‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 58 sur 115 · CINQUIÈME SECTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SECTION

Les couleurs vertes , qui sont si fréquentes dans le règne végétal , sont beaucoup plus rares dans le règne minéral. Il n'est qu’un seul métal qui offre cette couleur dans la plupart de ses combinaisons , c’est le cuivre. L’oxide de cuivre hydraté, le carbonate, l’acétate, l’oxalate, le ma late, le borate , le phosphate, le sous-sulfate, le séléniate, Parséniate et l’arsénite, l’antimoniate et l’antimonite , et le silicate de même base sont'verts (voyez le Ier volume). La plupart de ces combinaisons sont utilisées comme couleurs*

Parmi les autres combinaisons métalliques , celles qui présentent des couleurs vertes sont le protoxide de chrome, l’hydrate de nickel, le séléniate, l’arseniate et le sulfate de nickel , ainsi que leprussiate de titane (voyez le Ier volume ). L’oxide de chrome sera examiné plus loin.

Outre ces couleurs, on prépare des couleurs vertes parle mélange de couleurs bleues et jaunes. Tel est le vert de Rinmann et celui de Gellert, qui s’obtiennent par le mélange du bleu de cobalt et du blanc de zinc. Celui de Barth à Osnabrück, formé de couleur de laque jaune , de bleu de Prusse et d’argile (i) , mais ces couleurs vertes

(i) Il prescrivait de faire bouillir 3 parties de quercitron avec 4 parties d’alun, de filtrer la décoction, deprtcipiter par la potasse, et

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paraissent plus rarement dans le commerce , parce qu’il est plus avantageux de les faire au moment de s’en servir.

Les couleurs vertes de cuivre ont plusieurs noms différons , et comme maintenant peu de ces noms indiquent une couleur fixe, préparée de la même manière et ayant une même composition, nous allons d’abord donner quelques notions sur ces principales couleurs , et nous parlerons ensuite des différentes préparations.

Vert dJ Auersperger. Couleur verte, composée d’oxide de cuivre et de tartre; on l’obtient en formant une pâte avec du sous-carbonate de cuivre et 1/8 de tartre; chauffant , et grennant.

Vert Batave . Voyez vert de Friesisch.

Vert de montagne. Composé d’hydrate , d’oxide ou de sous-carbonate de cuivre, qui se trouve dans la nature, ou que Ton forme artificiellement.

Vert de Brunsvick. Couleur mise dans le commerce en 1764, par les frères Gravenhorst, de Brunsvick. Sa couleur /est d’un vert de mer ; il consiste en sous-carbonate de cuivre , craie ou chaux ( souvent aussi il contient de l’ammoniaque). Il est principalement estimé comme couleur à l’huile , et résiste mieux à l’air libre que dans les appartenons; il devient plus foncé (1) h

de mêler le précipité avec 2 parties de bleu de Prusse et avec 16 parties de terre de pipe exempte de chaux.

(1) Une couleur d’application formée avec 4 parties de vert de Brunswick et 5 parties de blanc de plomb, est dans le commencement très-pâle et d’une nuance plus bleue que verte , mais après 3 jours elle devient déjà d’un joli vert et augmente toujours en beauté. C’est un avantage qu’il a sur le vert-de-gris, dont la couleur n’est pas aussi solide. Si on prend moins que partie égale de blanc de plomb la couleur finit par devenir trop foncée.

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la lumière et à l’air, et a besoin d’une addition d’une quantité au moins aussi grande de blanc de plomb.

Perl de Brunsvick distillé. Couleur verte , mise dans le commerce, en 1771, par les frères Gravenhorst de Brunsvick; elle remplace le vert-de-gris. D’après Struve,

elle était formée de tartrate de cuivre. Elle n’est pas beaucoup en usage.

V ert de Brêmer. Voyez Bleu de Bremer.

Vert de hiixner , Couleur verte de cuivre.

