CHAPITRE IV
DE LA PHOSPHORESCENCE [PRODUITE PAE UL LIJlIlèRE
lÊLECTElQVE.
§ I**. De quelques propriétés relatives au pomm s phosphorescent de la lumière électrique.
i683. La phosphorescence est la propriété quVcquièrent passagèrement la plupart des corps, de devenir lumineux par raction de la chaleur, de la lumière directe ou diffuse du soleil, du frottement, du choc, de ia compression , des décharges électriques ou des affinités; la durée, la couleur et l'intensité de la lumière émise dépendent de la nature des corps, de l'état de leurs surfaces, et de l'énergie avec laquelle agit la cause productrice. La ressemblance de cette lumière avec celle qui se manifeste dans le dégagement de l'électricité est si frappante, particulièrement sous le rapport des diverses nuances qu'elle présente, que les physiciens du siècle dernier pensèrent qu'elle avait une origine semblable; mais la science n'était pas alors assez avancée pour qu'ils pussent donner une théorie satisfaisante de ce phénomène.
Il est maintenant parfaitement démontré que l'équilibre du principe électrique est troublé dans les corps toutes les fois que leurs parties constituantes éprouvent un changement quelconque, soit dans leur position naturelle d'équilibre, soit dans leur combinaison. Or, ce
[Bout là précisément les cauics cgiù produisent la phos- Ipliorescence; d'un autre côté, la lumière phosphontpie
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s aussi variées c{ue celles f\\ia présente
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et clai
semblables. Ce double t
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iircoiistances liement nlité entre ces deux
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de départ pour établir l'uli ^ mières.
^L Je n'ai nullement l'intetition d'exposer ici les effets ^■ars diverses causes signalées plus haut, puisque je me ^f suis sufflsamineut étendu à cet égard dans le IV' vol.; " je désire seulement montrer comment agit la lumière électrique pour développer celte propriété, et prouver eji même temps que cette lumière renferme une radiation particulière différente des autres radiations connues, et ■gui est la cause immédiate de ta phosphorescence.
i684- Jusque dans ces derniers temps, on ne s'est
bccupé de la phosphorescence que pour rechercher toutes
s causesqui peuvent la développer. On sentait cependant
Bepuis longtemps la nécessité de coordonner ensemble les
s observés, afin de les comprendre tous dans une ex-
ssion générale qui permît de les classer et de montrer
Ku même temps le lien qui les unit. C'est le but que je
Me suis proposé dans un travail assez étendu que j'ai
1 riionneur de préseiilcr h l'Académie il y a quelques
g|nnccs.
En préparant tout récemment le cours de physique appliquée à l'histoire naturelle, dont je suis chargé au JtTardin des Piaules , j'ai eu occasion de reprendre celte question eii ce c|ui concerne particulièrement la faculté que possèdent les décharges électriques, de rendre phosphorescentes certaines substances qui sont exposées à leur g^iutton.
Je reviendrai encore, avant de rapporter les résultats Buxquels je suis parvenu, sui' les idées théoriques qui ■ifn'ont servi de guide jusqu'ici dans les recherches que j'ai faites sur la phosplion'sccnce.
Il est parfaitement démontré aujourd'hui que le dégagement de l'cleclricité a lieu dans les corps toutes les
a86 DB QUELQ. PROPR. RELAT. AU POUV. PHOSPH., ETC.
fois que leurs particules éprouvent un dérangement quelconque, soit clans leur constitution , soit dans leur groupement, ou bien lorsqu'elles sont décomposées. Si ces particules ne sont pas séparées, il y a recomposition plus ou moins immédiate des deux fluides dégagés , laquelle
feut produire, selon la nature des corps et la tension de électricité, delà lumière et de la chaleur. C'est ainsi que, lorsqueces particules sont ébranlées par la percussion, le frottement, la chaleur, la lumière, ou décomposées par l'action chimique ou le choc électrique, il peut y avoir émission de lumière par la recomposition des deux électricités, surtout si les corps auxquels elles appartiennent sont de mauvais conducteurs; mais comme ces causes sont précisément celles qui produisent la phosphorescence, on est en droit d'admettre l'identité entre la lumière électrique et la lumière de la phosphorescence, et d'autant plus que les apparences lumineuses sont sensible- . ment les mêmes dans les deux cas, et que tous les corps bons conducteurs de l'électricité' (ceux dans lesquels les phénomènes électriques produits par des actions mécaniques sont rarement accompagnésd'émission de lumière), sont aussi ceux qui sont dépourvus de phosphorescence.
D*un autre côté , on sait que le spectre solaire estcomposé de parties qui possèdent, les unes la facidt^ calorifique, les autres la faculté chimique. La plus fort chaleur se trouve sur le rouge et dans les environs tandis que les autres teintes possèdent des température qui vont en décroissant jusqu'au violet. Cette distributio calorifique existe encore dans la série des mêmes rayon s colorés obtenus par le passage d'un faisceau de lumière dans des matières colorantes.
M. Seebeck a reconnu en outre c[ue le maximum cle température du spectre solaire change de place avec la com,position chimique de la substance dont le prisme est formé. Ainsi , en employant un prisme de crownglass, le plus haut degré de chaleur passe sur l'orangé. Avec un prisme rempli d'acide sulfuriquc, il est trans- , porté sur je jaune; avec des prismes, de flint-glass, le