IJ
i° Avec 'phosphate de cobalt et alumine.
On mélange une partie du phosphate de cobalt (i) avec 1 15, 1 ou 2 ou 3 parties d’alumine fraîchement précipitée. On laisse sécher le mélange , on le pulvérise , on en remplit un creuset , et on le chauffe jusqu’à ce qu’il ait atteint la nuance désirée.
Avec égale partie de phosphate de cobalt et d’alumine, la chaleur la plus convenable est le rouge cerise ; avec plus d’ alumine , la température doit être plus élevée.
M. Thénard , pour découvrir les proportions qui produisent les plus belles nuances , fit les essais suivans :
Phosphate de cobalt. Al
umine.
bleu avec une nuance ver
bleu pur.
bleu pur.
presque aussi beau.
bleu pur , mais plus pâle.
Avec plus d’alumine, la couleur devenait encore plus pâle.
(r) On obtient le pnosphate de cobalt en calcinant la mine de cobalt , qui contient du cobalt, de l’arsenic, du fer, du soufre et un peu de nickel , jusqu’à ce qu’il ne se développe plus d’odeur arsenicale , et traitant le re'sidu par l’acide nitrique , le fer oxidé devient insoluble , et peut être séparé par décantation; on dégage ensuite une partie de l’acide libre par l’évaporation ; on étend d’eau la liqueur, et on y ajoute du phosphate de soude. Il se forme un précipité de phosphate de cobalt, d’un violet foncé; il est essentiel que le phosphate de cobalt ne contienne point de fer. M. Payen indique la préparation suivante (Dict. tech). On pulvérise le minerai et on calcine dans un petit four à réverbère ayant un bon tirage pour séparer l’arsenic et le soufre ; il se dégage beaucoup d’oxide d’arsenic et d’acide sulfureux. La calcination est continuée jusqu’à ce qu’iLne se dégage
BLEU DE COBALT. l?3
t Sl au *ieu domine on prenait d’autres matières on n obtenait pas d’aussi belles couleurs. Avec la silice , on obtient une espèce de frite violette. Avec la magnésie , une frite d’un blanc grisâtre. La chaux , la barite et la strontiane décomposent le sel , et l’oxide libre devient noir/ La potasse et la soude donnent un bleu vif un peu violet , mais qui ne sèche pas.
M. Pages prescrit de mélanger , avec le phosphate de cobalt, 8 fois son poids d’alumine gélatineuse, de laisser sécher , de pulvériser et de faire chauffer au rouge cerise , pendant 1 2 heure. L’alumine doit être précipitée par l’ammoniaque en exces , et lavée avec de l’eau pure.
2° Avec arséniate de cobalt et alumine .
On mélange de l’arséniate de cobalt avec de l’alumine et on procède comme plus haut (1).
M. Thénard n’obtenait pas avec l’arséniate de cobalt une couleur aussi belle qu’avec le phosphate.
Arséniate de cobalt.
Alumine.
nuance violette.
bleu vif foncé pur.
bleu presque aussi profond, \
plus de fumée arsenicale, ce qu’on reconnaît quand l’odeur alliacée a disparu. Le résidu contient, del’oxide de cobalt, du fer et du nickel, un peu d’oxide d’arsenic et du minerai non altéré; on le fait bouillir avec de l’acide nitrique concentré dans un vase de verre, après quelques temps on décante et on évapore presque à siccité dans un vase de porcelaine ou de platine. Alors on dissout dans l’eau bouillante, on fdtre, T arséniate de fer reste sur le filtre. La liqueur filtrée est précipitée par du sous-phosphate de soude , il se forme un précipite de phosphate de cobalt; la liqueur surnageante contient du nitrate de soude; le précipité est violet, mais passe sous l’eau au rose. On le lave avec de I eau et on l’emploie de suite.
(0 On obtient l’arséniate de cobalt, en traitant la mine de cobalt
i74 couleurs bleues.
Davantage d’alumine donnait des nuances plus claires.
M. Payen prend sur une partie d’arséniate de cobalt ,
16 parties d’alumine en gelée.
5° Avec nitrate de cobalt et alun a base d ammoniaque.
On mêle une dissolution de nitrate de cobalt avec de Falun base d’ammoniaque , on évapore à siccite , et on chauffe le mélange. La couleur est un peu plus belle que par les méthodes précédentes
4® Avec phosphate de chaux .
D’après Boullai-Marillac, le bleu de cobalt obtenu en employant du phosphate de chaux ou des os calcinés à la place de l’alumine devient veloute , foisonnant , teignant les doigts , et peut alors être employé pour la miniature. 11 a alors autant de moelleux que l’outremer. Une addition d’un peu de sel marin le rend encore plus velouté.
5° Avec oxide d'étain et de cobalt .
