 heures , au sixième de 5 en 0 , au septième de 4 en 4 » et le huitième on obtient une couleur passablement pure, qui cependant n’a pas la force et la profondeur dont elle est susceptible. On continue encore deux semaines a remuer de 6 en 6 heures , alors la couleur est vive; mais pour développer entièrement la matière colorante il faut que ce même travail soit continué encore 8 jours. Quand le lichen est très-bon il faut 1 mois de travail , tandis que le moins bon a développé toute sa couleur après 3 semaines. L’orseille ainsi préparée est mise dans des tonneaux, où l’on peut la conserver des années; elle est même meilleure après un an, mais dans la troisième sa bonté commence à diminuer. Il faut avoir soin de l’humecter de temps en temps avec de burine fraîche , pour qu’elle 11e se dessèche pas. Pendant que l’ammoniaque qui se forme se dégage , 1 orseille prend une odeur agréable de violette.

Le Gocq recommandait l’ammoniaque pour améliorer ce procédé, ou du moins de l’urine distillée, et de dégager le lichen des parties terreuses par le lavage dans

l’urine.

celerer Fondation j mais alors on peut le remplacer par un meilleur

aérage. . . ,

(E On met le lichen de manière qu’il occupe seulement la moitié de Fange , de sorte que remuant on n’ait pas autre chose a lane qu a le me ttre de l’autre côté , on le broie avec une relie.

Page 1