CHAPITRE u. aSg
enlre la phosphorescence et UincancTescence; aussi passe-ton souvent de Tune à l'autre par des nuances insensibles. De tous ces faits, qui sont très-nombreux, nous ne pouvons en tirer encore aucune conséquence; nous devons donc les considérer seulement comme des vérités que nous enregistrons, en attendant qu'on puisse les enchaîner par une loi.
§ IL Expériences de M. Th. de Saussure sur la phosphorescence de quelques composés à base de chaux par la chaleur,
1673. M*. Th. de Saussure a fait quelques expériences dans le but de montrer l'influence qu'exercent sur la phosphorescence des pierres calcaires l'acide étranger qui s'y trouve urii , et diverses bases inorganiques.
Toutes les pierres calcaires douées de la phosphores* cence, et qui ont été soumises à l'expérience par ce chimiste distingué, donnent, lorsqu'elles ont été traitées convenablement avec de l'eau distillée, des signes de la présence des acides sulfurique et hydrochlorique.
Comme ce dernier acide paraît être la cause de la phosphorescence d'un très-grand nombre de pierres calcaire^, M. T. de Saussure l'a choisi pour but de ses recherches. Suivant lui , les combinaisons de la chaux avec l'acide hydrochlorique ne donnent jamais de lumière sur un fer rouge, lorsque les deux substances sont parfaitement pures. Il en est de même du carbonate de chaux, que l'on obtient à la surface de l'eau de chaux 9 ou de certains spaths d'Islande parfaitement l^lancs et transparents.
Cet habile chimiste a fait dissoudre jusqu*à saturation une certaine quantité de calcaire dans de l'acide hydrochlorique pur. Cette dissolution filtrée a laissé par l'évaporation, dans une capsule de verre, un résidu blanc et friable qui n'était point phosphorescent, non plus que le résidu de la dissolution hydrochlorique faite avec un
a 7 ^ DELA PHOSPH. DE LA GULOROPH. PAR LA GH AL., ETC.
niques toutes les fois que leurs molécules éprouvent dos cliangements claus leur compositiou chimique ou dans leur mode d'agrégation, phénomènes qui sont accompagnés d'un dégagement des deux électricités dans les espaces moléculaires , et de leur recomposition immédiate avec production de lumière.
^ III. De la phosphorescence de la chlorophane parla chaleur et la lumière , et de la théorie de la phosphoresùence de Grothuss,
1674. On doit à Grothuss (i) un grand nombre d'expériences sur la phosphorescence de- la chlorophane, dont je vais faire connaître les principaux résultats. La variété de spath-fluor connue sous le nom de chlorophane, et vue par réflexion ou par réfraction , présente la même couleur. En outre, elle ne décrépite pas sur la pelle rouge comme les fluors ordinaires. Comme eux, cependant, elle se décolore et répand en outre une lueur d'une couleur vert émeraude très-belle.
En se refroidissant, elle revient peu à peu à son état primitif; chauffée et portée dans l'obscurité , elle émet de nouveau la couleur vert émeraude, qui semble sortir de son intérieur; mais cet effet ne se produit pas indéfiniment, car si on la soumet pendant longtemps à l'action de la chaleur, elle devient limpide, et ne reprcnj plus sa couleur en refroidissant. Dans ce cas, la phosphorescence disparaît sans retour.
La chlorophane qui reste pendant longtemps , un mois par exemple, dans l'obscurité, devient phosphorescente par la chaleur seule de la main.
Si, après l'avoir exposée pendant quelques minutes àla lumière solaire, ou à celle d'une bougie, on la porte dans l'obscurité, elle est lumineuse et conserve cette faculté pendant plusieurs semaines; quand elle a cessé d!être lumineuse, on la ranime en élevant la tempéra-
(i) Journal de Schweiger, tom. xiv, p. i34.
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ture (le 35 à /jo", soil à l'air libre, soit en la plongeant dans (le l'eau convenaliletiient échauffée.
