‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 67 sur 145 · CHAPITRE ir. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE ir. j

instantané; le bruit des autres, au contraire, est un roulement prolongé, attendu que « les différentes parties, des a longuies lignes que ces éclairs occupent , se trouvant «'en général à des distances diverses, les sons qui s'y a engendrent , soit successivement , soit au même ins- « tant physique, doivent employer des temps graduelle- «c ment inégaux, pour venir frapper l'oreille de Tobser- « valeur. »

M. Robisson a reproduit cette ingénieuse explication dans l'Encyclopédie britannique.

Voici la traduction du passage où elle se trouve consignée : «J'aperçus un éclair parallèle à l'horizon et qui pouce vait avoir trois milles de long. Il me parut coexistant : « personne n'avait pu dire par quelle extrémité il com- « mença. Le tonnerre se composa, au début, d'un coup « très-intense , et ensuite d'un roulement irrégulier qui « dura environ quinze secondes. J'imagine que les dé- « tonations arrivèrent simultanément dans^ la vaste « étendue de l'éclair , mais qu'elles ne furent pas partout « de la même intensité; différentes portions de l'agita- « tipn sonore arrivèrent jusqu'à l'oreille, les unes après « les autres, à l'aide des ondulations de l'air; ce qui «produisit l'effet d'un son prolongé. Telles seraient «ai|ssi les apparences pour une personne placée, à l'ex- « trémité d'une longue tîle de soldats qui tireraient tous «leurs fusils au même instant; cette personne en- « tendrait de même un roulement irrégulier, si les fu- « sils n'étaient pas également chargés dans les différentes « parties de la file. »

Il n'est pas besoin d'en dire davantage pour montrer l'étroite liaison qui existe entre les éclats du tonnerre et les zigzags, des éclairs.

L^ théorie précédente du roulement du tonnerre peut servir à donner, sinon les vraies longueurs des éclairs, du moins^des valeurs plus petites. C'est déjà beaucoup pour la science d'avoir une limite. Supposons un éclair situé tout entier d'un côté du zénith et menons deux ''ayons visuels à ses extrémités. Ces deux rayons et l'é-

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clair suppose dirigé en ligne droite formeront un triangle. Or, comme dans tout triangle un côté est toujours plus petit que la somme des deux autres, il en r^ulte que la différence des deux rayons visuels est plus petite que la longueur de Téclair. On peut évaluer de la manière suivante en mètres la différence des deux rayons visuels : il faut avoir égard à la durée du roulement; cçtte durée, comme on l'a déjà vu, est le temps dont le son a besoin pour parcourir un intervalle égal à la différence de longueur des deux lignes menées aux deux extrémités de l'éclair. Il suffit donc de multiplier par 337 le nombre de secondes qui exprime la durée du rou* lement du tonnerre; le produit est la limite en moins qu'on cherche. On a supposé que l'éclair était placé d'un seul côté du zénith ; mais les conséquences seraient en-^ core les mêmes si l'éclair avait toute autre position; aeule^ ment les limites calculées seraient encoreplus au-dessous de la longueur réelle de l'éclair.

Je passe sous silence les explications qu'on a données de l'odeur développée par les coups de foudre^ ainsi que des effets de fusion, de vitrification instantanée qu'elle produit , attendu que je ne pourrais rien ajouter à ce que j'en ai déjà dit dans le quatrième volume*

i6a3* J'ajouterai seulement diverses observationa sur quelques effets mécaniques de la foudre, qui peuv^it ser^ vir à expliquer les phénomènes de transport*

On sait que lorsqu'un corps est brisé par la foudre, ses débris sont lancés dans toutes sortes de directions. Celait, suivant M. Arago,ne peut guère s'expliquer en s'appuyant sur la seule théorie du choc des corps. Pour en rendre raison 9 il faut admettre que la foudre développe, lors de son passage dans les corps qui renferment de l'eau ^ de la vapeur dont la force expansive s'étend 6n tous les sens. Or, la chaleur que la foudre développe en traversant lés fils métalliques étant suffisante pour les fondre, om. doit en conclure qu'elle doit élever considérableiile&fc la température des minces filets d'eau qu'elle trouve samr son passage. En outre, lorsque.- l'eau atteint la tem.**

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