Le docteur Hcepfner fit connaître cette préparation avant que M. Thénard n’eût découvert celle que nous
par l’acide nitrique , la liqueur contient, de l’arse'niate et du sulfate de cobalt s et de l’arséniate de fer; on ajoute de Peau à la liqueur, et on précipité d’abord le fer par une dissolution de potasse étendue. On continue d’ajouter de la potasse tant qu’il se déposé des flocons blancs ; on sépare le précipite par le filtre, et on précipite alors l’arséniate de cobalt rouge-rose parla potasse, il ne faut pas ajouter un excès de potasse , parce qu’il décomposerait l’arse'niate qui passerait au bleu. On peut aussi obtenir l’arséniate de cobalt en précipitant la dissolution de nitrate de cobalt par l’arséniate de potasse. Voyez pour plus de détails l’article Smaît.
avons rapportée. Elle ne diffère de celle de M. Thénard
qu’en ce que l’on emploie de l’oxide d’étain au lieu d’alumine.
On dissout 5 parties de minerai de cobalt grillé dans de Feau régale, on verse la liqueur dans une dissolution de 6 parties d’étain exempt de plomb dans Feau régale, on mêle bien les deux dissolutions , on y ajoute de la potasse tant qu’il se forme un précipité. Ce dernier est formé d oxide de cobalt et d oxide de zinc. On lave le précipité, on le fait sécher doucement, on le met sur une tasse de porcelaine plate dans la moufle d’un fourneau , et on élève progressivement la température jusqu’à ce qu’on obtienne une couleur agréable.
Cette couleur porte le même nom en allemand, italien , anglais , danois, suédois, espagnol, russe, et polonais. *
Histoire. Le lazulite, dort on extrait Foutrerner, était connu des Grecs et des Romains ; ils le désignaient aussi sous le nom de saphir,* mais la couleur de l’outremer est seulement mentionnée parles auteurs du seizième siècle, et il paraît qu’elle n’a été employée qu a la fin du quinzième. Gain il lus Leonarius employa le premier, en i5o2 , la dénomination d’azurum ultrà-marinum. Après cette époque , plusieurs individus qui connaissaient le secret de sa préparation , furent désignés comme les inventeurs : dans le milieu du seizième siècle, Yanuccio Biringocci publia le premier sa préparation , et distingua l’outremer de 1 azur de cuivre et de l’azur d’Allemagne. Le procédé fut publié à peu près à la même époque, et encore plus corn-
J7e COULEURS BLEUES,
pîètement par Alexius Pede Montanus (1). Plus tard , de nouveaux détails furent publiés par Hochberg , Kunkel , Marggraf, Rlaproth , Guyton , Clément et Desormes.
L’Italie livre maintenant au commerce le plus bel outremer, et la plus grande partie de la consommation.
Propriétés . L’outremer est une couleur bleue brillante, qui est préférée à la plupart des autres couleurs bleues , à cause de la pureté de son ton et de sa solidité; elle est invariable à l’air (2). Les alcalis ne détruisent pas la couleur, même par l’action de la chaleur; il souffre peu par la chaleur, et ne fond qu’à 2,700° Fahrenheit en un verre transparent , presque incolore ; mais quand il contient des matières grasses , il se transforme en un émail noir. Les acides (5) détruisent sa couleur en peu de minutes; c’est ce qui le distingue du smalt. Par la chaleur rouge et l’oxigène il devient vert, et rougeâtre par l’hydrogène. L’hydrogène sulfuré n’a point d’action sur lui.
Composition . Avant Marggraf, 011 croyait que la couleur de l’outremer provenait du cuivre. Marggraf l’attribua au fer, parce qu’il ne trouvait point de cuivre dans la pierre d’azur, mais seulement de l’oxide de fer. Yalérius l’attribuait à l’argent. Guyton regardait la matière colorante comme provenant du sulfure de fer, et prétendait avoir obtenu une semblable couleur en chauffant du sulfate de fer avec des terres ( Annales de chimie ). Rlaproth trouva dans la pierre d’azur, seulement de l’oxide de fer, mais il
(1) Dans le commencement du seizième siècle l’apothicaire B. Pigna de Modène pre'parait l’outremer.
(a) Les couleurs de cuivre employées à l’huile deviennent verdâtres avec le temps.
(3) Par exemple, l’acide sulfurique , l’acide nitrique , l’acide muriatique, l’acide acétique fort, l’acide sulfureux, le chlore, etc.
ne s’expliquait point sur la nature de la matière colorante. MM. Clément et Desormes démontrèrent d’abord que la pieire d azur contenait du fer, mais qu il n’en était pas ainsi de l’outremer que l’on préparait avec, dont la composition est 55,8 de silice, 54,8 d’alumine , 5s, 2 soude, 5,i soufre, et 5,i carbonate de chaux. D’après cela, ils pensèrent que le soufre était la cause de la couleur; mais comme dans l’analyse il y eut une perte de 8 parties , il était possible que la matière colorante eût échappé.
P 7 épuration . L outremer est séparé par îa pulvérisation et le lavage de la pierre d’azur, dans laquelle il est tout tonné; mais comme la simple décantation ne suffit pas pour en séparer complètement fa gangue , on emploie un autre procédé : on délaie l’azur en poudre fine avec une matieie grasse , de maniéré 5 former une pâte homogène , et on îa pétrit dans de l’eau. La gangue reste combinée avec la graisse , et l’outremer est entraîné par l’eau.
