CHAPITRE H
pérature de 260°, sa force élastique est déjà de 4 5 atmospiièi'cs. Quelle force ne doit-elle pas avoir :i une itempérature beaucoup plus élevée ! Il n'en faut pas da- .vaulnge pour concevoir l'action mécanique de la foudre, ^fi6 des corps tels que les arbres qui renferment de l'eau, ^'est ainsi que la foudre fend le bois, suivant sa longueur, :en une multitude de lattes minces ou de filets très-déliés; (qu'elle sépare dans le bois vert l'écorce du -tronc; que ce tronc, les branches, les feuilles et l'écorce sont souvent complètement desséchés par suite de la dispersion de il'eau, sans offrir aucune trace de combustion. Il peut (lès-bien se faire que la force expansive de la vapeur d'eau produite par le passage de l'électricité dans le bois oit la cause des effets dont je viens de parler; mais on ►eut les interpréter encore en supposant que la déiharge électrique éprouve une résistance moindre en tarcourant les fibres ligneuses dans le sens de leur diï«ctiôn, que dans le sens transversal; il résulte par ce oyea une action expansive, un clivage eu lattes.
§ IX. Des paratonnerres.
1624- ^B n'aurai que peu de chose à dire ici sur les iratonuerres, attendu que j'en ai parlé déjà avec de «rands développements dans le quatrième volume; je crois puvenable cependant d'y revenir afin de rapporter juelques faits relatifs à la distance à laquelle les parapnnorres exercent leur action préservatrice, vu que PS instructions qui ont été données , à cet égard , ne ont appuyées cVaucune preuve ;
Le iS mai i ^7^ , la foudre frappa le magasin à pou- Ire de Purfleet, à 5 lieues de Londres, quoiqu'il y eût ta paratonnerre ; or, la pointe de ci; paratonnerre était à i6 pieds anglais de hauteur au-dessus du niveau des lalles de la corniche, et la distance horizontale comprise entre le prolongement vertical du paratonnerre et un crampon qui fut foudroyé, n'avait que 'if\ pieds. On voit ^ar là que te paratonnerre n'a pas garanti, à la base du
DES PARATOVHERmES.
toit, un espace circulaire cTun rayon double de sa hauteur, comme on le croit généralement.
Le 17 juin 1774? '^ foudre en tombant à Tenterden (Kent), démolit une cheminée éloignée de 5o pieds an* glaU de la tige pointue d'un paratonnerre , place surune autre cheminée ; cette pointe ne dépassait le niveau des ■autres cheminées que de 5 pieds. Dans ce cas, la distance était dix fois plus grande que la hauteur des-paratonnerres au-dessus du point foudroyé.
' I^ 17 juin 1781 , un violent coup de foudre frappa, dans la maison des pauvres de Heckingham, un point situé à une distance horizontale de 55 pieds anglais de la partie inférieure du paratonnerre. La sommité aiguë de la tige ne s'élevait pas de plus de nn pieds au-dessus 'du niveau du point foudroyé.
. Ce dernier fait, et d'autres analogues que je pourrais citer, tendent néanmoins à prouver, en général , comme on Fa avancé, que l'action préservatrice du paratonnerre s'étend au double de la hauteur des tiges, au-dessus dé leurs points d'attache. •^
Avant de terminer, je rapporte divers passages tires de plusieurs ouvrages des philosophes de l'antiquité, lesquels portent h croire que les anciens connaissaient le procédé à l'aide duquel on soutire la foudre des nuées.
Suivant eux , faire descendre le tonnerre ou la diviiiité était la même chose. Au rapport de Pline, Numa avait eu fréquemment ce pouvoir, et Tullus Hostilius, son successeur, périt pour avoir employé avec maladresse ce dangereux procédé. Je trouve effectivement dans Pline ce passage remarquable , relatif à Tullus Hostilius. Dans lé moment où il imitait, d'une manière irrégulière , le procédé de Numa , ïuUus fut frappé de la foudre : Quodscilicet fulminis evocationem. imitatum parum ritCj Tullum Hostilium icturn fulmine (i).
(i) Plin. IV, c. II, §3