PRÉPARATION DES COULEURS DE SUC
Oiî entend par couleurs de soc des décoctions réduites de matières végétales ou animales , mêlées avec des corps bans de manière qu’elles puissent être employées pour la peinture à 1 eau. On les met ordinairement dans de petits vases , ou des coquilles dans lesquelles on les laisse complètement sécher.
La préparation consiste simplement à ajouter aux couleurs ou décoctions, de la gomme, ou une décoction de malt, à les mettre dans des vases plais, où on les laisse complètement sécher.
Pour les corps bans, il faut avoir soin de ne pas les ajouter en trop grande quantité, afin qu’ils ne rendent pas la couleur trop visqueuse , parce que le séchage est lent, que la poussière s’y attache ; il faut aussi que le coips additionnel ne soit pas trop cassant , parce qu alors la couleur se dissoudrait facilement, et pourrait se séparer du papier , le sucre en exces produit facilement le pre~ mier inconvénient , et un excès de gomme le dernier. Pour la plupart des couleurs , on peut employer une décoction de malt; cette matière est préférable à fa gomme et au sucre ( i ).
U) Prenù une poignée de malt écrasé que Fon fait bouillir une heure dans une pinte d’eau - on filtre et on évapore à un feu doux jusqu à consistance du miel, et. dans une étuve jusqu’à ce qu’il ne
39o préparation
Aux décoctions des matières végétales et animales on ajoute, pour avoir des nuances variées, de l’alun, du tartre ou du sel d’alun , cependant en petite quantité , parce que ces matières altèrent le papier ou les autres couleurs. Du reste , on peut employer toutes celles qui sont indiquées dans le Ier volume.
Pour le jaune, on prend une décoction de graine d’Avignon , à laquelle on ajoute de l’alun et du tartre , ou de la potasse pour obtenir une nuance plus foncce, du curcuma , de la gomme-gutte , du safran , etc.
Pour le rouge , cochenille avec tartre , carmin , carthame, bois de fernambouc avec alun et tartre; l’orgeille, la laque de garance, etc.
Pour le bleu, du bois bleu, la mirtyle, le tournesol, etc.
Pour le vert , le vert de vessie , le vert de café , etc.
Pour le brun , le sucre brûlé , une décoction de suie et de lessive, le suc de réglisse, le brou de noix, le café brûlé , etc.
Les couleurs de coquilles ordinaires se préparent en broyant des couleurs terreuses ou métalliques avec de l’eau de gomme ou de malt.
Nuremberg livre au commerce un grand nombre de ces couleurs, et à un prix si modéré que nulle part on ne pourrait les obtenir à si bon marché.