‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 64 sur 145 · CHAPITRE II. iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. iSg

prennent toutes les directions qui leur donnent un facile passage. Dès l'instant qu'elles trouvent une route plus facile, elles la suivent. C'est ainsi qu'elles aban<> donnent de l'air condensé, qui leur présente de la résistance, pour entrer dans de lair qui ne l'est pas. De là ces lignes brisées, ces zigzags qui caractérisent la marche des éclairs.

Suivant M. Arago, les éclairs, d'après la direction qu'ils suivent en zigzags à angles très-aigus , ont une direction si différente des courbes régulières que suivent les corps en mouvement soumis à l'action de for* ces accélératrices, qu'on n'ose s'arrêter à l'idée qu'un semblable éclair marc|ue dans l'atmosphère les places qu'une même matière va successivement occuper. £n considérant la foudre comme une ondulation, on peut comparer l'éclair aux réfractions qu'un rayon de lumière éprouve en traversant certains cristaux; seulement il faudra admettre que les exhalaisons qui se trouvent réparties diversement dans l'atmosphère, opposent à la mai*che de la foudre des résistances inégales dans diverses directions.

Quant aux éclairs en boules, M. Arago les considère comme' un des phénomènes les plus inexplicables de la physique dans sou état actuel. Tout ce que l'on peut dire sur ces boules et globes ; de feu, c'est qa'iis paraissent êti*e des agglomérations [ desubstances pondérables foiU:ement chargées d'électricité. \ La foudre, comme je l'ai déjà dit, en traversant lalmosphère , réagit sur les principes constituants de lair, d'où résulte de l'acide nitrique : ne serait-il donc pas possible aussi que la foudre déterminât la combi*naisoni de matières de toute nature qui peuvent exister dans rair?Cette conjecture, qui gagne à' l'examen, s'appuie encore sur le fait observé par M. Fusini'eri, qu'où ^uvedu fer métallique et du fer à divers degrés d'oxidation, ainsi que du soufre, dans les dépôts pulvérulents qui entourent les fissures à travers lesquelles là loudre s'est ouvert un passage. .

l6o RKFL. R£LAT. AUX OBSERVATIONS PAÉGÉO£]!iTES.

1 6aa. Voyons maintenant comment on peut considérer les ccl^irs dechaleur, éclairs ainsi dénommés parce qu'ils brillent pendant les belles nuits de l'été.

Sénèque, en parlant de ces éclairs, dit <c qu'au lieu «c d'où ils partent, il se trouve des nuages que la forme « sphérique de la terre ne nous permet pas d'apercevoir, (c Le feu de l'éclair, lancé vers le haut, se montre dans a la partie pure et sereine du ciel, quoique formé dans oc un nuage obscur et ténébreux ( i ). »

Le P. Loseran de Fesc, dans une dissertation sur le tonnerre (couronnée en 1716 par l'académie de Bordeaux), professe la même opinion. Suivant lui, les éclairs de chaleur sont la réverbération, sur des couches atmosphériques plus ou moins élevées, d'éclairs ordinaires, produits dans des nuages orageux, que l'on ne peut apercevoir à cause de la forme arrondie de la terre.

Cotte explication a été adoptée par la plupart des physiciens.

On pourrait opposer à ce raisonnement, que la puissance réfléchissante de Tatinosphère suffit pour nous renvoyer la lumière crépusculaire dii soleil, mais non pour réverbérer celle -des éclairs, qui est comparativement beaucoup plus faible* M. Arago répond à cette objection par des faits, en montrant que la faible lumière qui résulte de l'inflammation de quelques onces de poudre se reflète dans l'atmosphère d'une manière très-évidente; dès lors on peut admettre que la réflexion infiniment plus vive de certains éclairs peut produire des effets semblables.

Citons des exemples. On trouve dans le voyage de Saussure, que, dans la nuit du 10 au 11 juillet 1783, cet illustre physicien se trouvait à l'hospice du Grimsel par un ciel calme et serein. £n regardant dans la direction de Genève, il voyait à l'horizon quelques bandes de nuages, d'où sortaient des éclairs qui ne «produisaient.

(1) Quest. nat. i^a.Sxxvi.

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