‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 48 sur 115 · OC · texte numérisé non relu

OC

45 1/2 th.

54 th. 24 1/2 th. 201/2 th.

38 1/2 th.

Email.

FFFE

FFE EE MEges

OEges

OEst

4 1/2 th. 5

1/2 th. 28 th. 201/2 th.

191/2 th.

16 1/2 th.

Sortes inférieures .

FCR

MCB FEB

MFB

MEBS

21 1/2 th., 9

1/2 th., 12 1/2 th., 10 1/2 th. ,

il. th..

Safres,

FFS FS MS OS

69 1 /» th., 56 ]/ 2 th., 59 th. , 17 1/2 th..

Sur les couvercles des tonneaux sont les marques suivantes :

Une couronne de rue avec deux épées « à droite un cœur, et au-dessus une couronne ouverte brûlée, à gauche une Heur de lis, ou une colonne enflammée. Dessous la couronne de rue est une petite planche mobile fixée avec 4 clous , pour enlever des échantillons sans défoncer le tonneau. Sous ces marques sont celles de la couleur. Les fabriques de Saxe livrent aussi maintenant de l’oxide de cobalt qui peut être employé avec avantage pour les émaux. En 1822 la sorte KOH coûtait 6 thalers , la sorte ÂKO , 6 thalers ; la sorte RED , 10 thalers ; la sorte PKO , î 2 thalers la livre.

En 1820 , la Prusse avait en deçà de l’Elbe neuf fabri-

PRÉPARATION DU VERRE BLEU. ao3

ques à Heidthausen , dans ie cercle d’Essen, qui livraient 5 sortes de safre : une à Horst , dans le cercle de Bochum , et à Hasserode , à 5 lieues de Habberstadt , qui , en 1787, avait 14 ouvriers, en 1820, 12, et dans les premières années livrait 2,000 à 2,800 quintaux de smalt. On en a indiqué une à Cologne, probablement dans le voisinage de cette ville. Le cercle d’Aix-la-Chapelle exportait , en 1821 , 2ï6 quintaux de smalt. Le produit des mines de Prusse, en 181g, était, en cobalt, de 2,985 quintaux.

Dans les provinces au-delà de l’Elbe , il y a en Silésie une fabrique de smalt, à Querbach , dans le cercle de Loevenberg , où annuellement on produit 1 ,5 00 quintaux de couleur et émail , du cobalt , et du speiss , et 011 en met en circulation pour 20,000 thalers ; à Jauer où, en 1817, avec 57 ouvriers, il fut livré 27 quintaux de couleur bleue.

En 18 20, le prix du bleu de Querbach était pour FC de 27 1/6 th. , MC 21 5/6 th. , ME 25 1/24 th. , FOEG s5 5/6 th. , OEG 21 th. , OS 16 th.

En 1827 , à Magdebourg, le bleu d’Hasserode coûtait, les 1 1 2 îives en thalers ,

FFF G FFC FC MC OC

58 5/6 lh. 27 2/5 th. 22 th. 161/2 th. 14 1/6 th.

FFFE FFE FE ME OEG

42 1/2 th., 28 1/2 th., 2 5 1 /4 th. , 2 2 1 h . , i5 5/6 th..

En 1817, dans les dépôts de Breslau , pour FFC 55; pour M C , 22 ; pour OC , 20 thalers.

L’Autriche possède beaucoup de fabriques de smalt, cependant ses fabriques ne produisent pas d’aussi beau

io4 COULEURS BLEUES,

smalt que celles de Saxe. De Keesz , dans sa Description des fabriques de l’Autriche , en désigne une a Silberbarch , à Platten et Cohannisthal , celle de Christophs flammer , dans le cercle de Saazer , et celle près Gloknitz-sousî’Ems , à 8 milles de Vienne. La dernière a été établie en 1780 , après que l’on eut découvert du minerai de cobalt aux environs de Topschan , en Hongrie. Le Journal du Commerce en annonce encore une à Pottensteîn , et 6 en Bohême (1) » et observe que la Bohême contient en tout 1 2 fabriques de smalt. Celle de Niezli , située près de Joachimsthal , produisait alors de 200 h 2Ôo quintaux de cobalt, 1 ,000 quintaux de couleur. En 1819, les usines d’Autriche produisaient 9,4 i5 quintaux de cobalt.

