CHAPITRE VI. 3lfî
1702. Hulme, quia fait beaucoup d'expériences sur la phosphorescence spontanée, a recherché quelles étaient les substances qui éteignaient la matière lumi- Deuse; il a trouvé que l'eau de chaux, l'eau chargée d'acide carbonique, l'eau chargée d'hydrogène sulfuré, éteignaient la phosphorescence.
Il existe, au contraire, des substances qui jouissent i^e là propriété de retenir la lumière spontanée, quand çn les mêle avec les corps qui la possèdent. La matière enlevée de dessus un hareng étant mêlée avec une solution de 6 grammes de sulfate de magnésie, et 4^^ grammes d'eau , rend toute la solution lumineuse quand qn l'agite. Jouissent de la même propriété : les solutions ^e carbonate de soude , de tartrate de potasse , le miel , le sucre en solution. Quand la lumière spontanée ^st 4teiate par une substance quelconque, rien n'est plus «impie que de la lui rendre. Ou prend une solution de 3t gr. de sulfate de magnésie dans ^4 g*'- d'eau, dans rl^quelle la' matière lumineuse du maquereau s'est éteinte, et l'on y ajoute six fois autant d'eau : le liquide devient alors parfaitement lumineux. Il conserve cette faculté pendant 48 heures. On peut répéter l'expérience d'une nianière inverse, c'esl-à-dire, éteindre une solution Ipœîneuse en y ajoutant du sulfate de magnésie. Cette expérience prouve d'une manière incontestable, que la phosphorescence est due à un arrangement moléculî^ire, constituant un état d'équilibre instable.
On voit donc que l'on peut éteindre et raviver une solution phosphorique ui) certain nombre de fois. Dans upe série d'expériences , Huline a obtenu dix extinctions.
Les solutions de gel marin produisent les n^êmes effets.
La lumière spontanée est rendue plus vive par le njouyement; de plus, elle n'est pas accompagnée d'un degré sensible de clialeurauthcrmumèlre, même le plus délicat. Des harengs lumineux placés dans un mélange frigorifique, composé de qeige et de sel marin, s'éteignept peu à peu. Au hpul de quelque temps, la lumière s'éteint totalement et les pois^^n^ s&ut gelés. Ë^ leë mettant .
3l6 DE LA PHOSPH, DAKS LES SDDST. OHGAN. OU, FTC.
dans de l'eau froide, pour les faire dégeler graduetl» ment, ils reprennent leiii' état lumineux.
L'abaissement de température éteint également Bl
fihospborescence du boîs pourri ; il en est de m^me de !s umière du lampyre.
I jo3. Voyons les effets de la cKaleur.
Si l'on place devant le feu la moitié d'un hareng lumineux, et qu'on ne l'y laisse que peu de temps, mais de manière qu'il s'échauffe fortement, en le trausportaat dans l'obscurité, on trouve que le côté qui avait été exposé au feu est devenu sombre , tandis que l'autre reite lumineux. L'eau bouillante éteint aussi la phosphoiW' cence. il n'en est pas de même du bois faiblement Imsant: quand on le met dans de l'eau tiède, sa phosplio» rescence augmente, et il finit par reluire d'une manière remarquable. En élevant la température jusqu'à l'eau bouillante, la phosphorescence s'éteint et finit par disparaître.
II arrive quelquefois qu'un lampyre mort, qu'on met dans de l'eau à 4"t dont on élève la température jusqu'à l'ébullition , devient lumineux.
L'eau bouillante éteint des solutions salines imprégnées de matière lumineuse sur lesquelles on la jette; mais si on les laisse quelque temps eu repos, elles acquièrent une plus grande puissance lumineuse par un degré modéré de chaleur.
Lorsqu'on chauffe le fond d'un tube rempli d'un liquide qui est phosphorescent à la partie supérieure, les portions impi-égnées de lumière descendent en filets jusqu'au fond et s'éteignent graduellement, en illuminant tout le liquide. Cette expérience réussît bien en opérant avec des solutions de sulfate de magnésie, de sulfate de soude , de sel marin ou de sel ammoniac. Si l'on fait usage des deux premières, la proportion la plus convenable est une partie de sel et huit parties d'eau.
Si l'on mêle le liquide lumineux avec du sérum en décomposition , la matière lumineuse est rejetée en globules, et s'attache aux parois du vase.