‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 52 sur 145 · VI. l^ partie · texte numérisé non relu

VI. l^ partie

i46 DESCàuSES locâlesqui infl.surla produgt., etc.

<f de toutes parts comme des gouttes de métal fondu et a embrasé. »

Bergmanui en 1761, écrivait à la Société royale de Londres : « J'ai observé deux fois^ vers le soir, sans qu'il «tonnât, une pluie telle qu'à son contact tout scintil« « lait, et que la terre semblait couverte d'ondes enfliam<* (( mées. » il dit aussi avoir observé le même phénomène pendant la chute de la neige.

Le 28 octobre 177^2, sur la route de Brignaià Lyon, Tabbé Bertholon fut surpris par un orage, v€i*s les cinq heures du matin. 11 tombait de la grêle en très-grande abondance. Les gouttes de pluie et les gi*êlons qui rencontraient dans leur chute les parties métalliques de la selle du cheval que montait M. Bertholon, produisaient à l'instant même des jets lumineux.

Ce n'est pas tout, on a observé des pluies de pous* sière lumineuse.

Pendant l'éruption du Vésuve, de 1794$^^ tombait sur la ville de INaples une poussière fine comme du ta* bac d'Espagne , et qui émettait une lueur pbosphorique pâle, mais bien visible la nuit. Cette poussière, en s'at- •tachant aux chapeaux , répandait une lueur sensible.

Tous ces phénomènes ont une cause tellement cOn* nue , que je crois inutile de m'y arrêter.

§ V. Des causes locales qui injluent sur la production des orages j et de la géographie des orages.

161 5. Il y a une foule de questions relatives à Téleo tricité atmosphérique qui intéressent la physique du gidbc^ on doit mettre au rang des plus importantes celles qui concernent la géographie des orages.

On se demande depuis longtemps s'il existe des làeuli ,011 il ne tonne jamais.

Pline dit (i) qu'il ne tonne pas en Egypte.

(1) Histoire natureHe , liv. u , % lu.

CUiiPiTAE II. l4y

Aujourd'hui on sait qu'il tonne souvent à Alexandrie, et trois ou quatre fois par an au Caire. Si l'assertion de Pline est exacte, il s'est donc opéré un changement dans Tétat climatérique de l'Egypte.

Il n'existe 'pas un seul point dans les régions chaudes ou ten^pérées de l'ancien continent où il no tonne; mais il n'eu est pas de même en Amérique.

Les liabitants de Lima (Pérou) qui n'ont jamais voyagé n'ont aucune idée du tonnerre ni des éclairs.

Dans les régions polaires, voici ce que nous ont ^appris les voyageurs :

Drus les mers du Spitzberg, le capitaine Philipps, en 1773 , de la fin de juin à la fin d'août , n'entendit pas un seul coup de tonnerre , et ne vit pas un seul éclair.

Le capitaine Scoresby, dans ses nombreux voyages, n'a aperçu d'éclairs au delà du 65' degré de latitude que deux fois, et croit qu'on n'a jamais vu éclairer au Spitzberg.

Le capitaine Parry, dans son voyage , en 18:27, pour atteindre le pôle nord^ qui dura du ^5 juin au 10 août, n'entendit jamais de tonnerre et ne vit point d'éclairs entre Si"" i5' et 82"^ 44' de latitude.

Ces Êiits, et d'autres que je pourrais citer encore, tendent à prouve^ ^u'en pleine mer ou dans les îles il ne tonne jamais au'delà du 75^ de latitude nord.

Les observations du capitaine Parry tendent aussi à prouver que l'absence des orages a encore lieu dans des oégions situées fort avant dans les continents. En effet, suivant les tableaux météorologiques de son premier voyage à la iMtie de BafBn , au détroit de Barrow, et à l'île de Melville, conuneocés en juin 1819 et terminés en septembre i8ao inclus, on n'a entendu tonner qu'une seule fois, sans éclairs , entre 70 et 76^ de latitude nord.

On observe encore qu'il tonne très-rarement un peu en deçà du 70^ parallèle de latitude.

Dans les tableaux météorologiques du second voyage du même officier à la baie de Baffin, embrassant l'intervalle compris entre le 1*' juin f 8tii et le 3o septembre

f 48 DES CAUSES LOCAL. QUI INFL. SUR LA PRODUCT., ETC.

i8a3 , on ne trouve non plus qu'une seule indication de quelques éclairs et de quelques coups de tonnerre, sous la date du 7 août 1 Sa 1 , et cela par des latitudes un peu inférieures à 70®.

Au fort Franklin , latitude 67** -^ nord , longitude ia3^ -5- ouest de Greenwich, du commencement de septembre 1825 à la fin de i8a6, le capitaine Franklin n'a entendu le tonnerre qu'un seul jour, le 29 mai i8a6.

On dit que Tlslande est un pays où il ne tonne jamais. Voici ce que l'on sait de certain à cet égai'd : M. Thortensen , médecin dans cette île, a adressé à M. Arago des observations météorologiques faites à Reikiaw'k, sous la latitude 65^^ depuis le ai septembre i833jusqu'au3o août i835 ; on ne trouve, en effet, qu'un seul jour où Ton a entendu le tonnerre, c'est le 3o novembre i833i

1616. x\près avoir indiqué rapidement quelques-unes des parties du globe où il ne tonnejamais, et celles où il tonne rarement ^ passons aux lieux où il tonne le plus.

Nous avons vu précédemment un pays, dans le bas, Pérou, situé dans les régions équinoxiales, où il ne tonn^k jamais en moyenne; c'est cependant la région da globe où les orages sont les plus fréquents. On en a la preuve si on jette les yeux sur le tableau numérique que M. Arago a dressé pour faire connaître le nombre moyen annuel des jours de tonnerre dans diverses localités des quatre parties du monde. On y trouve, en effet, qu'en Allemagne, qu'en France et en Angleterre, ce nombre moyen s'élève rarement à trente, tandis qu'à Rio-Janeiro et dans l'Inde, on en trouve au delà de cinquante.

J'ai pensé que le lecteur verrait ici avec intérêt le tableau dont je viens de parler, et qui servira à nous faire connaître en même temps la distribution géographique des orages, quant à leur fi^équence.

CALCUTTA (lat. aa» i/a N. ; longit. 8S*> E. ) 60.

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