CHAPITRE IV
M. Peltier a cherché ensuite à expliquer le bruit qui accompagne quelquefois l'apparition des trombes, en l'attribuant à une multitude de petites décharges partieltes dont nous ne nous rendons pas bien compte. Ces bruits doivent varier , suivant lui , avec la conductibilité des substances. Ils sont plus forts à l'extrémité des trombes qui traversent les campagnes à cause des poussières, des terres meubles qui terminent inférieurement le conducteur. Ils perdent de leur intensité au- / dessus de la mer , en raison de la meilleure conductibilité des particules aqueuses et de leur égale distribution.
£n s'appuyant sur la marche de l'air dans les diverses actions attractives et répulsives auxquelles elle est soumise, et en ayant égard à la rencontre de courants contraires et d'inégale force, d'obstacles divers, il cherche à expliquer comment le mouvement direct imprimé à l'air se change en un mouvement giratoire plus ou moins prononcé. Il en résulte que le même météore peut offrir^ à divers instants, des exemples de mouvements directs, plus ou moins altérés, et enfin giratoires.
Les actions électriques par influence sur l'eau produisent des effets dont nous avons parlé précédemment et qu'on retrouve dans la nature. Si le corps est régulier, ou s'il agit à une distance telle que. la décharge électrique ne puisse s'effectuer suffisamment, il en résulte une attraction du liquide qui se trouve alors dans un ét^t électrique contraire. L'eau s'élève en boutons coniques, et s'abaisse aussitôt que la décharge s'est effectuée. Si au contraire le corps éleclrisé est couvert de pointes ou d'aspérités favoralDles au rayonnenient électrique, et si alors l'eau reçoit une quantité considérable d'électricité, il s'établit alors dans l'eau un phénomène analogue à celui de l'air: les couches supérieures recevant plus d'électricité qu'elles n'en peuvent écouler, sont repoussées par le corps ou le nuage électrique, et se refoulent ellesmêmes les unes les autres. Il se fait alors une dépression au-dessous, qui est bientôt remplacée par les couches infé-
igS EXPLICA.TIO]f DES TIOMBES.
rieures. 11 en résulte des courants directs qui se changent bientôt en un mouvement giratoire, comme ceux que l'expérience indique dans les vapeurs ou dans l'air.
M. Peltier part du même principe pour expliquer l'évaporation successive de l'eau des mares, et même de la masse d'eau entière, quand les tensions électriques sont suffisantes. Dans ce cas , ces masses d'eau sont enlevées comme les arbres , les tuiles , etc.
L'écoulement d'une certaine quantité d'électricité à travers un liquide, quand il se fait sans choc, ne paraît pas affecter les animaux qui y vivent, à moins que cet écoulement n'élève considérablement la température; mais si au lieu d'un simple écoulement, il s'opère une décharge d'une intensité suffisante, la plupart des poissons sont foudroyés, soit par un effet direct, soit par un effet de choc en retour. Aussi remarque-t-on quelquefois que lorsque les poissons d'un étang ont été tués, il y a eu une décharge électrique à distance.
Les effets mécaniques de l'électricité se montrent aussi bien dans ces météores que les effets statiques; si le< corps fixés au sol sont armés de pointes ou de tout autre conducteur, ils rayonnent vers le nuage une électricité contraire. Cette dernière est plus ou moins abondante^ selon la conductibilité du corps et son contact avec un corps humide '^ selon les circonstances, il peut en résulte^ un courant suffisant pour élever la température des portions les plus résistantes. S'il s'agit de plantes humides ^ l'élévation de température peut vaporiser toute la sève. Cet effet se retrouve dans les relations détaillées des trombes, où il est dit que les feuilles des plantes ont été desséchées, crispées. et grillées sur les bords.
Mais lorsque les nuages sont assez abaissés pour fournir une grande quantité d'électricité, ils se mettent en communication avec les arbres quiservent à l'écoulement de l'électricité. Leur température s'élève suffisamment pour vaporiser à la fois toute l^i sève. Quand là force répulsive de l'électricité est plus grande que la résistance des tissus , l'arbre est clivé dans les endroits qui offrent