‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 33 sur 115 · LAQUE CARMINÉE · texte numérisé non relu

LAQUE CARMINÉE

Laque de Florence, de Paris , de Vienne.

On comprend sous ces noms une combinaison de la matière colorante de la cochenille avec de l’alumine. Elle est ordinairement dans le commerce en trochites.

Cette laque paraît d’abord avoir été fabriquée à Florence, et avec le kermès avant que l’on ne connût la cochenille. Elle a été connue pendant long-temps sous le nom de laque de Florence (i). Plus tard on en fit de très belle à Paris et à Vienne , mais qui ne se distinguait pas essentiellement de celle de Florence; en même temps on vendait sous ce nom, des laques laites avec d autres matières colorantes qui n’étaient point comparables a la véritable laque de carmin.

Les deux matières premières de la laque de carmin sont

la cochenille et l’alumi ne. On prend ordinairement la cochenille qui a servi à la préparation du carmin et qui n’est pas complètement épuisée, ainsi que les eaux-mères, ou des cochenilles moins chères. Souvent aussi les flocons de laine de la tonte du drap écarlate , bien que les fabricants de papiers peints les emploient plus avantageusement. L alu mine se prépare ordinairement en précipitant 1 alun pai la soude ou la potasse , recueillant le précipité sur un filtre ,

Q } Dans îles écrits île zG86 il est déjà avec la cochenille.

question de la préparation

la lavant à l’eau chaude , et l’ajoutant avant sa dessiccation à la décoction de cochenille (i). On peut aussi ajouter l’alun à la décoction de cochenille , et précipiter par la potasse , mais on n’ohtient pas ainsi d’aussi belle laque. Fréquemment on mêle au précipité de l’amidon, plus rarement de la craie.

Du reste il faut observer tout ce qui a été dit dans le premier volume à l’égard de la cochenille et sur l’influence de différons corps.

On prend de l’eau pure , ou au moins de l’eau douce , et on observe la plus grande propreté,* on a recours aux alcalis lorsqu’on veut dissoudre beaucoup de matière colorante. On éloigne par le tannin les parties animales quand elles sont nuisibles; on ajoute un peu d’acide ou de crème de tartre quand la couleur doit tomber dans le rouge, un peu de potasse ou d’ammoniaque [quand elle doit donner dans le violet ; on emploie peu de chaleur dans le premier cas, et plus dans le second; on ajoute un peu de gaude ou de quercitron quand la couleur doit avoir une nuance jaune.

i° Avec alumine précipitée.

On prépare un extrait de cochenille par l’ébullition (2). On filtre , on y met peu à peu de l’alumine fraîchement précipitée (3); on remue et on échauffe un peu le mé-

(1) Lorsqu’elle a été desséchée elle se divise difficilement.

(2) On peut faire l’extrait avec de l’eau pure ou avec addition d’un peu de crème de tartre. L’ébullition dure ordinairement d’un quart d’heure à une demi-heure.

(3) On l’obtient en dissolvant dans de l’eau chaude de l’alun pur exempt de métaux, filtrant à chaud, et y versant une dissolution d’ammoniaque tant qu’il se forme un précipité blanc. On laisse reposer, on

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