Veit chimique . On vend sous ce nom en Autriche du vert de vessie purifié.

V ert de chrome . Voyez plus loin.

Vertd Eisleben. Très-belle couleur vert-gazon, préparée depuis 1825, à Eisleben , avec des sels de cuivre.

P en de Frise . Couleur préparée avec le sulfate de cuivre et le sel ammoniac. Elle a été préparée d’abord dans la Frise et était expédiée en grande quantité en Amérique et un peu en Allemagne. Maintenant elle est obtenue dans plusieurs fabriques de couleurs de la Hollande et de l’Allemagne.

P ert de Geller . Couleur verte préparée avec le cobalt et le zinc.

Terre verte . Voyez plus loin.

V ert-de-gris . Voyez plus loin.

Vert de Heckel . Couleur verte, formée de sous-carbonate de cuivre.

Fertde Jasz-nuger. Couleur verte, préparée d’abord par le professeur Jasznuger, à Vienne.

F ert d empereur . Nom devenu en usage à Vienne pour une couleur de cuivre qui peut être employée à l’huile et àl eau : elle parut aussi sous le nom de vert de Kirchherger, de vert de Vienne , vert nouveau. Eu 1822 , La Fon-

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taine et compagnie obtinrent une patente pour un perfectionnement dans la fabrication de cette couleur, dont la meilleure qualité était versée dans le commerce , sous le nom du vert de Jasznuger.

Vert de Kirchberger. On désigne ainsi une espèce fine

de vert de mittis.

Borate de cuivre. On a recommandé cette matière comme couleur verte à l’huile , à l’eau et pour émail.

Phosphate de cuivre . Chauffé avec des terres , ce sel leur donne une belle couleur verte.

Vert minéral. Sous ce nom on vend ordinairement le vert de Scheele , mais souvent on donne aussi ce nom à une matière préparée comme le vert de Brunsvick.

Vert de Mittis. Couleur verte à l’huile et à Beau , mise dans le commerce en 1814 , par M. de Mittis, de Vienne , qui, à cause de sa beauté, eut un grand débouché, et fut imitée sous différens noms. Le pur est de l’arséniate de cuivre , et s’obtient en précipitant de l’acétate ou du sulfate de cuivre par une dissolution bouillante d’arséniate de potasse obtenue par l’ébullition de l’arsenic blanc avec de la potasse , par le chauffage du précipité avec du tartre ou avec du sel marin, ou du sel ammoniac; par différentes additions on change la nuance à volonté.

Vert de molybdène. Voyez vol. Ier.

Vert nouveau. Sorte de vert de Mittis.

Vert de Rinmann. Couleur verte préparée avec du cobalt et du zinc.

Vert de vessie. Suc épaissi des baies de Nerprun. Couleur à l’eau. Voyez le I r volume pour sa préparation.

Vert de Scheele. Voyez plus bas.

Vert de Schveinfurt. Voyez plus bas.

Outre-mer vert. Voyez volume ï.

Vert de Vérone . Voyez terre verte. En Italie on désigne

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aussi Ï6 vert de Scheele sous le nom de vert de Vérone, ou de vert-de-vite.

Vert à laver. Amidon teint en vert par du bleu et du jaune, ou avec une teinture verte de gaude et d’indigo.

Vert de Vienne . Sorte de vert de Mîttis.

Cinabre vert . Couleur verte pâle , qui est parmi les verts ce qu’est le cinabre parmi les rouges. Elle est peu répandue.

COULEURS VERTES OBTENUES PAR LA PRÉCIPITATION DU SULFATE DE CUIVRE (i).

En décomposant les sels de cuivre par des sous-carbonates , il se précipite un hydrate de carbonate de cuivre , que l’on combine avec différentes substances (2).

