‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 110 sur 145 · CHAPITRE IV. ag'i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ag'i

expériences, que l'effet élait plus marqué; mais comme je n'avais pas de moyens de comparaison, il m'est impossible d'en donner ici l'assurance. Le verre hleu pro- , duit un effet plus faible que le verre violet. Les verres jaunes , verts, enlèvent tout à fait a la lumière électrique qui les traverse le pouvoir pliosphoresccnt. On voit donc d'abord que le verre blanc enlève aux rayons lumineux une grande partie de leur puissance phosphorescente, et que la quantité de pouvoir qui est enlevée par les verres violets va en augmentant au fur et à mesure que l'on prend des verres bleu, vert, jaune, orangé et rouge, ce dernier détruisant entièrement le pouvoir pliosphoresccnt.

Or, comme tes rayons rouges sont ceux qui en général possèdent la faculté calorifique, tandis que les rayons violets sont ceux qui possèdent au plus haut degré la faculté chimique, il serait important d'examiner si la propriété phosphorescente de la lumière électrique dépend de la portion de la radiation qui produit les actions chimiques, ou d'une ladiation non encore étudiée.

L'expérience suivante confirme encore l'effet que je viens de signaler des écrans de verre blanc placés sur le trajet de la lumière. J'ai exposé des coquilles d'huîtres nouvellement calcinées à la lumière d'un morceau de phosphore hiûlant dans un flacon de verre rempli de gazoxigène; la lumière émise était des plus intenses , et cependant la phosphorescence développée avait très-peu d'intensité.

En résumé, on voit que la lumière électrique, outre ses propi'iétés lumineuses, physiques et chimiques , possède encore une faculté phosphorescente que lui enlèvent en totalité ou en partie différentes substances qui laissent passer cette lumière sans diminution sensible.

J'ajouterai que l'étlucelle électrique ne paraît pas I posséder des radiations calorifiques, attendu qu'elle I n'affecte pas sensiblement une pile thermo-électrique ^ placée à une très-faible distance, comme M. -Jldnioad jà Becquerel l'a prouvé. .',,,i> >>. .!• t- Idivi

Q96 SUR LA NKT. DE LA. R AD. EMAN. DE l'ÉTIN . iLEC. ,ETG.

On forma alors un nouvel écran mixte en joignant une portion de la même lame de verre , épaisse seulement de 3™™ -H? avec une plaque de chaux sulfatée limpide, ayant pour épaisseur 7"™ -H- On avait choisi cette substance à cause de sa diathermansie, analogue à celle de l'alun. Du reste, sa diaphanéité ne le cédait point à celle du verre. Malgré sa structure lamelleuse et son épaisseur, elle se montra supérieure , non-seulement au verre, mais peut-être même au cristal de roche, pour la transmission phosphorogénique. La projection de la plaque cristallisée se dessinait en lumière sur la matière calcinée avec toutes les sinuosités de son contour. La partie située au-dessous du verre continuait de rester obscure; peut-être toutefois Tétait-elle par comparaison. L'expérience fut répétée en renversant l'écran mixte: elle eut encore le même résultat.

On n'hésita point alors à faire un troisième écran mixte , où une portion de la même lame de verre était accolée à une plaque de cristal de roche limpide, perpendiculaire à l'axe, ayant 4i""° -A d'épaisseur. Certainement s'il y avait pu avoir quelque avantage de diaphanéité, il eût été du côté du verre, à cause du grand excès d'épaisseur du cristal. Cependant le sens des effets resta, pareil. Ce fut sous le canon de cristal seul que la phosphorescence apparut. Il en fut de même dans une seconde expérience où le lieu des projections était interverti. Au reste , après les résultats obtenus avec la plaque de 6 millimètres , l'essai de celle-ci ne nous offrait aucun doute; car, en analysant les expériences de M. Melloni , on voit qu'un flux rayonnant qui a traversé 6 millimètres de cristal de roche perpendiculaire t à l'axe, est déjà si épuré par cette substance, qu'il peut s'y propager ensuite jusqu'à l'épaisseur de 86 millimètres, en n'éprouvant plus qu'une excessivement petite absorption. Toutefois ce genre d'analogie ne peut, tout au plus, être employé que pour une même nature d'écran et pour une même source rayonnante, agissant sur une matière de sensibilité égale. Or, dans les expériences de M. Mel«

