‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 109 sur 145 · VI. i'° partie, jg · texte numérisé non relu

VI. i'° partie, jg

agO DE QUELQ. PROPR. RELA.T. AU POUY. PHOSPH., XTG.

phosphatée , se comportent de même. Enfin, des corps non phosphorescents dans l'état naturel , tels que le marbre blanc et des fluors non colorés, le deviennent par la chaleur quand ils ont été exposés aux décharges électriques. Nous ne devons pas oublier non plus de rappeler que l'on avait déjà observé que si l'on introduit des fragments de coquilles d'huîtres calcinées dans de petits tubes de verre hermétiquement fermés et placés ëux-mémes dans d'autres tubes plus longs , et que l'on fasse passer un très-grand nombre de décharges électriques à la surface extérieure de ces tubes, les fragments deviennent phosphorescents seulement quand on les chauffe. Telles sont les principales observations qui ont été faites jusqu'ici touchant l'action phosphorescente de la lumière électrique.

i688~. Je commencerai d'abord par montrer que cette lumière agit, pour produire la phosphorescence , non par suite du choc ou des influences électriques ordinaires, comme on le croyait jadis, mais en raison de facultés propres à sa radiation : on place à cet effet sur l'excitateur une capsule de porcelaine remplie de coquilles d'huîtres nouvellement calcinées, et l'on &it passer à deux centimètres de distance la décharge de 18 bocaux, fig. a5; les coquilles s'illuminent aussitôt, et la lumière s'éteint plus ou moins promptement, suivant leur degré d'excitabilité.

En plaçant successivement les coquilles à une distance de l'étincelle, de i décimètre, de 5 décim., de 20 décim., de 3o décim., etc., la phosphorescence se manifeste toujours ; seulement les effets vont en diminuant avec la distance; elle se montre encore à un intervalle beaucoup plus grand. Il faut donc admettre que dans ces diverses circonstances, l'étincelle électrique agit comme lumière seulement, puisque son action se manifeste à des distances où les influences [électriques ordinaires ne sont pas appréciables. Nous dirons encore que les ' fluors verts se comportent de même quand ils sont soumis à l'action de la lumière électrique. Ce n'est pas

tout encore : si l'on soumet à l'expérience des coquilles d'huîtres peu excitables, placées à une dislance de plusieurs décimètres, la phosphorescence produite à la première décharge est ordinairement faihle; à la seconde elle est ' plus marquée, et en continuant les décharges, la faculté lumineuse s'exalte davantage. On voit par là que la lumière électrique directe, agissant à distance, prédispose de plus en plus les particules des coquilles d'huîtres à devenir phosphorescentes. Nous ne devons Ipas oublier non plus de dire que, dans les mêmes circonstances, nous avons eu occasion de remarquer que l'odeur d'hydrogène sulfuré provenant de la réaction du sulfure de calcium des coquilles sur l'eau contenue dans l'air, paraît plus sensible à mesure que le nombre des décharges augmente; ce qui semble faire croire qu'en même temps que la faculté lumineuse se développe de I j)lus en plus à distance, la tendance à la décomposition ■firoît en même temps.

Ces premières observations faites, et surtout m'étant uppelé l'expérience citée précédemment et dont on b'svait tiré aucune conséquence , que des coquilles l^'huttres calcinées, renfermées dans des tubes de verre t exposées à des décharges électriques n'étaient seulement nosphorescentes que par l'élévation de température, I me vint dans l'idée d'essayer si la lumière électrique, I traversant des diaphragmes de diverses substances, ^rdraitou conserverait la propriété de rendre phosphoéscentaà distance un grand nombre de corps. Les subsknces dont je me suis servi comme d'écran sont le ! blanc, le verre rouge coloré parole protoxide de Itivre , le verre violet, les verres colorés des diverses einles du prisme solaire, et le papier glace ou gélatine feuille. Je savais parfaitement qu'à part le verre VUge, les autres verres colorés ne laissent point passer de kyons simples; mais je pensai que ces substances uéan- ■oins suffiraient pour me donner des différences assez Canchées dans le mode de radiation électrique que I ir d'étudier.

29^^ J^E QUELQ. PROPR. RBLAT. AU POUV. PHOSPH. , ETC.

La distance entre la capsule remplie de coquilles d'huîtres nouvellement calcinées et les boules de l'excitateur, étant toujours de 2 centimètres, je fis passer entre elles la décharge de la batterie de 18 bocaux. L'expérience se faisait dans une chambre obscure, et les

Îreux restaient fermés jusqu'après la décharge, afin que a rétine ne fût pas fatiguée par l'impression de la lumière électrique. Les coquilles parurent aussitôt fortement illuminées. On recommença l'expérience dixminutes après, en plaçant sur la capsule une lame de verre de 3 millimètres d'épaisseur. La décharge produisit encore la phosphorescence , mais à un degré infiniment moindre qu'avant l'interposition de l'écran ; en augmentant 1 epaisseur de la lame jusqu'à 8 millim., la phosphorescence fut à peine sensible, quoique le verre fût parfaitement diaphane. Cette expérience, répétée à i décimètre, et même à 9. décimètres de distance, a donné des effets semblables ; seulement la lueur phosphorique allait toujours en diminuant. Une lame de verre de i millim. n'a donnéqu'une phosphorescence très-faible,ainsi qu'une feuille de papier glace très-transparente, d'une épaisseur de moins d'un cinquième de millimètre.

Voilà donc des corps très-diaphanes qui laissent passer la plus grande partie des rayons lumineux, et qui enlèvent à ces mêmes rayons une grande partie de la propriété en vertu de laquelle ils rendent les corps phosphorescents.

1689. Comment le verre et la matière colorante a^^issent-ils en cette circonstance? Quel rapport v a-t-il entre les effets produits et ceux qui ont été obtenus par M. Melloin? C'est ce que je n'ai pas l'intention de traiter ici.

Poursuivons les expériences. Une lame de verre rou^e, d'une épaisseur de 2 millimètres , substituée au verre blanc, a enlevé] entièrement à la lumière le pouvoir phosphorescent , tandis qu'une lame de verre violet fooi^ sensihlemt ut, de même épaisseur, s'est comportée à peu près eoinnie le verre l)lane. J'ai cru voir, dans plusieurs

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