On dissout le sulfate de cuivre dans 4 à 6 parties d’eau froide, ou dans 2 ou 5 d’eau chaude, et on ajoute à la dissolution le corps précipitant sec et en poudre , ou mieux en dissolution; on laisse reposer le précipité, on soutire la liqueur surnageante, on fait égoutter le précipité sur un filtre, on lave avec de l’eau froide ou chaude, et on laisse sécher.

Si on emploie à chaud du sous-carbonate de potasse, il se précipite un sous-carbonate de cuivre qui est d’un vert émeraude; si on travaille à froid, on obtient un

(1) Dans les lieux où l’on peut obtenir les acides muriatique et nitrique à bon marché, on peut remplacer le sulfate de cuivre par le nitrate ou le muriate. En général la préparation des couleurs vertes peut se faire de beaucoup de manières, il est possible d’utiliser pour cela plusieurs produits chimiques que l’on peut se procurera bas prix.

(2) Pour obtenir des couleurs d’un vert pur, il faut que le sulfate de cuivre soit exempt de fer. Il faut aussi observer que les cuves ne doivent pas elre de bois de chêne ( à moins qu’elles n’aient été lessivées par un long usage ), parce que le tannin qu’il renferme produit avec le fer une couleur noire, et avec le cuivre une couleur brune.

sous- carbonate bleu plus carbonaté que le vert. Par un chauffage doux, il devient également vert; par un chauffage plus fort, l’un et l’autre deviennent bruns.

Les procédés les plus avantageux sont les suivans ; i° Par la potasse caustique.

On dissout la potasse dans l’eau et on la rend caustique par la chaux; on verse de cette liqueur claire dans une dissolution de sulfate de cuivre jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité.

Le précipité est lavé à l’eau froide , et on fait sécher; il est vert-bleu élevé.

Si on lave à l’eau chaude, sa couleur devient vert-pâle.

Si on ajoute seulement très-peu de potasse , il se forme un précipité vert.

Si on humecte le précipité avec de Facide muriatique étendu ou une dissolution de tartre , sa couleur devient plus belle. Elle devient beaucoup plus belle encore, quand on le chauffe avec de l’eau et du tartre et un peu de sel ammoniac. Si on ajoute un peu de sel ammoniac à la dissolution , le précipité devient un peu plus vert; par le borax il devient plus bleuâtre.

2° Par ï ammoniaque.

Si on précipite par l’ammoniaque , on obtient également un beau précipité vert; en place d’ammoniaque pure , on peut prendre de l’urine pourrie à laquelle on ajoute un peu de chaux. 100 livres de sulfate de cuivre donnent, avec 260 livres d’esprit d’urine , 45 livres de précipité. Le sulfate d’ammoniaque qui reste dans la liqueur

étant cristallisé pèse 55 livres (1). Il peut servira humecter %

(i)En faisant bouillir la dissolution avec 5o livres de sel de cuisine , il se forme du sel ammoniac et du sulfate de soude. Le dernier cristallise en grande partie , et le premier peut être sépare' par sublimation.

des copeaux de cuivre afin de produire des couleurs vertes.

5° Par le sous-carbonate de potasse sans addition.

On vei se dans une dissolution de sulfate de cuivre chaude ou froide , une dissolution de sous-carbonate de soude ou de potasse jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité ( le vase doit être très-grand, à cause de l’effervescence). On soutire la liqueur (1), on lave et on fait sécher. Si on prend pour le lavage de l’eau froide, la matière est vertbleu et légère , si on prend de l’eau bouillante , et qu’on expose le précipité en couches minces à l’air, i! devient vert-pomme , plus grenu et plus lourd.

Dans l’un et l’autre cas, le cuivre est plus ou moins saturé avec l’acide carbonique. On peut l’employer comme le vert de Brunsvick auquel il ressemble. Mêlé avec le blanc de plomb , il donne une belle couleur à l’huile, mais qui, avec le temps, devient plus foncée qu’avec le vert de Brunsvick.