De 1809 à 181 1 l’exportation de l’Autriche en smalt était annuellement de 568,256 livres. Dans le restant de l’Allemagne 011 connaît les fabriques suivantes : une à Sophie-Nau , et à Steinach en Thuringe ; une près Solfeld , dont le smalt n’était pas égal autrefois à celui de Saxe , à cause du cuivre et du nickel qui était mêlé au cobalt; une à Gluiksbrunn, une à Schalkau; dans la Hesse, une à Carlshafen , qui tire le cobalt de Riegelsberg , et une à Schvarzenfels, près Bruikenau, qui tire le cobalt de la mine deLieben; une près d’Àltengronau; une 5 Braunlage , près Blankenbur, dans le Hartz, et trois dans le Kinzingerthai, dont une à Norderach, à 2 lieues de Gengenbach , la seconde 9 lieues plus au-delà à Vittichen , et la troisième à Alpirsbach , la dernière est située dans le Wur-

(t) Les fabriques de Bohême sont celles de Buz entre Johann Georgenstaedt et Platten , celle de Mieszli autrefois Puchner prés Joachimsthal , celle de Gottesgab , celle d’Aberdam, les deux près de Johann Georgenstaed , celle de Prçszniz et celle de Kuttenberg.

PREPARATION DU VERRE BLEU. 2o5

temberg. En Norwège , ii y a une fabrique de smalt à Bragnoes.

Dans le nord de ïa Hollande il fut établi des moulins où l’on raffinait le smalt de Saxe. Les Hollandais livrent encore un smalt qui surpasse les autres sortes, mais qui est obtenu seulement en travaillant celui de Saxe. Les Hollandais raffinent principalement les sortes FFG , FG et MG : ds envoient les plus fins en Angleterre , ensuite en Brabant , en France , etc. Dans les temps modernes la vente a beaucoup diminué. D’après quelques indications , ils mélangent les sortes les plus fines avec de l’indigo fin , et lui donnent par cela une belle nuance.

En France, en 1784, le comte de Beuste découvrit une mine ne cobalt à Juset , dans les Pyrénées , et monta, en 1784, une fabrique de smalt à Saint-Bamet , qui palau ne plus exister. On en trouve aussi dans les montagnes de Ghalouches. D’après le Dictionnaire technologique ; vol. 5. page 4°3 , la France possède une fabrique de smalt ddos la x allée de Luchon , au milieu des Pyrénées ; elle a l’avantage de travailler un minerai qui renferme la proportion de quartz nécessaire; mais on en introduit encore annuellement 5 à 600,000 kilogr.

L Angleterre tire beaucoup de smalt de f Allemagne et de la Hollande. En 1819, l’introduction était de 10,749 livres sterî. , en 1820 , 7,557; en 1821 , 11,749; en 1822, 8,809, ^820, 10,^94 liv. st. Celui qui est consommé parles blanchisseurs de lin d’Irlande n’est pas compté. L Angleterre et la Hollande expédient aussi du smalt dans les mers orientales et en Chine.

L Espagne possède en Aragon et dans les Pyrénées quelques mines de cobalt qui livrent aussi le minerai aux fabriques de smalt de France. La mine de cobalt du

vallon de Gestau, près de Plan, fut découverte par un paysan; et exploitée par des mineurs allemands , e e pio ‘luisait 5 à 600 quintaux de minerai qui était expédié en Allemagne par Strasbourg. Dans l’année 1 700, celte mine donnant moins de produit fut abandonnée. Ce minerai supporte 2 à 3 fois plus de sable que ceux de Saxe.

Usage.

On emploie le smalt pour colorer le papier , le linge et les étoffes blanchies , auxquelles on le fixe par de la colle d’amidon; comme couleur d’émail, de porcelaine, e verre , plus rarement comme couleur d’application , particulièrement dans la peinture h fresque et sur le bois. Le plus orossier est employé comme sable h sécher. Pour .a peinture fine , le smalt doit être broyé très-fin. A cause de sa nature vitreuse il tient peu , et ne peut etre emp oy à l’eau qu’avec la gomme , la colle , et mieux avec hui e.

On désigne sous le nom de bleu de Paris , du bleu de Prusse très foncé , qui ne contient point ou très peu d alumine. En Autriche , on le désigne sous le nom de bleu

anglais.

