CHAPITRE II. a
vent produire de la lumière, si leur tension est suffisante.
Quoi qu'il en soit, la théorie de Grothuss est ingénieuse, et elle renferme le germe de la véritable explication des faits. Le même physicien s'ctant occupé aussi de l'influence qu'exerce l'eau hygrométrique sur la phosphorescence, a été conduit aux conséquences suivantes. La phosphorescencjB est proportionnelle à la siccité des corps et en raison inverse de leur humidité. Par exemple, le papier desséché à une haute température, comme Beccari Ta prouvé, devient très-phosphorescent, tandis que la phosphorescence disparaît en humectant le papier à l'aide d'un pinceau. Dans ce cas, l'effet étant électrique ne peut être cité en faveur de l'opinion de Grothuss. Il avoue cependant que , dans certains cas, la présence de l'eau détermine ou excite la phosphorescence, parce qu'en augmentant probablement son pouvoir conducteur, elle facilite la réunion des deux électricités séparées : nous sommes parfaitement de son aVis en cela. On observe particulièrement un effet de ce genre dans le phosphore de Canton et dans les bases terreuses, comme je l'ai dit précédemment. Il peut se &ire aussi que l'eau, dans cette circonstance, réagisse chimiquement.
Dès lors, suivant Grothuss, puisque tous les corps, à Texception des métaux et des liquides, possèdent la propriété d'absorber la lumière et de maintenir séparées, pendant un temps plus ou moins long, les deux électricités dont elle se compose, il est naturel d'attribuer la phosphorescence produite par le choc ou la chaleur au-dessous de la température rouge, à la lumière primitivement absorbée par ces corps.
Grothuss combat l'opinion de Dessaignes , qui a avancé que la présence de l'eau de cristallisation était nécessaire à la phosphorescence. Tout me porte à croire que si certaines substances soumises à une température très-élevée cessent d'être phosphorescentes, cet effet doit provenir de ce que leur état moléculaire est changé, et non de ce qu'elles perdent leur eau de cristallisation^ puisqu'on leur
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rend la faculté phosphorique à Taîcle de Télectricité , qui ne peut leur restituer Teau de cristallisation qu'elles ont perdue.
Il pense que ta lumière qu'émettent les corps, lorsque leur température est très-élevée,estdue moins à Taccumulation de la chaleur , qu'à la séparation et à la réunion successive des électricités que dégagent les molécules lors de la rupture de leur équilibre par l'efFet de 1 élévation de température.
1677. Toujours préoccupé de l'idée que les corps absorbent de la lumière,ce physicien pensait qu'il pourrait bien se faire que les corps devenus lumineux par l'élévatioD de température, absorbassent, au moment du refroidissement, une partie de la lumière émise; ce qui expliquerait pourquoi , dans le choc ou le frottement, le maximum de phosphorescence aurait lieu à la température rouge.
Dans tous les cas, suivant lui, le choc ou le frottement ne parait déterminer la phosphorescence qu'en élevant la température, qui, à son tour, favorise la réuhion des deux électricités. Il cite en faveur de son opinion, ce ' fait , que le choc et le frottement ne déterminent pas la phosphorescence quand on opère sur certains corps à une température très -basse, par exemple, à ao^ audessous de zéro.
Certes , tsette expérieni^e est intéressante, mais nullement concluante ; car il existe des corps , comme 4e cris* tal de roche , qui sont éminemment phosphorescents par le frottement mutuel de deux morceaux semblables, même à une température au-dessous de zéro, et qui ne produisent aucun effet , ou des effets peu marqués, quand on exerce le frottement avec un autre corps. En outre, le cristal de roche n'est pas phosphorescent par élévation de température, si l'on compare les effets produits à ceux que Ton obtient dans le frottement.
Grotluiss fait observer avec raison que la lumière phosphorique dégagée par le choc ou le frottement, ressemble beaucoup plus à la lumière électrique qu'à la