‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 120 sur 145 · CHAPITRE VI. 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 3l

Je ne reviendrai pas, dans ce chapitre, sur la phosphorescence des lampyres et autres animaux. Je rappellerai seulement que, dans tous, la phosphorescence paraît être le résultat d'une action chimique, que domine la volonté de Tanimal, puisqu'il a la faculté de la diminuer insensiblement, jusqu'au point de la faire disparaître tout à fait. Ce phénomène rentre , jusqu'à un certain point , dans la phosphorescence spontanée.

Je dois cependant rapporter quelques observations qui serviront à jeter du jour sur la cause de la phosphorescence, et à donner par conséquent de la force à la théorie que j'en ai présentée.

. Beale (i) a remarqué que des maquereaux frais, qui avaient bouilli dans de l'eau et du sel et des herbes aromatiques, avaient communiqué la propriété lumineuse à l'eau, quand on l'agitait. Ayant soumis au microscope les parties les plus lumineuses, il n'aperçut rien de particulier; néanmoins, à deux reprises, il vit quelques étincelles qui disparurent promptement. Cette observation vient à l'appui de celles du même genre qui ont été faites par M. Ehrenberg.

Ce savant* physiologiste, qui a étudié la lumière émise par les infusoires et les aniiélides, qui rendent la mec lumineuse dans certaines contrées, surtout lorsqu'une brise légère agite sa sur&ce, a placé sur le porte-objet de son microscope de l'eau renfermant un grand nombre de ces animalcules. Il fut fort étonné de voir que la lumière diffuse qui les entourait n'était autre chose que la réunion d'uCie multitude de petites étincelles qui partaient de toutes les parties de leur corps, et en particulier du corps des annélides. Ces étincelles se succédaient avec une grande rapidité, elles avaient une telle ressemblance avec celles que Ton observe dans les décharges électri-"^ oueSy que M. Ehrenberg n'a pas hésité à établir leur identité. Il s'est assuré en outre que la lumière émise

(i) Trans. philos., |6$6,

3^4 VE& TliLÉGHAPHES 1ÎLCCTRIQUE8.

pourrait se faire qu'après un grand nombre de signaux, elle fût fortement déviée de sa position d'équilibre^ dans ce cas, les signaux poun*aient perdre de leur précision.

M. GausSy pour parer à cet inconvénient, a fait usage d'un appareil qu'il appelle calmeur, et dont l'effet consiste à détruire, en très-peu de temps, des oscillations qui dureraient quelques heures, et dont les amplitudes décroîtraient très-lentement; les grandes oscillations cessent alors entièrement en peu de minutes.

* Ce n'est pas tout encore : un commutateur est disposé pour changer momentanément la direction du courant ou l'interrompre : par ce moyen, on peut transmettre des phrases. M. Gauss, tout en avançant, à la même époque, qu'en employant de forts multiplicateurs et des gros fils^ on pourrait Êiire des communications télégraphiques à des distances de dix, vingt lieues, et même plus, propose d'employer au même usage les rails des chemins de fer.

N'ayant pu me procurer des détails circonstanciés sur la construction des télégraphes électriques indiqués plus haut, j'ai dû me borner à des indications générales.

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