CHAPITRE II* l
sortie, Cest un fait qui est tellement notoire, que je ne dois pas en apporter ici des preuves.
Je ferai observer seulement que la foudre se détourne fréquemment de sa route primitive pour aller frapper des masses métalliques placées derrière de gros blocs de maçonnerie.
a Dans la nuit du i^ au i8 juillet 1767, la foudre « tomba à Paris, sur une maison de la rue Plumet, dont a elle parcourut toutes les parties. Des cadres dorés qui ce se trouvaient dans une chambre furent atteints , tandis ce que ceux qui ne l'étaient pas furent préservés. Une « lanterne de fer-blanc et deux bouteilles de verre très- « mince se trouvaient sur la même table; la lanterne fut « démolie et pareillement fondue, tandis que les bou- « teilles restèrent intactes.
a Une caisse en bois, qui renfermait beaucoup d'uscc tepsiles , fut brisée par la foudre , qui laissa des traces a de fusion sur les ustensiles, et n'alluma pas une demice livre de poudre à canon , renfermée dans une poire et ouverte , placée au milieu de toutes ces pièces métalce liques. K)
ce En 1759, le détachement qui conduisait du Fortci Boyal à Saint -Pierre le capitaine anglais Dibdeu, « prisonnier de guerre à la Martinique, s'arrêta, pour « se garantir de la pluie , au pied du mur d'une petite « chapelle, qui n'avait ni tour, ni clocher. Un violent « coup de tonnerre le surprit dans cette position et tua « deux soldats. Du même coup, la foudre fit dans le « mur, derrière les deux victimes, une ouverture d'en-
• viron 4 pieds de haut et de 3 pieds de large. Toute « vérification faite, il se trouva qu'à la portion du mur « démolie , sur laquelle les deux soldats s'appuyaient , « correspondait exactement à l'intérieur de la chapelle , « un ensemble de barres de fer massives, destinées à « supporter un tombeau. Ceux qui n'eurent pas le « malheur de s'être ainsi placés fortuitement devant des
* pièces métalliques, n'éprouvèrent aucun mal. » En général, la foudre se porte en grande quantité
l4o DE QUELQ. SIGN. PRÉ. DES ORA.G., NON MENTIONNKSi
sur les métaux qui sont à peu de distance de son trajet; lors même qu'ils sont recouverts par d'épaisses masses de pierre ou de bois, elle brise et projette au loin ces masses, de manière à mettre les métaux à découvert.
§ IV. De quelques signes précurseurs des orages^
non mentionnés.
i6j4« J'ai déjà parle de quelques signes précurseurs des orages , en voici d'autres qui sont relatifs aux grandes perturbations que l'on observe quelquefois simultanément dans le's entrailles de la terre, à la sui-face ou au sein des eaux.
Davini a observé, prèsdeModène, une fontaine dont les eaux, toujours limpides, se troublaient quand le ciel se couvrait. Villisn^ri, auquel il mandait ce fait, ne le révoquait pas en doute; il citait «i l'appui de cette observation que les salses de Zibio, de Querzola, de Cassola, etc., du même duché de Modène, ainsi que les solfatares, annoncent un orage avant qu'il soit formé, par des signes auxquels on ne peut se méprendre, tels qu'une certaine espèce d'ébullition, des bruits semblables à ceux du tonnerre, et quelquefois de véritables coups fulminants.'
Toaldo cite des phénomènes semblables dont il a été témoin dans les collines du Viccntin, où il^existe une fontaine qui , après une longue sécheresse et aux époques où elle est ordinairement très-basse, déborde à l'approche d'un orage.
Nous voyons dans le journal de Brugnatelli, que le I g juillet i8a4, à la suite d'un orage, les eaux du lac Massaciuccoli, dans le territoire de Lucques, devinrent blanches comme si l'on y avait fait dissoudre une grande quantité de savon; cet état durait encore le lendemain. Beaucoup de poissons, grands et petits, furent trouves morts sur le rivage. 11 est probable, comme l'avance M. Arago, que ces effets furent dus à une émanation souterraine qui, pendant l'orage du ig, se faisait jour à travers le fond vaseux du lac.