La pierre d'azur (lapis lazulite ) se trouve principalement en Bucharie , et de îa vient en Europe, par les Indes et par Orenbourg; il en vient aussi de Perse, de la Chine, du Thibet. Celle qu’on trouve en Europe est inférieure, et devient verte au feu, tandis que celle d’Asie conserve sa couleur. Elle est bleu d’azur avec des points jaune d’or de sulfure de fer , ou des taches blanches de mica; souvent elle a des reflets pourpres ou violets , sa dureté est celle du verre , elle est invariable au feu , mais fusible à une très forte chaleur en un émail blanc. Marggraf trouvait dans îa pierre d’azur de Fredberg , silice , chaux , plâtre et fer; Klaproth , 46, o silice, i4,5 alumine, 28.0 carbonate de chaux, 6,5 sulfure de chaux, o,o oxide fer, 2,0 eau.
Tom. il. T„
ï;8 couleurs bleues.
Pulvérisation. On concasse grossièrement l’azur dans un mortier de fer; on enlève avec une pince les parties incolores (pins tard on les pulvérise , et elles fournissent une espèce inférieure d’outremer). On chauffe les autres dans un creuset jusqu’au rouge , et on les éteint dans de î’eau froide. Cette opération est répétée jusqu’à ce qu’on puisse réduire facilement la pierre en une poudre impaR pable que l’on tamise.
Une division très-fine est importante, et peut être faite d’abord par pulvérisation, et ensuite par le broyage sur une pierre , ou dans un petit moulin. Alexius Pede Montanus prescrirait d’éteindre la pierre dans l’alcool; Runkel, dans du vinaigre. Ce dernier mode d’extinction devrait être très -préjudiciable , parce que le vinaigre altère la couleur, et enlève l’alcali de la matière ; cependant on prétend que cette méthode est employée par quelques fabricans. Quelques auteurs italiens prescrivent de jeter la pierre rouge dans de l’huile fie lin. Probablement ce travail serait nuisible.
Combinaison avec un mélange gras. On délaie à chaud la poudre fine dans une matière grasse , qui a assez de consistance pour se diviser facilement dans l’eau froide , et plus facilement dans l’eau tiède. On peut prendre sur îoo parties de poudre , 4° parties de résine de pin, 20 parties de cire blanche, 25 parties d’huile de lin , et i5 parties de poix de Bourgogne; ou 9 parties de poix de Bourgogne , 6 parties de résine blanche, 6 parties de térébenthine, 2 parties de cire blanche, et 20 parties d’huile de lin.
Lavage. On pétrit la pâte dans de l’eau froide (1 ) , d’a-
( ï) Quelques-uns laissent la pâte i/f jours dans l’eau , parce qu’alors
OUTREMER. m
bord au moyen d’un pilon, et ensuite avec la main (1) , afin de faciliter la séparation de l’outremer (2). Quand la séparation ne se fait pas facilement , on a recours à 1 eau tiede , et meme a 1 eau chaude. Qn change l’eau quand elle est suffisamment chargée de matière colorante, et on continue l’opération jusqu’à ce que l’eau cesse de se colorer. On sépare les produits des différens lavages, parce que l’outremer obtenu par les premiers est le plus beau.
Purification. Quand l’outremer s’est déposé, on le purifie d abord par le lavage , et à la fin en le faisant rougir, ou mieux encore en le lavant avec de l’alcool pour enlever les matières résineuses qu’il retient encore. Le traitement avec une dissolution de potasse produit le même effet, et , pour faciliter l’action de la potasse, quelques fahricans délaient 1 outremer avec du blanc d’œuf. Il est bon aussi d’ajouter du savon à la dissolution de potasse.
Cendres d'outremer . Le mélange résineux qui ne colore plus l’eau, est fondu avec de Fhuile de lin, et pétri de nouveau dans de l’eau où l’on a dissous un peu de soude ou de potasse (3) : on obtient une poudre d’un gris-bleu
îa gangue est mieux combinée , et Foutre mer se séparé pins facilement.
(1) Les mains doivent être très-propres, et enduites d’huile de lin.
(2) On peut aussi laisser couler un mince filet d’eau sur la pâte pendant qu’on la pétrit. L’eau entraîne l’outremer.
(3) Quelques fabricans prescrivent de prendre e'galement dans le premier travail de l’eau alcaline. Cependant cela n’est pas à recommander quand on veut extraire le plus bel outremer. On peut aussi obtenir la cendre d’outremer en fondant la pâte dans 4 fois son poids d’huile de lin , et mettant le mélangé dans un vase allongé où on le maintient liquide par un bain-marie ; l’outremer se dépose. On enlève le liquide surnageant, on ajoute de l’huile pour séparer le reste de la résine, et enfin on fait bouillir dans l’eau pour séparer l’huile.
i8o COULEURS BLEUES,
connue dans le commerce sous le nom de cendres d’outremer.
Produit . La quantité d’outremer qui résulte de 100 parties d’azur, ne peut pas être déterminée , parce qu’elle dépend de la qualité de la pierre , et de la qualité de l’outremer que l’on sépare. D’après quelques indications, on obtient de 100 parties de pierre , de 2 à 10 d’outremer.
