CHAPITRE II. • l
celle de l'éther ; 3** que les deux bandes circulaires en fer, qui recouvraient les deux jantes , offraient évidemment des marques de fusion dans les deux parties qui reposaient sur la terre au moment delà détonation , et nulle autre part; 4^ que le poil des chevaux avait été brûlé, particulièrement aux jambes et sous le ventre ; que le corps du malheureux cocher présentait çà et 1«\ des marques de brûlures; on attribuera , suivant moi, tous ces effets à une action de choc en retour, qui se fait sentir souvent à une distance assez éloignée du lieu où l'orage gronde. ^
Un orage atmosphérique exerce quelquefois sur le globe une influence telle qu'il en résulte de brillants et de larges phénomènes de lumière, dont la terre est d'abord le siége^ et qui disparaissent à la suite d'une explosion, soit dans le lieu même où ils ont pris naissance, soit après un déplacement plus ou moins rapide. Au nombre des causes- qui peuvent produire ces phénomènes, on peut ranger l'action par influence exercée sur la terre par l'électricité atmosphérique. Au surplus , laissons parler les faits.
Maffei rapporte, dans une lettre à Wallisnieri , sous la date du lo septembre I7i3, qu'au château de Fosdinovo^ dans le territoire de Massa-Car rara, pendant un orage et une pluie très -abondante, il fut reçu par la maîtresse du château, dans une salle du rez-de-chaussée ; que là il vit, ainsi que le marquis Malaspina, appa* raître subitement, à la surface du pavé, un feu très-vif, d'une lumière en partie blanche et en partie azurée ; que ce feu paraissait fortement agité, mais sans mouvement progressif; qu'il se dissipa comme il était venu, c'est-à-dire, rapidement, mais après avoir acquis un grand volume.
Maffei sentit, en ce dernier moment, derrière les épaules, du bas en haut, un chatouillement particulier. Des plâtres, détachés de la voûte de la salle , tombèrent sur sa tête, et il entendit un craquement, un bruit différent de celui du tonnerre.
l44 OEQLELQ.SIGiX. PRÉ. DES ORAG., IVOJV 3IEJXTJONWKS.
Voici encore un autre fait du même genre , qui n'est pas sans importance, et qu'on trouve consigné dans C Histoire naturelle de Pair et des météores y t. VllI, pag. 291:
ce Le 2 juillet i^So (c'est l'auteur de l'ouvrage qui « parle ), me trouvant à trois heures après midi, pendant a un orage, dans l'église de Saint-Michel de Dijon, je a vis tout à coup paraître, entre les deux piliers de la (c grande nef, une flamme d'un rouge assez ardent, qui « se soutenait en l'air à trois pieds du pavé de l'église. fc Cette flamme s'éleva ensuite à la hauteur de douze à « quinze pieds en augmentant de volume. Après avoir « parcouru quelques toises, en continuant de s'élever en (c diagonale , à la hauteur à peu près du buffet de l'or- « gue, elle finit en se dilatant par un bruit semblable à ce celui d'un canon que Ton aurait tiré dans l'église « même. »
Le fait suivant prouve que, par l'influence d'un orage, des flammes peuvent sortir du sein des eaux :
Dans la nuit du 4 ^i* 5 septembi'e 1 767, pendant un violent orage , le fermier d'un étang, près de Parthenay en Poitou, le vit couvert, dans toute son étendue, d'une flamme si épaisse qu'elle lui dérobait la vue de l'eau.
Je citerai un fait d'autant plus remarquable qu'il prouve que la lumière des météores dont nous parlons nVst pas toujours de nature électrique. Ce fait a été rapporté à M. Ai-ago par le docteur Robinson d'Amiagh.
« Le major Sabine et le capitaine James Ross reve- « naient, en automne., de leur expédition arctique; ils tt étaient encore dans les mers du Groenland pendant « une des nuits si sombres de ces régions, quand ils fuie rent appelés sur le pont par l'ofllcierde quart, qui ve- « nait d'apercevoir quelque ihose d'étrange. C'était, en « avant du navire et précisément dans la direction qu'il « suivait, une lumière slationnaire sur la mer et s'éle- «i vaut à une grande hauteur, pendant que partout A ailloui^ le ciel et l'horizon paraissaient noirs comme ^1 de la jx)i\. Il n'y avait dans ces parages aucun danger