Sur 4 livres de sulfate de cuivre , 2 à 5 livres de potasse suffisent (2). Plus on prend de «potasse , plus elle est carbonatée, et plus le cuivre contient d’acide carbonique et plus il est lourd. 100 parties de cuivre dissous dans les acides donnent 180 parties de sous-carbonate de cuivre, renfermant 12b d’oxide.

100 parties de sulfate de cuivre donnent à peu près 70 parties de précipité.

Si on précipite une forte dissolution de sulfate de cuivre bouillante par une dissolution de potasse , et que l’on accélère la précipitation , pour que la liqueur ne se refroi-

(0 Elle contient du sulfate de soude ou de potasse que l’on peut recueillir par l’évaporation.

(2) fî faut 3 parties de potasse d’Amérique sur 6 de sulfate.

2g0 couléurs vertes.

disse pas , et que l’acide carbonique se dégage en grande partie, on obtient une matière verte qui le cède peu à celui de Scheeîe.

Si on ajoute de la potasse en excès , et que l’on laisse un certain temps la liqueur sur le précipité , sa couleur devient plus verte.

Si on verse la dissolution de sulfate dans celle de potasse, d’après Hoffmann , la couleur du précipité est plus bleuâtre. J’ai observé le même phénomène quand la potasse est employée en excès.

Avec addition d'alan . Si on ajoute de l’alun à la dissolution de sulfate de cuivre (partie égale ou moins), et qu’on précipite avec de la potasse , on obtient un précipité formé d’alumine et de sous-carbonate de cuivre , qui comme couleur à l’eau couvre davantage , et qui peut être employée à l’huile. D’après Hoffman, il n'est pas plus pâle que celui qui provient du sulfate de cuivre pur (i) ; il est plus beau et plus moelleux, seulement il ne faut pas presser la précipitation.

Avec addition de sels de chaux. Si on remplace l’alun par du muriate de chaux, il se précipite du plâtre, qui , quand on verse la dissolution de potasse , se mêle avec le sous-carbonate de cuivre , et donne également une couleur plus couvrante, mais un peu plus pâle.

Avec addition de sulfate de magnésie . Si on ajoute à une partie de sulfate de cuivre, une partie de sulfate de magnésie, et que l’on précipite par la potasse , on obtient une couleur plus bleue, et qui a une teinte plus vive.

Avec addition de sulfate de zinc. En ajoutant du sulfate de zinc au sulfate de cuivre i/5 à 1/4 , on obtient un pré-

(1) îi employait une partie d’alun sur deux de sulfate de cuivre.

COULEURS VERTES, a8x

cipité de sous-carbonate de cuivre et de zinc , la couleur couvre assez.

Avec addition d' acétate de plomb . Si on remplace le sulfate de zinc par l’acétate de plomb , on obtient une couleur vert-bleu moelleuse, mais qui est trop chère pour l’usage ordinaire.

Avec addition de sel ammoniac. On dissout 5 parties de potasse et 2 de sel ammoniac dans de l’eau; on filtre et on verse dans une dissolution de sulfate de cuivre ; le précipité lavé et séché consiste en carbonate et ammoniure de cuivre ; il est d’un vert pâle vif, et donne une couleur que l’on peut employer à l’huile (d’après Nemnich, c’est ainsi que se préparait en Hollande le vert de Frise).

4° Par la chaux.

Avec eau de chaux . On ajoute de l’eau de chaux limpide à une dissolution de sulfate de cuivre , jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Ce dernier est formé d’oxide de cuivre et de plâtre (le plâtre 11e se trouve qu’en petite quantité dans la liqueur, parce qu’il reste dissous dans l’eau , le plâtre étant plus soluble que la chaux. Par le lavage , la couleur peut être obtenue entièrement libre de plâtre). Le précipité est d’un beau vert, mais on prétend qu’employé à l’huile il résiste peu à la lumière solaire.