Falsification. L’outremer étant d’un prix élevé, il est souvent mêlé avec des substances étrangères. Cependant ces falsifications sont faciles à découvrir. Un mélange d’indigo se reconnaît , parce que la chaleur dégage des vapeurs pourpres , et parce que la couleur résiste à l’acide sulfurique, tandis que celle de l’outremer pur est détruite. Une addition de bleu de montagne se reconnaît par le chauffage : la couleur passe d’abord au vert , et ensuite au noir ; ou parce que les acides forment une dissolution verte (1), qui produit des taches de cuivre sur le fer, et qui est précipitée en bleu ou en vert par les alcalis. Une addition de bleu de Prusse se reconnaît , parce que la couleur devient plus foncée par la chaleur, et plus brune par l’ébullition dans une dissolution de potasse , et que la dissolution de potasse neutralisée par un acide , est précipitée en bleu par les sels de fer. On reconnaît une addition de smalt ou de bleu de cobalt , parce que la couleur n’est pas détruite par les acides. On reconnaît la présence du bleu de Thénard, parce que, chauffé avec une dissolution de potasse , la matière devient noirâtre.
Usages. L’outremer n’est employé que par les peintres ,
(1) Les acides détruisent la couleur de Foutremer, mais ne se chargent pas de matières métalliques , et par conse'quent ne donnent point par les alcalis de précipites colorés.
OUTREMER. l8r
pour les' tableaux à l’huile et la miniature; on l’estime principalement a cause de son moelleux et de sa solidité; il faut qu’il soit broyé très- fin. Dans la peinture à fresque] on le remplace par le smalt. Maintenant son usage a beaucoup diminué , surtout depuis la découverte du bleu de Thénard.
Pnx • L’outremer est maintenant deux fois plus cher qu’autrefois, ce qui est dû plutôt à la faible consomma» tion et à la faible introduction de la pierre d’azur, qu’à sa rareté. En Italie, le plus fin outremer coûte maintenant 1 10 francs l’once; la cendre d’outremer, de i à 2 francs; le prix des autres sortes est entre ceux-là. A Vienne, on Tend de l’outremer de 6 à 5o florins l’once.
Outremer artificiel . Jusqu à 1 année 1828 on 11e connaissait point de procédés pour préparer artificiellement l’outremer, en combinant entre eux les corps qui le composent. Guyton prétendait en avoir obtenu avec du sulfate de fer et des terres. Bobereiner , dans certaines circonstances , en combinant du sulfure de fer avec de la silice , ou de 1 alumine , obtenait une matière bleue , analogue à Tou» tiemer, mais dont la couleur n’était ni aussi bleue ni aussi vive. Tessaert a observé que dans les fours à soude on trouvait sur les briques une matière bleue analogue à ! outremer. Cette couleur fut observée quand le fourneau était construit en grès , mais non quand il l’était en briques.
Mais en 1827 l’outremer artificiel a été obtenu par M. Guimet, ingénieur des ponts-et-chaussées ; il a été employé par plusieurs peintres distingués , M. Ingres s’en est serv i dans la peinture d’un des plafonds du musée Charles X ; et il regarde 1 outremer de M. Guimet comme ne laissant lien a desirer et comme étant supérieur à l’outremer du commerce. M. Guimet n’a point fait connaître son pro-
cédé, mais ii a formé une fabrique qui peut suffire à tous les besoins du commerce ; le dépôt est chez MM. f ardy et Blanchet, rue du Cimetière Saint-Nicolas, n° 7, à Paris. Cet outremer se vend 25 fr. Fonce; il est bien supérieur à l’outremer qui se vend de 80 à 100 fr. 1 once. En 1828 la société d’encouragement décerna à M. Guimet la médaille de 6000 fr. , qu’elle avait proposée pour la fabrication de l’outremer.
M. Gmelin de Tubingue a aussi découvert un procédé
pour la préparation de l’outremer ; il a fait connaître ce procédé que nous allons rapporter.
On se procure de l’hydrate de silice et d’alumine ; le premier en fondant ensemble du quartz bien pulvérisé , avec quatre fois autant de carbonate de potasse , en dissolvant la masse fondue dans l’eau , et la précipitant par Facide muriatique; le second en précipitant une solution d’alun par l’ammoniaque. Ces deux terres doivent être lavées soigneusement avec de l’eau bouillante. Après cela on détermine la quantité de terre sèche qui reste , après avoir échauffé au rouge une certaine quantité de précipités humides. L’hydrate de silice dont Fauteur s’est servi dans ses expériences contenait sur 100 parties 56 , et l’hydrate d’alumine 5,2 5 parties de terre anhydre.
On dissout ensuite à chaud , dans une dissolution de soude caustique , autant de cet hydrate de silice qu’elle peut en dissoudre , et on détermine la quantité de terre dissoute. On prend alors sur 72 parties de cette dernière (silice anhydre) , une quantité d’alumine qui contienne 70 parties d’alumine sèche; on l’ajoute à la dissolution de si¬
lice , et on évapore le tout ensemble en remuant constamment jusqu’à ce qu’il 11e reste qu’une poudre humide. Cette combinaison de silice , d’alumine et de soude est
SMALT. l83
!a base de l’outremer qui doit être teinte maintenant par
le sulfure de sodium; c’est ce qu’on fait de la manière suivante»
On met dans un creuset de Hesse , pourvu d’un couvercle fermant bien , un mélange de 2 parties de soufre et 1 partie de carbonate de soude anhydre; on chauffe peu à peu , jusqu’à ce que , à la chaleur rouge, la masse soit bien fondue; on projette alors ce mélange en très-petites quantité à la fois au milieu de la masse fondue; aussitôt que reffervescence , due aux vapeurs d’eau , cesse , 011 y jette une nouvelle portion. Ayant tenu le creuset 1 heure au rouge modère , on 1 ote du feu et on le laisse refroidir. Il contient maintenant de 1 outremer mêlé à du sulfure en excès; on le sépare de ce dernier par l’eau. S’il y a du soufre en exces on i enleve par une chaleur modérée. En cas que toutes les parties de l’outremer ne soient pas colorées également, on peut séparer les parties les plus belles 3 après les avoir réduites en poudre très-fine, par le lavage avec de l’eau.
