CHAPITRE IV
jnaximum passe dans l'espace obscur, tout près de la dernière bande rouge du spectre.
M. Mellonî a observé en outre que dans le spectre formé avec un prisme de sel gemme, le maximum de chaleur se trouve beaucgup au delà du rouge , que ce maximum même marche du violet au rouge, et même au delà lorsque la matière du prisme étant non cristallisée, est de plus en plus réfringente ou de plus en plus diathermane. Le même physicien est parvenu aussi à enlever à un faisceau de lumière blanc ses propriétés calorifiques, et à montrer que la faculté que possèdent les corps de se laisser traverser par la chaleur rayonnante, ï^a, aucun rapport avec leur degré de transparence, puisque la chaleur du soufre liquide, d'un rouge brun assez foncé, transmet plus de rayons calorifiques que les huiler de noix, d'olive, qui ont une teinte beaucoup plus claire. Des corps solides très-diaphanes, tels que la chaux sulfatée, l'acide citrique et autres, laissent passer moiiis de chaleur que d'autres corps colorés ou translucides, tels que l'agate, la tourmaline, le quartz enfumé, etc. Il résulte de là que la faculté de transmettre les rayons de chaleur est, dans ces différents cas, en sens contraire de la faculté de transmettre les rayons de lumière. Quant aux rayons violets du spectre, ils possèdent des propriétés chimiques dont les autres rayons sont plus ou moins privés ; ces propriétés ont beaucoup d'intensité dans les rayons violets et ceux qui lesavoisinent, tandis qu'elles paraissent nulles dans les rayons rouges, orangés et jaunes.
. i685. Revenons maintenant à la phosphorescence produite par l'action des rayons lumineux , et essayons de montrer que la lumière électrique, en traversant certains diaphragmes , conserve ou perd en partie la faculté de rendre certains corps phosphorescents.
Les rayons solaires, ainsi que la lumière diffuse , possèdent, comme on le sait depuis longtemps, la faculté de rendre phosphorescents dans l'obscurité certains corps qui ont été exposés à leur action pendant quelques ins-
â88 DE Ql}£LQ. PROPR. RELAX. AU POUV. PHOSPH. , ETC.
tants. On place en première ligne les coquilles d'huîtres nouvc^Iieincnt calcinées avec ou sans soufre : la lumière émise présente souvent les couleurs du spectre, et quelquefois même avec assez d'éclat. Les décharges électriques exercent une action semblable, mais à un degré peut-être plus marqué encore. Pour faire celte expérience , les coquilles sont placées sur la tablette de l'excitateur universel , à une distance de deux ou trois centimètres des deux boules, entre lesquelles éclate la décharge. D'autres corps éprouvent le même mode d'action, particulièrement la craie sèche, le sucre, etc. On aperçoit alors dans tout le trajet de l'électricité une traînée de lumière dont les teintes plus ou moins vives sont changeantes et de peu de durée. La couleur, l'intensité et la durée des effets varient avec la nature des corps.
La phosphorescence produite dans les corps par k lumière en général a occupé un grand nombre de physiciens , et en particulier Placidus Heinrich de Ratisbonne, qui a publié un grand ouvrage sur les différents moyens d'exciter cette faculté dans un grand nombre de corps. Voici les faits principaux qui s'y trouvent consignés.
La lumière émise par les minéraux, et en général par les productions de la nature, est blanche, soit qu'on les expose à la lumière solaire ou diffuse, transmise par des verres colorés, ou bien aux diverses couleurs du spectre; il en excepte cependant un diamant qui acquérait une phosphorescence durable dans les rayons bleus, tandis qu'il restait tout a fait obscur après l'exposition aux rayons rouges. Le poli nuit singulièrement à la phosphorescence par insolation. Un marbre est beaucoup plus lumineux sur une cassure récente que sur les pai*ties polies; des surfaces luisantes détruisent même souvent complètement la phosphorescence.
Il faut donc en conclure que la radiation qui produit ce phénomène , abstraction faite de toute hypothèse sur sa nature, est détruite ou réfléchie en tombant sur la surface polie.
Le marbre blanc, te spath-fluor, etc., quand ils ont