I CHAPITRE IV. JOI
^ seulement décou\erttî la partie centrale de l'anneau, et assurait la tiansmission à travers le liquide. La radiation émanée de l'étincL^Ile électrique étant ainsi transmise , s'est montrée efficace pour exciter la phosphorescence; mais nous n'avons pas déterminé le rapport avec les autres écrans à égale épaisseur.
Pour constater les pliénomèues qui viennent d'être décrits, il faut que l'observateur reste dans une complète obscurité, et s'y soit tenu déjà depuis un quart d'heure au moins avant de commencer les expériences. Les boules terminales des conducteurs, entre lesquelles s'opère l'étincelle, doivent se trouver dans cette même obscurité au-devant de lui; et la disposition des capsules ainsi que des écrans doit se faire eu n'admettant que le moins de lumière possible. Tout étant préparé et robservateur tenant l'écran mixte au-dessus de la capsule par un manche isolant, il ferme les yeux pendant que l'on charge la batterie, et prévenu du moment où l'on va opérer la décharge, il couvre encore ses yeux avec celle de ses mains qui est libre, pour se soustraire autant que possible à la vive lumière qui se produit. Dès qu'il a entendu l'explosion, il ouvre les yeux en retirant l'écran avec rapidité; alors il a tout le temps et toute la facilité nécessaires pour constater l'existence de la lumière phosphorique produite et pour en étudier les détails.
§ in. Phosphorescence pivdaite par t'écinceUe électrique éclatant tluns l'air à diverses pressions.
169G. Boyle est, je crois, le premier qui ait cherché à observer la phosphorescence des substances organiques sous le récipient d'une machine pneumatique. Il a vu qu'à mesure que l'air était raréfié, la lueur émise par le bois et les poissons phosphorescents diminuait, et qu'elle cessait enfin quand on avait fait le vide; il en conclut que l'ail- était nécessaire à la production du phénomène. Des-
3oa PHOSPH. PROD. PAR L^lÎTllf . ^LSC. ÉCLAT. DAITS, RTC.
saignes a remarqué en outre que dans l'acte de la phosphorescence des corps organisés, il y a production d'acide carbonique y et que ces corps ne peuvent devenir lumineux que dans les milieux où la formation de cet acide est possible. On en a tiré la conséquence que les corps organisés devenaient phosphorescents très-probablement par suite de la réunion des électricités dégagées dans les réactions lentes de leurs parties constituantes sous l'influencé des agents extérieurs. D'un autre côté, on sait depuis longtemps que les substances minérales phosphorescentes brillent dans l'air comme dans le vide barométrique, après avoir été préalablement expojsées pendant quelque temps à la lumière du jour, entre autres les pyrophoreft de Canton et de Bologne , le diamant , etc. M. Edmond Becquerel a entrepris une série de recherches daiU le but d'étudier la phosphorescence produite par l'étincelle électrique éclatant dans l'air à diverses pressions. Voici les principaux résultats obtenus par ce jeune phj^ sicien.
Pour voir si la lueur émise par les substances phosphorescentes diminue plus rapidement dans le vide que dsms l'air, il a mis des coquilles d'huîtres calcinées dans deux capsules différentes, et, les ayant. exposées à la lumière du jour, il les plaça, l'une sous le récipient d'une ma*chine pneumatique, l'autre à c6té de la cloché à l'air libre. En faisant le vide rapidement dans la cloche, il nà pas vu la phosphorescence des coquilles diminuer sensiblement^ et au bout d'un quart d'heure l'intcfillitë de la lumière émise par les coquilles contetiues d^ps les deux capsules était la même, autant qu'il a pu en juger par une simule comparaison.
Afin de s'assurer si la lumière électrique agistôit de même que la lumière solaire pour rendre ces corps phos^ phorescents dans le vide , une lame de chaux sulfatée à été placée de manière à fermer exactement une ouverture pratiquée à la partie supérieure d^ne cloche dont on avait raréfié l'air, après y avoir placé, à quelques centimètres au-dessous de la lame, une capsule remplie de
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coquilles d'huîtres calcinées. En excitant alors au-dessus de la chaux sulfatée, dans l'air, une étincelle provenant de la décharge d'une batterie de dix-huit bocaux, les coquilles furent fortement illuminées. En laissaht rentrer l'air dans la clodhô , et excitant une seconde décharge de la battme chargée au même degré que précédemment, les coquilles ne devinrent pas sensiblement plus bf illantes que la première fois.