CIIAPITHJ: JI. i4i
Oa peut citer encore des inondations locales à la suite d'orages, et qui ne peuvent être attribuées seulement aux eaux pluviales ; je pourrais en rapporter un grand nombre d'exemples; mais je me bornerai aux deux suivants:
Beccarîa dit qu'en octobre 1 755, une inondation subite produisit d'immenses ravages dans la plupart des vallées du Piémont; le Pô déborda. Le désastre fut précède d'épouvantables tonnerres. Tout le monde fut d'accord que la cause principale de ce phénomène était due à l'immense volume d'eau souterraine, qui tout à coup, pendant rorage, sortit du sein des montagnes par de nouvelles ouvertures.
Ces ruptures locales de l'écorce solide du globe n'auraient rien d'extraordinaire, dit M. Arago, s'il était prouvé que dans des temps orageux l'eau tend h se réunir aux nuages, et que cette tendance se manifeste par des intumescences prononcées. Les observations faites h bord du paquebot /e Nav^York , en avril 1 827, viennent «1 l'appui de cette assertion : pendant que l'orage grondait autour du vaisseau, la mer était dans un bouillonnement continuel qui pouvait faire croire à l'existence de volcans sous-marins. Ou apercevait particulièrement trois colonnes d'eau qui s'élançaient dans les airs, qui retombaient en écumant, puis s'élevaient de nouveau, pour retomber encore.
Dans une des sources d'eau minérale du mont d'Or, en Auvergne, l'eau sortant de terre jaillit en bouillonnant; au dire des habitants de la vallée, et même du docteur Bertrand , cet effet augmente considérablement dans les temps orageux.
M. Berzelius croit avoir remarqué quedes flacons bien bouchés, contenant de l'eau chargée d'acide carbonique, éclatent beaucoup plus fréquemment que d'habitude pendant les orages ; il s'agirait d'examiner si les vibrations imprimées au verre par les détonations de la foudre ou les variations de température n'exercent pas quelque influence sur ce phénomène.
11 arrive quelquefois encore que les orages placent la
l4^ D£QU£LQ. SIGN. PRE. DESOAAG., NON MENTIONNÉS.
partie solide du globe dans un état exceptionnel qui se manifeste par des détonations foudroyantes, lesqdelte^, sans aucune apparence lumineuse, produisent cependant les mêmes effets que la foudre proprement dite.
M. Brydone rapporte le fait suivant , qui jnstffie pleinement les effets que je viens de rapporter : le ic^juiHef 1785 , entre midi et une heure, il éclata un orage ^iM le voisinage de Coldstream, qui produisît len efifetd suivants :
Une femme qui coupait du foin près de» rives âtf Ist Tweed, tomba à la renverse. Elle appela sur^le^ishaiâirp ses compagnons et leur dit qu'elle venait de recevoir sous son pied, et sans pouvoir dire de quelle mamère , le coup le plus violent. En ce moment il n'y avait iatiis le ciel ni éclairs ni tonnerre.
Le berger de la ferme de Leunel-hill vit tomber, à quelques pas de lui, un mouton qui, peu de moments auparavant, paraissait en parfaite santé; il courut pour le relever, mais il le trouva roide mort. L'orage paraissait alors être très-éloigné.
Deux tombereaux chargés de terre étaient condoks ctiacun par un jeune cocher, assis en avant sur un petit siège ; iis venaient l'un et L'autre de traverser la Tweed, ilsacbevaiettt de gravir une montée voisine des bords de cette rivièrlf ^ lorsqu'on entendit à la ronde une forte detonatio» seitf* blable à celle qui serait résultée de 'la décharge àf peu près simultanée de plusieurs fusils , mais sans aucun realement. Au même instant le cocher du torïlbereau dé dem rière vit le tombereau de devant, les deux chevaux et sOft camarade tomber à terre. Le cocher et les cheva«x étaient roides morts.
Or, si l'on remarque i** que le bois du tombereau avait été fortement endommagé, là où il existait particulièrement des clous et des crampons de fer; 2** que te sol était percé de deux trous circulaires à l'endroit même où les roues se trouvaient quand l'accident arriva; qu'm:se demi -heure après l'événement, ces deux trous émel-' taient encore une odeur, que M. Brydone compara à