Par ce procédé , il faut beaucoup d’eau , parce que 280 parties d’eau de chaux précipitent seulement l’oxide d’une partie du sulfate de cuivre, mais on obtient une couleur très-fine.

La couleur devient beaucoup plus belle , quand on ajoute au sulfate de cuivre 1/6 de sulfate de zinc (Hoffmann).

Avec du lait de chaux. On verse du lait de chaux dans la dissolution de cuivre (l’agitation doit être continue, afin de faciliter l’action).

Le précipité est vert-bleu , et consiste en hydrate d’oxide et plâtre. Il couvre bien , mais n’a pas une couleur trèsbelle. Si on avait pris trop de chaux , il contiendrait de la chaux en excès , et serait plus bleu.

Si la couleur doit être plus foncée , il faut seulement précipiter une partie avec du lait de chaux, et le reste avec une dissolution de potasse. On peut alors prendre sur 4 parties de sulfate seulement une partie de chaux vive, et autant de dissolution de potasse qu’il en faut.

Si on verse dans une pâte liquide de chaux du sulfate de cuivre, on obtient un bleu pâle (1) (bleu de chaux) , et quand on ajoute i/5 de sulfate de fer à la dissolution de cuivre, il se forme une pâte bleu-verdâtre. On peut aussi moudre ensemble de la chaux et du sulfate de cuivre , l’humecter , moudre , et exposer à l’air.

On peut prendre à la place du sulfate de cuivre , du nitrate , du muriate , de l’acétate ou du tartrate, mais la couleur devient alors plus chère.

Les couleurs obtenues par ces procédés peuvent être employées à l’eau et au lait, moins bien à l’huile.

Avec addition de sel marin . On dissout égales parties de sulfate de cuivre et de sel marin dans de l’eau bouillante , et on précipite la dissolution par de l’eau de chaux ou du lait de chaux. Dans le premier cas , il se forme un précipité cristallisable d’un joli vert , dont la nuance varie suivant la durée du bouillage.

Struve chercha à produire ainsi du vert de Brunswick.

(i) Hoffmann donne pour indication que l’on a versé suffisamment de sel quand il ne se forme plus de pellicule à la surface.

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Il prenait moins de chaux qu’il n’en fallait pour saturer; il obtenait alors de l’oxide de cuivre exempt de chaux , tandis que dans la liqueur se trouvait du muriate de chaux et du sulfate de soude (i).

Avec addition de tartre . On dissout parties égales de crème de tartre et de chaux dans de l’eau; on filtre la dissolution , on y ajoute la moitié de la dissolution de sulfate de cuivre, en remuant. On obtient une jolie couleur semblable au vert-de-gris ou au vert de Brunswick distillé.

Avec addition d'alan. On dissout 10 parties de sulfate de cuivre , et i partie d’alun (l’un et l’autre exempt de fer) (2) dans de l’eau (120 cannes) , et on verse peu à peu , goutte à goutte (3) de l’eau de chaux fraîchement préparée (5o à 60 seaux contenant 10 livres de chaux) , et remuant jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Quand le précipité vert bleuâtre s’est déposé, on enlève la liqueur surnageante (dissolution de plâtre); on lave le précipité quand on veut enlever tout le plâtre, et on fait sécher.

(1) Par l’addition du muriate de soude au sulfate de cuivre il se forme une double décomposition; d’où resuite du sulfate de soude et du muriate de cuivre : la chaux ajoute'e décompose seulement le dernier; il se précipite de l’oxide de cuivre tandis que le muriate de chaux reste en dissolution.

(2) Si l’un et l’autre contiennent du fer on expose la dissolution quelques jours à l’air, le fer se précipite à l’état de sous-sulfate que l’on sépare par filtration.

(3) On peut aussi le laisser couler d’un tonneau plus élevé par un robinet. Le versement lent a pour objet de produire le précipité lentement afin qu’il n’entraîne ni plâtre ni chaux; mais comme cela porte plus d’avantage que de préjudice il vaut mieux verser rapidement. J. -Ch. Hoffmann, qui a donné la recette précédente, fait la précipitation en 5 jours.