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loiii , la pile revêtue de noir de fumée atteste seulement ■ l'existence dés portions de la radiation qui produisent sur elle l'impression calorifique; et s'il existait des rayons non calorifiques, quoique doués de propriétés différentes , il se pourrait qu'ils fussent insensibles pour elle et qu'elle ne les annonçât point,

1692, Pour savoir si la radiation phospliorogénique se propageait seulement en ligne droite, à travers l'air, nous avons couvert la capsule qui contenait la matière impressionnable avec un papier opaque perce d'un petit trou rond d'environ i millimètre de diamètre, que nous avons fait répondre au centre de la surface de la matière. Le papier enlevé subitement après la décharge, a laissé voir à ce centre un tout petit cercle lumineux d'un éclat trèsvif, le reste de la matière demeurant obscur. Maïs peu à peu le reste s'est aussi ému , et la phosphorescence a fini par se propager à toute la surface de la matière , puis l'effet s'est affaibli graduellement, et après quelques instants il s'est éteint.

iGg3. Nous avons essayé la transmission à travers une feuille de papier glace extrêmement mince; elle y a été faible, mais sensible. D'après les expériences de M. Melloni, la gélatine dont ce papier est fait est une des substances les moins diathermanes ; mais , comme toute antre, elle le devient davantage quand elle est plus amincie.

Néanmoins l'effet obtenu ici nous semblait plus fort que nous ne l'auiions attendu d'après nos précédentes observations. Notre surprise augmenta en voyant que la lame de verre de3""" ~, précédemment essayée, devenait actuellement efficace, et que même une autre plaque de verre, épaisse de 22 millimètres, donnait aussi des effets marqués. Nous comprîmes alors que la matière contenue dans la capsule était devenue plus impressionnable par ta répétition de l'excitation que nous lui avions fait subir. Nous recommençâmes donc nos expériences avec les écrans mixtes précédemment tniployés. Dans ce nouvel état de la substance, la phosphorescence fut très-

3oO SUR I.ANAT. DELA «AD. ÉMIH. DE L ÉTIN.ÉLEC, ETC.

tée, mais elle était traversée obliquement par une grande tissure qui s'étendait dans une grande partie de son diamètre. Toutefois, les résultais observés à travers la première plaque de cristal de roche enfumé perpendiculaire à l'axe et épaisse de 21 millimètres ^. dans les môtnes circonstances où une lame de verre de 3"™ ^, bien plus diaphane, n'en produisait pas d'appréciables, suffisent pour prouver que la portion de la radiation él«trique qui excite la phosphorescence est physiquement distincte de celle qui produit la vision sur la rétine hnmaine. Les expériences avec les écrans diaphanes, faites avec divers degrés de sensibilité de la matière calcinée, prouvent aussi qu'une même portion de la radiation totale est ou n'est pas efEcace à produire la phosphorescence selon l'état plus ou moins excitable de la substance qui la reçoit. Enfin , les expériences de M. Meiloni, sur la radiation émanée des causes incan descentes de diversesnatures,ontprouvéqueIa portion de cette radiation qdi produit l'impression calorifique est pareillement distincte de celle qui excite dans la rétine humaine I1 sensation de la vision. D'après cela , il est naturel de penser que ces portions déjà observées des radiatiooE, ou peut-être d'autres qui les accompagnent, peuvent avoir encore bien d'autres propriétés spécifiques differentes des précédentes, propriétés qu'elles montreront lorsqu'on essayera de les faire agir sur des matières sensibles à leur action spéciale , et propres à manifester leur existence par d'autres phénomènes que la seiisalion de la vision dans la rétine de l'homme, ou l'excitation de la phosphorescence , ou le développement de 11 chaleur.

j6g5. Dans le cours des expériences qui viennent d'être décrites, nous avons employé aussi pour écnn une lame d'eau contenue dans un anneau de verre dépoli, fermé par des lames minces de cristal de roàlB limpide perpendiculaire à l'axe. L'épaisseur de l'eaa cotre les lames était de S*"" f;. Un diaphragme circulaire ie papier opaque appliqué sur la lame supérieure laiuMt

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