Histoire. La préparation du bleu de Prusse fut découverle en 1707 à Berlin, par Diesbach. Il s’occupait, dans le laboratoire de Dippel, à produire de la laque florentine ; comme il n’avait point dé potasse pure sous la main , Dippel lui donna celle qui avait été calcinée avec des matières animales , dans la préparation de l’huile connue sous le nom de ce chimiste. Il obtint, au heu d un préci-

BLEU DE PRUSSE. 3o7

pilé rouge , un beau précipité bleu. ( D’après d’autres renseignemens , Diesbach jeta de la potasse calcinée avec des matières animales dans une cour où l’on avait répandu avant du sulfate de fer , et vit naître à l’instant une belle couleur bleue.) Bippel produisit ensuite le bleu par une opération plus simple , et en fit l’annonce en 1710 , sans indiquer la préparation. Gomme alors on ne connaissait point d’autres couleurs bleues que l’indigo , cette annonce lit faire beaucoup d’essais sur la préparation de cette couleur. Le docteur Voodvard publia le premier en Angleterre la préparation du bleu de Prusse (Trans. phys. , n° 5Si). En France , Jeolfroi la publia en 172b; Macker, en 1 j 02, Les observations scientifiques les plus importantes sont dues à Scheele (1782), et aux chimistes modernes.

Composition . Le bleu de Prusse pur est une combinaison d’acide prussique et d’oxide de fer. Les combinaisons de cet acide avec le protoxide de fer sont jaunâtres ou blanches , et deviennent seulement bleues à Pair par 1 oxigénation de ! oxide. On admet pour composition 54,02 de deutoxide de fer (5q, 42 fer 14, 60 oxigène) , 09, 42 acide prussique (20, 44 azofe, 17, 02 carbone, 1,46 hydrogène) , et 6, 56 eau. Le bleu de Prusse ordinaire contient en outre des quantités variables d’alumine , de silice , d’amidon , etc.

Propi létês. Le bleu de Prusse pur est d’un bleu foncé vif, cassant, sans odeur et sans goût , léger , déteignant, d’une cassure conchoïde , cuivrée; il est insoluble dans Peau, l’alcool , l’huile et les acides étendus. Celui qui contient de 1 alumine a une couleur plus claire , il est plus solide. A 1 aii il attiie de 1 eau avec laquelle il se combine; mais ses propriétés n en éprouvent aucune altération. Il est

ao8 COULEURS BLEUES,

très-difficile à sécher entièrement. Le bleu de Prusse très -sec, chauffé , brûle comme de l’amadou. Les acides forts le décomposent ; l’acide muriatique, se colore en vert , mais quand il est étendu il redevient bleu. L’acide hydrosulfurique le décolore , mais il rede vient bleu à l’air. Les alcalis lui enlèvent l’acide prus sique et laissent pour résidu l’oxide de 1er. La limaille de fer et d’étain , lui enlèvent une partie de l’oxigène de l’oxide de fer et le décolorent. Broyé avec quatre fois son poids de farine d’amidon , et bouilli avec de l’eau , la liqueur devient d’abord verte , ensuite brune , et laisse un précipité qui ne reprend pas la couleur bleue , même par les acides. Mais la liqueur donne avec le sulfate de fer et un peu de chlore , un beau bleu de Prusse. En évaporant il reste un corps soluble poisseux. L’amidon est alors transformé en gomme.

Préparation. On obtient le bleu de Prusse en combinant l’acide prussique avec le deutoxide de fer. Ordinaiiement cette opération se fait en ajoutant un sel de fer a une dissolution de prussiate de potasse : 1 acide prussique se combine avec l’oxide de fer. On emploie ordinairement le sulfate de fer (vitriol vert), plus rarement le nitrate de fer, mais comme il renferme du fer plus oxidé il donne aussitôt un bleu de Prusse très -foncé. On emploie le prussiate de potasse qui se trouve dans le résidu de la calcination des matières animales avec la potasse , ou aussi le prussiate de potasse déjà purifié. On n’emploie pas les dissolutions de fer seules , on y ajoute ordinairement plus ou moins d’alun , pour qu’il se précipite en même temps de l’alumine qui augmente le poids , rend la couleur plus claire et plus couvrante. Le précipité obtient seulement une belle couleur bleue par la complète oxidation du fer.

Celui qui est obtenu sans alun est lavé avec de l’acide sulfurique ou muriatique étendu. Mais celui que l’on obtient avec de 1 alun doit être lavé avec de l’eau aérée : l’hydrosulfure de fer qu’il contient est transformé en sulfate , et le prussiate de protoxide est converti en prussia te de deutoxide.

i° Des matières premières.

Tous les corps contenant de l’azote peuvent servir potu îa préparation de la lessive de sang; principalement les matières animales qui contiennent beaucoup d’azote , ainsi que les charbons qui en proviennent; les charbons de plantes seuls donnent très-peu de bleu de Prusse ? mais un mélange de charbon de plante , de potasse et de sel ammoniac en produisent davantage. On chauffe d’abord la potasse avec le charbon ; on ajoute alors le sel ammoniac?, et 011 maintient le tout au feu ? jusqu’à ce qu’il ne se dé~ gage plus de vapeurs. Jusqu a présent? on emploie principalement le sang? qui donne îa meilleure lessive (probablement à cause du fer qu’il contient).