On avait employé la chaux sulfatée, parce que dette substance, d'après les recherches précédentes, laissé passer totalement la propriété phosphorogénique de l'étincelle électrique.
Les coquilles d'huîtres dont M. Edmond Becquerel a fiiit usage avaient été calcinées avec du persulfure de potassium; ce pyrophore, comme on le sait, donne, par insolation et par l'étincelle électrique, une lumière vertjaunâtre excessivement vive.
Dans les expériences précédentes, l'étincelle électrique avait éclaté dans l'air; il voulut voir ce qui se passait quand elle était produite dans le vide.
Après avoir placé une capsule remplie de coquilles d'huîtres sous le récipient d'une machine pneumatique, il fit passer à quelques centimètres de leur surface , dans Fàlr raréfié , la décharge de la batterie : les coquilles furent illuminées faiblement ; plusieurs décharges produisirent le même résultat. En laissant entrer un peu d'air sous la cloche, et faisant passer de nouveau la décharge, les ^ Coquilles devinrent pluâ phosphorescentes ; enfin , en laissant rentrer tout l'air sous la cloche, les coquilles, après l'étiiicelle, furent très-phosphorescentes. Cette etpéricftice , recommencée plusieurs fois avec des coquilles «t dd la chaux sulfatée verte, a donné les mêmes ré6i|ltâts.
^ôur préveqir l'objection que les coquilles devenaient fAv& phosphorescentes en raison de l'excital^ilité produite ]Mr une série d'étincelles, il s'est procuré du phosphore de Bologne peu phosphorescent (sulfate de baryte calciné) , et l'ayant placé sous la cloche il excita à plusieurs
3o4 PHOSPH. PROD. PAR l'bTIN. ELEÇ. ECLA.T. DANS, ETC.
centimètres de distance, successivement dans l'air à ia pression ordinaire , et dans Tair raréfié , des décharges de la batterie chargée toujours à 60® de l'électromètre à balles; ce phosphore ne devenait seulement phosphorescent d'une manière appréciable que quand Tétincelle éclatait à travers Tair à la pression ordinaire, tandis qu'il restait presque obscur quand la décharge traversait l'air raréfié.
1697. Afin de pouvoir comparer avec quelque exac* titude la lueur phosphorescente des coquilles quand l'é* tincelle éclate dans l'air à la pression ordinaire, et dans l'air raréfié et comprimé, M. Edmond Becquerel a fait usage de l'appareil, fig. 26.
AB,CD sont deux ballons en verre, percés de trous dans lesquels sont passées des tiges de cuivre ab-^c m^ ndy 6f/*, destinées à transmettre la décharge dans leur intérieur; les tiges c/w, /z^communiquent entre elles, et ef est en rapport avec le sol , de telle sorte qu'en établissant une communication entre ki tige a 6 et l'inté» rieur de la batterie , Tétincelle éclate en même temps dans les deux ballons.
a b passant dans une boîte à cuir peut être enfoncée ou retirée jusqu'à ce que l'étincelle, éclatant en même tempsdans les ballons, rende les coquilles'^placées enB et D également phosphorescentes. On adapte alors une pompe pneumatique au ballon CD, et l'on raréfie l'air, puis, en excitant une décharge entre les tiges en cuivre, on voit, après l'étincelle, les coquilles placées en D dans l'air raréfié, beaucoup moins lumineuses que celles qui sont en Ç dans Fair à la pression ordinaire. Au lieu de raréfier Pair dans CD, on le comprime au moyen d'une pompe de compression, à trois ou quatre atmosphères. En opérant une décharge sans avoir dérangé le système des tiges, on voit au contraire que les coquilles qui sont en D dans l'air comprime sont plus phosphorescentes que celles qui sont en B à la pression ordinaire. D'après ces expériences, il n'est plus permis de douter que la pression de l'air n'influe sur la production