La couleur ainsi obtenue est d’un vert bleuâtre , couvre bien , et peut servir à l’eau et à l’huile. Dans le dernier cas, elle supporte moitié de blanc de plomb.

Si elle doit devenir plus bleue, on dissout le sulfate de cuivre dans 2 à 3 fois plus d’eau.

Si elle doit être plus verte, on ajoute un peu de sulfate de fer, ou à la fin un peu de stil-de-grain.

De 10 livres de sulfate de cuivre, et 1 livre d’alun, on obtient 5 livres de couleur ; sans alun , la couleur ne vient pas aussi belle.

5° Par du sous-carbonate de chaux .

On dissout 1 partie de sulfate de cuivre dans 4 parties d’eau bouillante , et on y délaie 3/4 de partie de craie fine décantée; on abandonne le mélange en le remuant souvent; on lave le précipité, et on fait sécher.

La couleur est vert pâle; elle devient plus verte à l’air, et consiste en sous-carbonate de cuivre, plâtre, et un peu de craie, quand on en a pris plus que l’acide n’en peut saturer.

6° Par la magnésie .

On ajoute du sous-carbonate de magnésie (1), jusqu’à ce que tout l’oxide soit précipité. La magnésie reste en dissolution; en évaporant la liqueur, on peut recueillir le sulfate de magnésie : alors la même quantité de magnésie peut servir long-temps.

Le précipité est du sous-carbonate de cuivre très-vif, et bien couvrant.

(1) On peut l’obtenir en précipitant le sulfate de magnésie par la potasse ou l’eau de chaux. Dans le premier cas il reste du sulfate de potasse dans la liqueur, dans le second du plâtre.

Si on ajoute plus tard de la potasse ou de l’esprit d’urine, on peut précipiter plus ou moins la magnésie, et obtenir différentes nuances. On peut prendre 100 livres de sulfate de cuivre , 5o livres de sous-carbonate de magnésie, et plus tard 4o livres de potasse ou autant d’esprit d’urine qu’il est nécessaire.

70 Par la barite .

Si on pouvait se procurer à bon marché de îa barite pure, ou du sous-carbonate de barite, on pourrait séparer Poxide pur ou le sous -carbonate de cuivre en combinaison avec le sulfate de barite. On obtiendrait une couleur lourde d’un beau vert, et assez couvrante.

8° Par le silicate de potasse .

On ajoute du silicate de potasse aussi long-temps qu’il se forme un précipité. Il consiste en oxide de cuivre et silice; cette matière est principalement utile comme couleur d’émail.

9° Par V oxide de zinc .

Si on précipite du sulfate de cuivre avec de l’oxide ou du sous-carbonate de zinc , il se forme une belle couleur verte , tandis que l’oxide de zinc se dissout dans l’acide sulfurique. (L’oxide de zinc peut ensuite être précipité par un alcali ; si on emploie de la chaux , le précipité contient un peu de plâtre; il ne précipite alors le cuivre que lentement quand on ne chauffe pas.)

io° Par l’ acétate de plomb .

On pulvérise 2 parties de sulfate de cuivre avec i partie d’acétate de plomb dans un mortier de cuivre ou de pierre;

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on ajoute de l’eau de temps en temps ; on remue la pâte épaisse ; on fait bouillir dans une chaudière de cuivre en remuant.

Quand la décomposition des deux sels est complète , on fait sécher à l’ombre. Il est formé d’un mélange d’acétate de cuivre et de sulfate de plomb.

il0 Par V acétate de chaux .

Ori prend une partie d’acétate de chaux sur 2 parties de sulfate de cuivre , et on procède comme précédemment. La couleur est un peu plus pâle , et ne couvre pas aussi bien; elle consiste en plâtre et acétate de cuivre.

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