CHAPITRE il. l
plus violents tonnerres s'éteignant beaucoup plus facilement que celui du canon , il ne pourrait être entendu à de9 distances aussi considérables que celles oii le bruit de celui-ci est perceptible à notre oreille? C'est une question qui a déjà été soulevée par plusieurs personnes et qui mérite d'être étudiée, afin de connaître toutes les causes qui contribuent à affaiblir le bruit du tonnerre. Nous arrivons maintenant aux recherches qui . ont été faites pour découvrir la cause physique du ton* nerre, c'est-à-dire du bruit quil fait eptendre, car il ne peut y avoir aucun doute sur son origine qui est éminemment électrique.
Sénèque attribuslit le bruit du tonnerre au choc de deux énormes nuées (c).
Descartes n'a fait que reproduire cette explication , qui est inadmissible, puisqu'il tonne souvent sans qu'il y ait deux couches de nuages dans l'atmosphère.
Après l'explication de Sénèque et de Descartes on a fait intervenir l'atmosphère, en disant que, dans son trajet, la foudre refoule l'air et fait le vide partout où elle passe; dès lors le bruit serait produit par la rentrée subite de l'air dans ce vide.
Au surplus, quelle que soit la cause qui produit les détonations de la foudre, fût-elle lé refoulement de l'air, *on{e demande quelle est l'origine des longs roulements qui distinguent le bruit du tonnerre , auxquels.on a donné le oom X éclats.
Commençons d^bord par discuter jusqu'à quel point lei éclios peuvent être considérés comme cause productrice de ces phénomènes. Nous avons vu précédemment çie le roulement du tonnerre peut durer 3iS, 4 ' ^t même 45 secondes. A^t-on des exemples que des échos puissent ^ner lieu à d'aussi longs roulements?
M. Arago cite à ce sujet tme observation faite près âsslacs de Kilarney, par M. Scoresby, qui entendit le Wttit de Ja dé^îharge d'un pistolet pendant une demi*
(0 Quest. att , Uv. u, § xxvii.
l(>4 1>U ROULEM. DU TOïSN., DH StS ÉCLATS , ETC.
minute. Peut-être, si l'on eût observé le bruit du canon, le retentissement aurait-il duré 4^ secondes et même plus. L'intensité du bruitdoit être prise ici en considération, puisque dans une localité des environs de Paris, qui n'offre rien de remarquable sous le rapport des échos, à Montlhcry, au pied de la tour, oîi l'on fit des expériences sur la vitesse du son, les observateurs entendaient pendant 20 à 25 secondes le roulement du canon qu'on tirait près d'eux.
A la vérité les marins assurent qu'on entend également le roulement de la foudre en pleine mer , là où il n'existe aucun objet terrestre capable de réfléchir le son. Mais, en faisant cette objection, on admet tacitement que les nuages ne jouissent pas de la même propriété. Cependant on trouve, dansMuschenbroeck, une observation qui tend à montrer l'influence des nuages sur la réflexion du ison. Il dit positivement, que, dans la même localité où la décharge du canon ne fait entendre qu'un seul coup quand le ciel est serein , le bruit se répète plusieurs fois si le temps est couvert.
Dans les expériences faites sur la vitesse du son, à Villejuif età Montihéry, pareille observation a été faite. f( A Villejuif, dit M. Arago, il nous est arrivé quatre « fois d'entendre, à deux secondes d'intervalle, deux « coups distincts du canon de Montihéry. Dans deux a autres circonstances ^ le bruit de ce canon à été ac- « compagne d'un roulement prolongé. Ces phénomèliès « n'ont jamais eu lieu qu'au moment de l'apparition de « quelque nuage. Par un ciel complètement serein , le ic bruit était unique, il ne durait qu'un instant. »
Voyons maintenant s'il n'existe pas d'autres observations capables de nous éclairer sur la cause du roulement du tonnerre. Le docteur Robert Hooke est le premier qui ait fait intervenir iHie circonstance qui a été négligée par la plupart des physiciens modernes; c'est la distinction entre les éclairs simples et les éclairs composés ou multiples. Chacun des premiers n'occupe qu'un point dans l'espace, et produit un bl'uit* court et