CRISTALLISATION
1680. On sait que clans le clivage des substances cristallisées, il y, a production d'effets électriques et d'effets lumineux. L'origine électrique de ces derniers ne saurait être ici mise on doute. Le clivage est une action qui détruit l'attraction moléculaire; il doit donc mettre en liberté les électricités qui président à cette attraction, et par suite produire des effets lumineux. C'est ainsi que la percussion dans le feldspath adulaire et la chaleur appliquée à un grand nombre de corps produisent la phosphorescence, par cela même qu'il s'opère un clivage momentané entre toutes les particules, d'où résulte entre elles, un dégagement d'électricité, et par suite wn phénomène de phosphorescence. Les phénomènes de cris' tallisation produisent des effets analogues.
M. Roze a observé, pendant la formation des cristaux d'acide arsénicux, une émission de lumière qui se rattache aux phénomènes qui nous occupent. Ayant pris 8 ou 10 grammes d'acide arsénieux transparent et vitreux avec 45 grammes d'acide hydro-chlorique non fumant et de force ordinaire, mélangé avec i5 grammes d'eau, il fit bouillir le tout pendant un quart d'heUre, et laissa refroidir ce mélange aussi lentement que possible, en diminuant graduellement la flamme de la lampe à al-
ciuriTnK m. 3Sf
cool. Il vît, se trouvjiDt alors dans l'olisfurîti', que la cristallisîitioii était accompagnée «l'une fortu éinissioti de lumière; cliaque cristal donimit lieu à nue étincelle. En agitant le vase, il se forma un grand nombre de cristaux, et la lueur pliospliorique augmenta d'autant. En opérant avec 3u à 45 grammes d'acide arsénieux , et agitant le vase à l'instant de la cristallisation , l'émission de Inniièie était si considénible, que la chambre obscure elail illuminée. Ce phénomène dura plusieurs jours , mais en diminuant toujours d'intensité , et ne cessa que lorsqu'il ne se forma plus de cristaux d'acide arsénieux.
Quand le refroidissement de l'acide hydro-chlorique est rapide, on n'obtient qu'une très-faible lueur ou aucune.
1681. Les autres acides, tels que les acides acétique let nitrique, qui ne dissolvent qu'une très-petite quantité d'acide arsénieux , ne présentent les apparences huiii- :tlouses qu'à un très-faible degré. L'acide sulfurique ne laisse également apercevoir que de faibles traces de lumière.
En traitant ttnc grande partie d'acide arsénieux transp arent avec de l'eau régale ne renfermant pas un excès d'aeide iiydro-chlorlquc et en quantité suffisante pour De pas le dissoudre couiplcteinent et le transformer en KL'ide arsénique, on observe encore une forte émission (le lumière.
Le sulfate de potasse produit un effet semblable, comme le dit M. Berzélius; mais il paraît que cet effet n'a jamais lieu, quand on fait cristalliser du sulfate de
K)olasse pur : on l'observe seulement dans les résidus, du a fabrication de l'acide nitrique. Ces résidus l'enferment du sesqui-sulfate do potasse soluble dans l'eau, lequel, suivant Philips, se décompose dans l'acte de ta cristallisation en bi-sulfate et en sulfate neutre de potasse.
D'un autre côté, on sait que l'acide arsénieux est vitreux ou opaque. Cet acide, après avoir été fondu, est