SMALT.
Azur, bleu de Saxe. (On désigne sous le nom de safre, un mélange d’oxide de cobalt et de sable préparé pour le verre bleu.)
Histoire. La préparation du srnalt fut découverte de i5/*o à i56o, par Christophe Schuiyer de Platten (Bohême). Il était établi à Neudek, où il avait une verrerie; il préparait un verre bien avec le cobalt , et un émail pour les potiers. Des fabriques furent ensuite établies à Nuremberg et en Hollande. Les dernières fabriques tiraient le minerai de cobalt grillé de Saxe.
Depuis long-temps , on faisait du safre en Saxe , qui était destiné pour colorer le verre en bleu et pour l’émail des faïences, Cependant dans le commencement du seizième siècle , on rejetait les minerais de cobalt.
Le smaît est du verre bleu teint par Eoxide de cobalt; il se trouve dans le commerce , broyé très-fin. La préparation consiste à faire fondre ensemble du sable, de la potasse et de l’oxide de cobalt , à pulvériser le verre , et assortir les poudres par la décantation.
On emploie le sable le plus pur, ou de la silice que Fon pulvérise sous un bocard après l’avoir fait rougir et étonner dans l’eau froide.
On prend de la potasse calcinée, que l’on pulvérise , et que l’on tamise. A Norderach , on a aussi essayé d’employer de la soude , mais on a obtenu du smalt de mauvaise nuance, ce qui était attribué à ce que la soude contient beaucoup de matières étrangères et de l’hydrogène sul * foré. L’oxide de cobalt ne se trouve point pur dans la nature; on l’extrait du minerai de cobalt par la calcination.
Nous allons parler,
i° Des matières premières pour la préparation du smalt.
2° De la calcination du minerai.
5° De la préparation du verre bleu.
4° De la pulvérisation , de la décantation , et de l’assortissage.
5° Des calculs sur une fabrique de smalt.
69 Etat de la fabrication du smalt dans différens pays.
i° Matières premières.
Minerai de cobcdt. Le cobalt se trouve toujours combiné avec des métaux et d’autres corps. Les minerais les plus répandus sont les mivans :
SM ALT. i85
Le cobalt brillant d’argent, à cassure feuilletée, et consistant principalement en cobalt et arsenic (1); on le trouve en Suède, principalement à Tunaberg; en Norvège, dans le duché de Siégen ; dans la Hesse , et à Querbach en Silésie; on n’en trouve point en Saxe.
Le speisz en masse compacte, consistant en cobalt, fer et arsenic (2), c’est la mine de cobalt le plus fréquemment employée pour la fabrication du smalt; on préfère le gris au blanc parce qu’il donne un plus joli bleu. On le trouve en Saxe , en Thuringe , dans la liesse , etc.
Le cobalt noir terreux. On distingue celui qui est en masse et celui qui est friable; l’un et l’autre sont formés d’oxide de cobalt, d’oxide de manganèse , de silice et d’alumine. Ils sont employés pour le smalt. Celui qui est friable donne de mauvais smalt; celui qui est en masse en donne du bon, qui cependant n’est pas aussi beau que celui que l’on obtient avec le speisz gris. Le dernier, ordinairement, n’a pas besoin d’être calciné avant la fonte.
Le cobalt terreux brun consiste en grande partie en oxide de cobalt, mais il ne donne pas de beau smalt.
Le cobalt terreux jaune. Il est jaune de paille , compact et poreux , quelquefois contenant de l’argent ; il donne de meilleur smalt que le brun.
Cobalt efïlorescent , rouge fleur de pêcher, friable, se trouve comme efflorescence à la surface du cobalt arsénical, consiste en arséniate de cobalt. Il est utilisé avec d’autres minerais.
(1) Klaproth a trouve dans le cobalt de Tunaberg, en Suède, 44,° cobalt 5 o, 5 soufre , 55, 5 arsenic 5 Tassaert , 36, 66 de cobalt, 4g, 00 d’arsenic , 6, 5 soufre , 5, 60 fer.
(2) Dans le speisz gris de Cornvall, Klaproth trouvait, 20 cobalt, 24 fer, 33 arsenic ; dans le blanc rayonne, Hisinger trouvait 43,20 cobalt, 3,53 fer, 1 4 >4° cuivre, 38,5 soufre, o, 33 gangue.
iB6 COULEURS BLEUES.
