CHAPITRE II
« peine essuya-t-elle un orage accompagné de tonnerre; « elle arrive enfin , et pendant son séjour dans la rade ce (du 19 mars au 3o avril), le tonnerre ne cesse de gron- « der tous les après-midi. Z>jj 77eéf//> fait voile le i*"' mai pour a le port Jackson; pendant plusieurs jours elle se mainte tient presque exactement sur le parallèle de Sourabaya. «Toutefois, à peine a'-t-elle perdu de vue les terres de « Java , que le tonnerre cesse de se faire entendre. »
U semblerait résulter évidemment de ces faits, la conséquence qui est confirmée par d^autres observations, que l'atmosphère océanique est moins apte à engendrer des orages que celle des continents et des îles.
i6ao. Nous allons examiner actuellement dans quelle saison les coups de tonnerre foudroyants sont le plus fréquents.
Il y a un ancien dicton populaire ainsi conçu : que les tonnerres ne sont jamais plus dangereux que dans les saisons froides. M. Arago, désirant savoir à quoi s'en tenir à cet égard, a tenu note dans ses lectures de tous les coups foudroyants, à dates certaines , signalés par les navigateurs, et il les a classés par mois, en ne comprenant dans ce recensement que les événements d'iin seul hémisphère, attendu qu'au nord et au midi de l'équateur les mois d'une même dénomination correspondent à des saisons opposées. U n'a pas étendu non plus le champ de ses observations jusqu'aux régions tropicales, où les divers mois de l'année diffèrent très-peu entre eux sous le rapport de la température; il s'est borné à l'intervalle compris entre les côtes d'Angleterre et la Méditerranée inclusivement. /
11 résulte de trente observations, qu'en mer les tonnerres des mois chauds sont beaucoup moins dangereux H'Je ceux des saisons froides ou tempérées.
S ^l. Réflexions rclatwes aux obserifations précédentes.
16a I . M. Arago, en considérant , d'une part, l'excessive ^pidité avec laquelle la foudre traverse l'atmosphère et
l58 RÉhL, R£LAT. AUX ÔBSERVATIOIVS PAEGEDENTES.
les corps qui la propagent à la surface de la terre, est disposé à Tenvisager comme le résultat d'ondulations qui semblent mieux se concilier avec de setnbiables vitesses plutôt que de la su pposer formée de molécules malérieUta; mais eu songeant, d'un autre côté, aux grands effets mccftaîques qu elle produit et aux transports de poids considérables (|u'elle opère à de grandes distances , on ne peut se dissimuler toutes les difficultés que l'oû trouve à adopter ThypolKèse des ondulations fulminantes.
La matière fulminante, quelle qu'elle soit, et malgré son immense vitesse de propagation, n'a pas néan* moins une vitesse infinie , si on l'assimile à Téleotricité que nous produisons avec nos machines. Tout pcNte à croire d'im autre côté que, lorsqu'elle se meut dans 1 Mr atmosphérique , elle pousse devant elle les molécules qui le composent , d'où résultent des compressions et dilata*» tions successives dans toute l'étendue de sou traj.et. Or, comme toute compression d'un gaz, là où il existe des matières combustibles, est accompagnée d'un dégagement de lumière, la route suivie par la foudre doit être marquée par un trait lumineux ; cependant cette explication n'est point complète, puisqu'il faudrait supposer, dans ^ toutes les parties de latmosphère où brillent les éclairs, la présence de corps combustibles, sans lesquels, d'après les expériences de M. Thénard, il n'y aurait, point de lumière produite , celle-ci étant le résultat de la combu»' tion de ces corps au moyen de la chaleur dégagée dansla combustion. On n'a pas besoin de faire aucune supposition pour rendre compte des effets produits : car là où il y a un écoulement considérable de matière fulminante, et par suite d électricité (l'identité entre elles étant incontestable), il y a émission de lumière -daink. toute l'étendue de l'espace où il y a recomposition de& deux électricités. Pour moi, l'éclair est un effet absdit— »ment semblable à celui que l'on observe sur les deux faces» fortement chargées d'un tableau magique. Dans ce cai» , les deux électricités , pour reformer ^u «fluide neutre f