Grolluiss a reconmi que la [iliosplioiescence de la clilorophanc dure incomparablement plus longtemps que celle du phosphore de Canton le mieux préparé.
Il est difficile d'élablir uiieconiparnison enlrecps deux, pyi'ophores, attendu qu'il existe des cldoropbanes et des phosphores de Canlon qui brillent n des degrés très-différents. Grotbuss ne pent citer là qu'un fait particulier, qui np peut conduire à aucune conséquence.
On voit , par une des expériences précédentes, comme je l'avais déjà démunlié, que la lumière des substances phosphorescentes, alors même qu'elle n'est plus sensible à l'œil, peut continuer à s'échapper inaperçue, et que l'on , arrive à une période où il faut une température plus élevée que celle de la main pour la ranimer.
J675. Voici de quelle manière Grolbuss a reconnu que l'abaissement de température est favorable à la production de la phosphorescence. Ayant exposé quelques morceaux de chloropliaue à une température de a5° à l'air libre, illes porta ensuite dans tuiecltambre obscure, dont la température était de 6 5 8"; tous les morceaux répandirent aussitôt une lumière verte très-remarquable; au bout de deux heures, cet éclat n'était pas encore complètement disparu.
D'autres morceaux, également bien choisis, furent soumis à une température de aS à So", puis portés dans l'obscurité, à la température de 10°. La phosphorescence fut beaucoup plus faible que dans Je premier cas, et cessa également plus tôt.
D'autres substances phosphorescentes ayant produit les mêmes effets , il en conclut que le froid augmente le pouvoir phosphorescent, tandis que la chaleur, au contraire, exalte leur pouvoir émissif et diminue leur pouvoir absorbant.
1676. Voici , au surphis, sa manière de voir sur la production de la phosphorescence. La lumière solaire en tombant sur la surface des corps, et se trouvant pta- L VI. !«/>«/■/«;. 18
^74 BKLA PHOSPH. DE Lk GHLOROPH. PARLA€HAL., ETC.
cée dans la sphère d activité des pôles des molécules , est décomposée en ses deux éléments , rélectricité positive et 1 électricité négative. La réunion subséquente et continue de CCS deux électricités séparées est la cause de la phosphorescence. La lumière, suivant lui, serait donc, comme le pensent la plupart des électro-chimistes, formée de la réunion des deux électricités.
Au moyen de cette hypothèse , il explique pourquoi un métal et un liquide conducteur ne peuvent devenir phosphorescents. La clialeur, dit-il, en se répandant dans un corps, écarte ses particules et rend, par là,
{)lus faible laction qu'exercent les pôles des molécules sur a lumière. La décomposition de la lumière en ses deux principes constituants, les deux électricités, et leur recoipposition , seront par cela même incomparablement plus faibles ; de sorte que la phosphorescence perdra beaucoup de son intensité et de sa durée. Je dois ajouter, pour l'intelligence de ce que je viens de dire, que Grothuss considère la chaleur et la lumière comme deux principes essentiellement distincts.
Cette théorie peut servir, à la vérité, à interpréter pourquoi un corps lumineux par insolation perd une partie de cette faculté par l'élévation de température, mais elle nous laisse tout à fait ignorer pour- quelle raison la chaleur, indépendamment de la lumière, produit de la phosphorescence; il faut nécessaîretnent admettre, comme je l'ai fait, que la phosphorescence est due à la recomposition des deux électricités àevenues libres par la dilatation des molécules. Sans se prononcer sur la nature de la chaleur et de la lumièi^efCt sur leurs rapports réciproques, comme Grothuss, on peut attribuer une origine électrique aux phénomènes de phosphorescence, en s'appuyant, comme moi, sur des bases incontestables, c'est-à-dire, sur l'existence de l'électricité qui est associée aux atomes dans leur combinaison ainsi qu'aux particules qui en résultent. Dès l'instant que ces atomes ou ces particules deviennent libres 9 il y a <légagement des deux ëleotricités^ qui feu-