Fleur de cobalt . Rouge cramoisi et passant au rouge de pêcher , compact , moucheté , en efiîorescence , consistant en arséniate de cobalt; il donne de beau smalt. Il n'existe pas en grande quantité.
Pour la préparation du smalt, tous ces minerais sont dégagés de la gangue autant que possible , tamisés , et employés dans cet état.
Pour déterminer la quantité de cobalt que contiennent ces minerais, on en pulvérise un peu , on fait calciner et fondre avec du verre , et on voit comment et à quel degré le verre est coloré. Après cela , on les divise en différentes sortes.
D'après leur bonté , on marque les sortes avec 0 K (cobalt ordinaire); M K (cobalt moyen); F K (cobalt fin); F F K (cobalt superflu) ; et suivant les qualités supérieures, par F F F K et F F F F K.
Cobalt métallique. Par la calcination des minerais, on obtient du cobalt métallique (1) , principalement quand la calcination a été trop forte , ou quand il est tombé des charbons qui ont réduit l'oxide , ou quand le minerai , à cause des métaux étrangers , ne devait pas être très-oxidé. Celui qui se forme à la calcination , se nomme speise. Il est sonore , gris de plomb , ou blanc mat , et contient du cobalt , du fer, de larsenic, du bismuth , du nickel, plus rarement de l’argent.
Pour utiliser le speise pour le smalt , on le bocarde (2) , on le tamise , et on calcine avec précaution. Quand il y a
(1) Quelquefois aussi à la fonte avec le sable.
(2) La présence de farsenie facilite le bocardage en rendant l’alliage cassant. Par le bocardage la matière s’échauffe, et il se volatilise un peu d’arsenic.
SM ALT. îB;
beaucoup de métaux étrangers , la calcination doit être faible , afin que les métaux étrangers ne s’oxident pas , et n’altèrent pas la couleur du smalt. Alors on doit toujours faire des essais en petit , pour savoir le point auquel il faut s’arrêter. Mais si le speise contient beaucoup de bismuth , il faut que ce métal soit enlevé avant la calcination, ce qui se fait par une liquation (chauffage à une température suffisante pour la fusion du bismuth , et inférieure à la fusion de l’alliage). Le cobalt purifié par ce procédé est alors oxidé par la calcination.
Oxide de cobalt pur . Si on veut avoir de l’oxide de cobalt pur , ou du smalt d’une couleur bleu profond , les préparations ordinaires ne suffisent pas , parce que le minerai traité ainsi contient toujours beaucoup d arsenic.
On peut alors employer un des procédés suivans.
i° On arrose le minerai de cobalt avec de l’acide nitrique bouillant. L’arsenic passe à l’état d’acide qui se combine avec les oxides des autres métaux; mais tes arséniates qui se forment ainsi ne sont pas tous également solubles dans l’acide nitrique. On soutire la liqueur claire , on dissout dans beaucoup d’eau * et on ajoute peu à peu, en remuant fortement , du sous-carbonate de soude ou de potasse. Les arséniates et les oxides de métaux etrangers se précipitent d’abord , et 1 arseniate de cobalt reste à la fin comme plus soluble ; on cesse de verser de la potasse , quand le précipité devient rose , parce qu alors le cobalt commence à se précipiter. On soutire la liqueur, et on la précipite avec un excès de potasse , en faisant bouillis quelques minutes. Il se forme un précipité d oxide de cobalt que l’on lave, et que l’on fait sécher. Fondu avec un peu de silice et de potasse ou de feld-spath et de potasse , cet oxide donne des smalts d’un beau bleu foncé.
i88 COULEURS BLEUES»
2° On grille le minerai de cobalt moulu , en le mêlant avec des morceaux de porcelaine pulvérisés , afin que la poudre ne s’agglomère pas; on traite le minerai grillé avec 5 ou 4 parties d’acide nitrique , étendu de parties égales d’eau; on soutire la liqueur, on neutralise avec de la potasse, et on concentre, jusqu’à consistance sirupeuse; la plus grande partie de l’arsenic se précipite à l’état d’oxide. On étend de nouveau la liqueur avec de l’eau , et on agit comme dans le premier procédé; ce procédé est préféré par plusieurs personnes au précédent.
3° L’oxide de cobalt , obtenu par un des procédés indiqués, contient toujours de l’oxide de fer, de l’arsenic, et du nickel. On peut enlever l’arsenic , en faisant passer de l’hydrogène sulfuré dans la dissolution nitrique ; il se précipite à l’état de sulfure. On éloigne le fer et le nickel , en transformant les sels en sous-carbonate, et pour cela on précipite par des sous-carbonates de soude. Le précipité est rouge-rose sale. On lave et on arrose avec un excès d’acide oxalique, pour transformer les sous-carbonates en oxalates. Comme l’oxalate de fer est soluble, il peut être séparé des deux autres par le filtre et les lavages. On dissout alors les oxalates du nickel et de cobalt dans l’ammoniaque , et on laisse la dissolution s’évaporer à 1 air. L oxalate de nickel se dépose sur les parois du vase en croûte verte; et quand l’odeur ammoniacale a disparu , on évaporé la liqueur , et on chauffe un peu le résidu sec pour éloigner les dernières portions d’ammoniaque; on a alors de l’oxalate de cobalt pur , duquel on peut obtenir de 1 oxide de cobalt pur par la calcination avec du charbon.