Sang. On réduit le sang dans de grandes chaudières jusqu à ce qu’il devienne épais ? et on le fait sécher complètement à l’air; 2 à 5 jours sont nécessaires ( 1 ) ; ou bien on le chauffe jusqu à ce qu il se coagule ? on soutire la liqueur claire ? et on fait sécher complètement au feu. Une partie est alors grenue comme de la poudre et une autre est fibreuse. On le pulvérise et on le tamise.

Corne , sabots ? etc. On les réduit en morceaux aussi petits que possible.

Os. Ducholz les recommandait en 1 779. D’après Haenle?

(1) Le sang séché a l’air doit être conserve' dans des vases ouverts? parce qu’en vases clos il Se gâterait.

Toivr. II.

ils sont peu utiles parce qu’ils contiennent trop de phosphate et de carb onate de chaux, surtout ceux des grands animaux et ceux qui sont restés long-temps enfouis dans la terre.

Chiffons de laine , cheveux , peaux , vieux cuirs , viande. Ces matières doivent être réduites en fragmens aussi petits que possible.

Charbon animai On prend ordinairement ceux qui résultent de la préparation du sel ammoniac. Mais ils ne doivent pas être complètement calcinés , ils doivent être encore un peu gras , quoique faciles à pulvériser (1 )•

Toutes les substances précédentes qui sont employées pour la préparation du sel ammoniac et des huiles animales peuvent être utdisées en les calcinant jusqu à un certain point dans des vases de fonte. Alors il est très avantageux de combiner une fabrique de sel ammoniac avec une fabrique de bleu de Prusse.

Huiles animales . Haenle a montré récemment que ces huiles pouvaient être employées avantageusement pour la préparation du bleu de Prusse. On les chauffe modei ornent dans une chaudière de fer à moitié pleine , jusqu à ce qu il se développe des vapeurs; on les allume, on les laisse réduire en charbon (2), et on emploie ce charbon comme tout autre charbon animal. Il donne plus de bleu de Pi usse que la lessive de sang ou de corne. Quand il y a eu un lavage suffisant, l’huile brûle presque sans odeur désagréable; si la flamme s’éteint , il faut réchauffer un peu la chaudière . quand il s’est brûlé les 2/0 de l’huile, on en met de nom

(1) Pour cela on interrompt l’opération de la fabrication du sel

ammoniac avant que les tuyaux se refroidissent.

{9.) D’après Haenle , la matière absorbe de l’oxigène et de 1 azote de l’air, aussitôt que la combustion a commencé bl ne faut plus chauffer que vers la fin de l1 opération .

BLEU DE PRUSSE. 2rî

velle; la masse devient poissante. Si la flamme s’éteint après l’agitation , et s’il se dégage une fumée hrune, l’opération est terminée.

Haenle dit qu’une fabrique tant soit peu grande de sel ammoniac ou de nleii de Prusse , a besoin de 2 chaudières qui travaillent continuellement , et qui brûlent annuellement 2800 quintaux de corne ou 2000 quintaux d’os; les cornes donnent 1/0 de leur poids d’huile. Si on admet seulement i/5 , on produit 4oo quintaux d’huile , qui donnent 28 quintaux de charbon. Ceux-ci donnent 1262 livres de bleu de Prusse , qui, à 2 florins la livre, produisent 2264 florins, et donnent 1000 florins de gain. On voit par cela que l’utilisation des huiles animales n’est pas sans importance. En grand, la carbonisation peut se faire dans m a 0 o n n e e s , au-dessus desquelles on a établi une cheminée ; dans la cheminée se dépose un noir de fumée très-fin , qui peut être employé pour l’encre de Chine.

O11 avait prétendu obtenir du bleu de Prusse par le sulfate de fer et l’alun , et une lessive préparée avec le résidu fondu d’une partie de limaille de fer et 6 parties de salpêtre, un peu de soufre brut, et la quantité suffisante de poussière de charbon pour faire détonner le mélange.

Suie. Elle donne moins d’acide prussique que les matières animales , parce qu’elle contient peu d’azote; celle qui contient le plus d’ammoniaque est la meilleure. Dœbereîner obtenait du prussiate de potasse par le chauffage d’une partie de suie, 1 partie de potasse et 4 parties de chaux.

Champignons. Plusieurs espèces qui contiennent de l’azote peuvent être employées pour la préparation de la lessive de sang. (Goettling.)