Silice ou quartz . On prend du quartz libre de fer, de
. SMALT. jg9
mica, <ie talc, de craie (i). Ordinairement on le calcine avant en plein air , mais mieux dans un fourneau (2). On fait chauffer vingt - quatre heures ; pour le refroidissement, que 1 on accéléré par 1 eau, qui facilite en même temps la pulvérisation , il faut 6 à 7 jours. La silice qui a été calcinée au blanc, et bocardée, est lavée dans des bassins dans lesquels on a mis de l5eau-forte pour enlever les matières nuisibles que la silice pourrait contenir encore. Ensuite on sèche, d’abord à l’air et dans le four à sable (3) , et pour éloigner les dernières portions d’eau qu il pourrait contenir il est fortement rougi pendant ï/2 heure à 3/4 d’heure. Quand il est refroidi, il est tamisé.
Potasse. On emploie de la potasse pure calcinée, libre, autant que possible , de sel marin , de chaux et de sable , et on l’emploie parfaitement sèche après qu’elle a été pulvérisée et tamisée. Il ne faut pas qu’elle contienne des par» ties charbonnées , parce qu’elles réduiraient Foxide de cobalt.
20 Calcination du minerai de cobalt .
La calcination du minerai de cobalt a pour objet i° d’éloigner l’eau et l’arsenic , 20 d’oxider davantage le cobalt , 3° et de rendre les parties terreuses propres à la vitrifica-
(1) Le fer teindrait le smàlt; le mica , le talc et la pierre à chaux resteraient dans le verre sans être fondus , et la pierre à chaux attirerait beaucoup de potasse et augmenterait le fiel du verre.
(2) On peut employer le fourneau à réverbère qui sert pour la calcination des minerais. Dans un semblable four on peut avec g à îo cordes, calciner 12 à 1,4.00 quintaux de silice.
(3) Ce four peut être combiné avec le four à verre , ou le four à calciner.
îgo COULEURS BLEUES,
tion. Pour le minerai de cobalt , qui ne contient 1 arsenic qu’à l’état acide (par exemple , les fleurs de cobalt), cette opération n’est pas nécessaire. Elle n’est point non plus nécessaire au cobalt terreux; cependant cela se pratique ordinairement pour ce dernier parce qu’il donne alors du plus beau smalt.
Pour remplir le deuxième but , qui est d oxider le co~ haït, il ne faut pas que la chaleur soit trop forte (pas audessus de la chaleur rouge) parce que l’oxide pourrait se désoxigêner; il faut que l’air ait un libre accès. L arsenic n’est jamais entièrement éloigné parce qu’il est utile à la fonte (1), en l’accélérant et empêchant l’oxidation des métaux étrangers.
La calcination se fait dans des fourneaux à réverbère garnis d’une grande cheminée , en combinaison avec un long canal horizontal , dont l’extrémité se recourbe à angle droit , et se trouve garnie d’une porte. Par ce canal passent toutes les fumées , et l’oxide d’arsenic , mêlé d’un peu d’oxide de cobalt, se dépose au commencement (2) , mais plus loin il se dépose de l’arsenic pur, que l’on abat de temps en temps , et que l’on fait sortir par des portes disposées de distance en distance (5).
Le fourneau est d’abord chauffé au rouge , et le métal bocardé y est jeté avec des pelles de manière que le sol
(1) C’est-à-dire on cherche à terminer la calcination à l’époque où le minerai, en se refroidissant, se couvre encore d’une efflorescence blanche. Seulement pour le smalt le plus fin on fait sortir tout l’arsenic.
(2) Celui-là est utilisé pour le smalt ; on l’ajoute à la fonte à la place de l’arsenic pur.
(3) La plupart de l’arsenic qui se trouve dans le commerce provient de cette opération
soit recouvert de quelques pouces , et on laisse le tout jusqu'à ce que le cobalt fume. A cette époque commencent tes observations , et il faut alors avoir un protocole d’épreuve et une montre exacte. On observe le temps auquel le cobalt a commencé eu petit à donner dilTérentes qualités de bleu que l’on désigne par différentes lettres , et celui après lequel la couleur a commencé à diminuer. Quand on a observé ce phénomène on cesse d’activer le feu, afin que par l’agitation il ne se forme pas de flamme , que la température ne soit pas aussi élevée dans le fourneau, parce que sans cela les plus légères parties de la matière pourraient être entraînées dans la cheminée, Dans cet état on remue la matière pour faciliter le dégagement de arsenic: le mélange doit être le plus parfait possible , et on doit chercher à amener les matières inférieures à la partie supérieure. D’après la méthode employée jusqu’ici on remue le cobalt en long et en travers , et après quelque temps on égalise la surface ; par ce moyen toutes les parties de la matière sont également soumises à l’action de la chaleur. En général il faut que l’agitation des minerais légers soit faite avec beaucoup de précaution. Après cette operation on attise le feu , et on entretient une chaleur égale jusqu’au remuage suivant. A l’intensité du dégagement des fumées on reconnaît s’il faut remuer souvent et fort , et s’il faut donner un plus haut degré de chaleur; souvent, après un certain temps de calcination, on poussé Sa chaleur jusqu’au plus haut degré de rouge. Si la fumée a londante , on la laisse se dégager, et on ne remue que quand elle a un peu diminué. Quand la fumée est faible après le remuage c est un signe que la calcination est îentot terminée , et on doit remuer avec vitesse pour que e cohall ne soit pas trop calciné. Cela doit s’observer aux
ï92 COULEURS BLEUES,
minerais qui donnent peu de fumée. Ges observations servent à diriger l’agitation de la matière et l’alimentation du foyer, qui ne peuvent pas être déterminées d’avance, et qui ne peuvent s’apprendre que par la pratique des différens minerais; mais il faut toujours éviter que le cobalt ne s’agglomère , parce qu’alors la calcination n’est pas uniforme* Si , malgré toutes les précautions , la matière commençait à s’agglomérer, il faudrait diminuer le feu et continuer la calcination jusqu’à ce que par son oxigénation la matière pût supporter un plus haut degré de chaleur sans que les parties se réunissent, et jusqu’à ce que des essais eussent fait connaître que la matière a atteint le degré convenable de calcination. Quand cela arrive , on commence à prendre des épreuves du milieu du fourneau , en partie pour voir comment elles s’accordent avec les précédentes , mais en partie aussi pour voir si elle ne supporterait pas davantage de sable , ou si elle ne s’étend pas sur 1/2 ou sur une lettre de plus qu’en petit , ce qui arrive quelquefois en grand comme on le sait par expérience
Qand on a observé tout cela à la première opération , et qu’il s’en est suivi la meilleure calcination , d’après le protocole d’essais, on diminue le feu et on tire rapidement avec des ringards le cobalt sur des plaques 'de pierres qui se trouvent devant le fourneau , et pour qu’il ne s’oxide pas da vantage on l’étale aussitôt; puis on le remue pour qu’il se refroidisse plus rapidement : la matière se recouvre alors d’une efflorescence blanche. Après cela on laisse refroidir le fourneau au degré qui avait été reconnu convenable par la première opération , ce qui peut durer de 1 1/2 à 2 heures , et on y met une nouvelle charge : on procède ainsi avec tout le cobalt , et on différencie le temps
SMALT.
pour ceux qui donnent FC et au-dess portion du sable.
ns , et dans la pro~
Après la calcination le cobalt est passé à un tamis de fil de laiton, et pesé, pour reconnaître la quantité d’arsenic et de soufre que contenait le minerai. S’il se trouve des portions de cobalt contenant du bismuth, alors elles restent dans le tamis agglutinées avec les fragmens de cobalt; on les retient et on les ajoute au cobalt, qui doit être liquate pour enlever la grande quantité de bismuth qu’il renferme; pour ces derniers la marche de la calcination
ne se montre pas aussi clairement que pour les autres. Du reste, la perte n est pas la même pour tous les cohalts , elle varie de 6 à 5o pour 100.
La perte par la calcination dépend aussi de la quantité de nickel; car quand il y en a beaucoup, le minerai peut gagner en poids par l’oxigénation. Si l’on veut juger de la bonté des cohalts par leur perte de calcination, on saura que les meilleurs sont toujours ceux qui éprouvent la plus grande perte. Le travail de la calcination , quand il n est pas continu , est fait par le sécheur de sable et préparateur , et , dans le cas contraire, par un ouvrier particulier.
Le degré de calcination que doit éprouver chaque minerai doit être déterminé par des essais en petit , parce qu’en général il n’y a pas de règle fixe. L’expérience apprend avec le temps à déterminer le point convenable par le dégagement de la fumée et la couleur du minerai.
Le cobalt bocardé très-fin est humecté avant la mise dans le four, pour que sa poussière ne soit pas emportée.
Le minerai de cobalt qui contient du bismuth s’agglo- Tom ii r3
Bière facilement à la calcination. Quand il y en a beaucoup on le sépare par la liquation.
Le minerai de cobalt qui contient beaucoup de soufre s’échauffe de lui-même et n’a pas besoin d’un si grand
feu.
Le minerai de cobalt qui contient beaucoup de nickel m se calcine pas, parce que l’oxide de nickel resterait avec celui de cobalt, et passerait dans le verre; mais on le laisse en. tas 10 à 1 2 mois , en l’humectant de temps en temps avec de l’eau; il s’efîleurit , le cobalt, le fer et le nickel s’oxident, l’arsenic et le soufre s acidifient , et le nickel, dissous par l’acide sulfurique et 1 acide arsenique , est entraîné par l’eau. Toutes les 6 à y semaines on retourne les tas, afin que l’oxidation se fasse uniformément. Après 6, 8, ou îo mois, on fait un essai pour savoir si le minerai donne du bon smalt; car par une trop longue exposition à l’air , le cobalt serait egalement entraîne.
Les minerais de cobalt calcinés peuvent alors être employés pour colorer le verre et pour les émaux. On les met aussi dans le commerce , mêlés avec plus ou moins de sable, sous le nom de saffre.
On marque le saffre avec les mêmes lettres que le métal calciné aurait obtenues s’il avait été travaille en smalt, et on ajoute seulement une S. 0 S signifie saffre ordinaire, M S saffre moyen , F S saffre fin , FF S saffre superfin.