Les champignons qui croissent sur les arbres lui don-

2lî COULEURS BLEUES,

naient par leur calcination avec égale partie de potasse , un joli bleu de Prusse; de vieux champignons de saule n’en donnaient pas ; les champignons odorans du saule en donnaient peu; les champignons du hêtre blanc un peu plus; le champignon de poirier peu; le champignon

jaune de terre et de sureau tres-peu.

Potasse . La pureté de la potasse est peu importante , pourvu qu’elle ne contienne que peu de sulfate ou de mu riate (1). Dans ce cas on cherche à éloigner ces matières en faisant dissoudre 5o livres de potasse dans 60 livres d’eau bouillante , et faisant refroidir la dissolution : ces sels se déposent en cristallisant, et on soutire la dissolution claire (1), que l’on évapore ensuite.

Haenle essaya d’employer de la chaux au lieu de potasse , et précipitait alors avec le muriate ou l’acétate ae fer. Mais il obtenait du bleu sale et en petite quantité.

Avant on prenait du sel de tartre obtenu par la détonnation du tartre et du salpêtre , mais la potasse revient ainsi beaucoup plus cher.

Sulfate de fer. Il est important que ce sel ne contienne pas de cuivre , parce que le métal donne une couleur brune au bleu de Prusse. Dans le cas où il en renfermerait , on l’éloignerait facilement en mettant des morceaux de fer dans la dissolution. Le sulfate de fer de Salzbourg et tous ceux qui contiennent du cuivre , sont alors moins propres que les autres à la préparation du bleu de Prusse. Quel-

(1) Le sulfate de potasse produit du sulfure qui précipite le fer en noir pâle.

(2) Pour économiser le combustible et rendre le mélange complet ; on peut quand la dissolution de potasse est évaporée à moitié , la mêler de suite avec le charbon et dessécher le mélange en remuant souvent.

BLEU DE PRUSSE. aï3

ques fabricans remploient calciné, et ajouteni à la dissolution un peu d’acide sulfurique; cela est avantageux, parce que dans le sulfate de fer récent, le fer est trop peu oxidé; d’autres recommandent d’oxider davantage le fer du sulfate en le faisant bouillir avec un peu d’acide nitrique. Une dissolution de fer au plus liant degré d’oxidation ne doit pas être employée , parce que la lessive de sang contient une grande quantité de prussiate de potasse qui, avec les dissolutions de fer très-oxidé, ne donnent pas de bleu de Prusse. Quand le sel de fer renferme du protoxide et du peroxide , l’acide se combine avec tous les deux , ou il se forme un oxide intermédiaire qui entre en combinaison. M. Berzélius considère le bleu de Prusse comme formé d’une combinaison d’acide prussique avec le peroxide et le protoxide de fer; mais MM. Robiquet et Porrett le considèrent comme une combinaison du même acide avec le peroxide de fer.

Nitrate de fer. Comme, dans ce sel, le fer est plus oxidé que dans le sulfate de fer , il donne aussitôt du bleu de Prusse. Il est préférable alors au sulfate de fer.

Alan . On peut prendre des aluns impurs très-chargés de fer.

Sulfate de magnésie. On peut, d’après Haenle, l’employer à la place de l’alun, parce qu’il est meilleur marché, quoique n’agissant pas aussi bien. On en prend autant que d’alun.

Eau. L’eau de pluie ou de rivière est préférable aux eaux de puits. Les eaux dures , à cause de la chaux qu’elles contiennent, ne donnent pas un bleu vif. Par l’exposition à Pair et au soleil , on peut les améliorer.

Le charbon de corne déjà employé peut être calciné de nouveau avec de la potasse , puis il fournit une lessive dont on peut encore extraire du bleu de Prusse. Haenle

3T4 couleurs bleues.

recommande sur 5o livres de potasse à la seconde fusion ^ 5 livres, et à la troisième 100 livres de charbon ; il ajoute chaque fois quelques livres de battitures de fer. Il obtenait aussi passablement de bleu des résidus de charbon animal deux fois employés , qui ne donnaient que peu de bleu par la première méthode , en les plongeant rouges dans de l’urine pourrie , les exposant à l’air, les lavant à l’eau chaude, et les traitant avec la potasse comme à 1 ordinaire. Il en obtenait aussi du charbon de bois traité de la même manière.

Les charbons animaux éteints rouges dans l’eau , donnaient également du bleu de Prusse. Il concluait de là que Pazote était combiné avec le charbon , mais trop solidement pour pouvoir former de 1 acide prussique. Par Fextinction dans l’eau , l’hydrogène de l’eau se combine avec le charbon, et l’acide prussique est produit. Le charbon azoté est très-difficile à décomposer, et cela vient de ce qu’il ne cède pas tout l’azote dans une seule opération.

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