‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 85 sur 145 · CHAPITRE V. aog · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. aog

Ta vue circulaire, les rayons inégaux ne s'étendant pas à plus de 8^ à 12^ degrés du zénith, tandis que d'autres ibis ils vont jusqu'à riiorizon.

Si Ton pense qu'alors tous ces rayons dardent avec vivacité , variant continuellement et subitement dans leur longueur et leur éclat ; que des belles teintes rouges et vertes les colorent par intervalles; que les mouvements ondulatoires ont lieu, que les courants lumineux se succèdent, et enfin que la voûte céleste tout entière offre une immense et magnifique coupole étincelante, dominant un sol couvert de neige qui, lui-même, sert de cadre éblouissant à une mer calme et noire comme un lac d'asphalte, on n'aura encore qu'une idée très-imparfaite de Tadmirable spectacle qui s'offre à l'observateur et qu'il faut renoncer à décrire.

La couronne ne dure que quelques minutes; elle se forme quelquefois instantanément, sans aucun arc préa* lable. Il y en a rarement plus de deux dans la même nuit, et bien des aurores n'en ont montré aucune trace. La couronne s'affaiblit , tout le phénomène est au sud du zénith, formant des arcs plus pâles et qui disparaissent généralement avant- d'avoir atteint l'horizon sud. Le plus ordinairement tout ceci a lieu dans la première moitié de la nuit , après quoi l'aurore parait avoir perdu de son intensité; des faisceaux de rayons, des bandes , des fragments d'arcs paraissent et disparaissent par inter- YaUes;puis les rayons deviennent de plus en plus diffus: ce sont des lueurs vagues et faibles qui finissent par occuper tout le ciel , groupées comme de petits cumulus, et désignées sous le nom Aq plaques aurorales. Leur lumière lactée éprouve souvent des changements très-vifs dans son intensité , semblables à des mouvements de dilatation et de contraction qui se propagent du centre à la circonférence, et réciproquement, rappelant ceux de ces animaux marins nommés méduses. La lueur crépusculaire arrive peu à peu , et le phénomène , faiblissant graduellement, cesse d'être visible.

D'autres fois les rayons paraissent encore avec le com-

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IIO DES DIVER. THiOR. IMAGIN. POUR EXPL. , ETC. ,

mencement du jour, même lorsqu'on peut lire sans difficulté le texte d'un imprimé; puis ils disparaissent tout à coup ; ou bien^ à mesure que le crépuscule augmente, ^ ils deviennent vagaes, prennent une couleur blanchâtre, et finissent par se confondre avec les cirrho-stratUs , de tcftle sorte qu'il devient impossible de les distingtjef de cette espèce de nuages.

En résumé, nous voyons d'abord que les atirofes h(h ' rëales , lor^ de leur apparition , dérangent ordinairement la marche régulière de l'aiguille aimantée. J'indiquerai, en traitant des variations diurnes, en quoi Consiste Fin-' fluence qu'exercent sur elle ces météores.

Noos voyons ensuite que pendant leur apparitiM Oit aperçoit souvent vers le nord et quelquefois même vers le couchant des rayons, diversement colorés, qui jkil-' lissent de tous les points de l'espace, et se dirigent ordinairement vers le méridien magnétique.

Avant que ces rayons se montrent, on aper^it des cercles concentriques , coupés en deux parties égales par le méridien magnétique. Nous pouvons inférer de' là qu'il existe une liaison intime entre les causes de l'anroref boM réale et celles du mas^nétisme terrestre.

§ II. Des diverses théories imaginées pouf eJipUquer

les aurores boréales.

i632. Avant de faire connaître^ avec des dévéld|rpements suffisants, le mode d'action exercé par lesaotores sur Taiguille aimantée , je vais reprendre les divelWS théories, dont j'ai parlé précédemment, qui otit été ftflaf ginées pour expliquer ce singulier phénomène; ôtf mdll-' trant en même temps leur insuffisance pour rendit compte des effets observés , je passe sous silence fontes les idées erronées et superstitieuses mises jadis en avant pour les interpréter.

Je commencerai par Halley qui supposa que Tàtt-^ rore était due à des tourbillons magnétiques, traversant 1» terre arvee une excessive vitesse du sud a!U' tfol*d,'et

rfclïA*ITRE V. in

pôiit^ant dèvèâîr iuriiîneux par eux-mêmes bu par leuî* contact àyëô les substances terrestres qu'ils rehc6*ntraîent. 'Lés idtirbitlons ayant été abandonnes, on mit èh avant [/fusièùfs causes qui fixèrent peu l'attentioii publique. Màirad vînt à son tôùr, comme je Tàî déjà dît, et partant au fait qu'il existé autour du soleil liiie espèce de vapeur lùniinéùsé, d'une ténuité extrême, àtfmît ^tfî*lè-ch'amp que l'aurore boréale n'était qu'une pôrtîo'n dé cette vapeur , où plutôt une portion dé l'atmosphère sblàîré que là terre rencontrait sur sa route et emportait avec elle, dans l'espace.

Quoique cette théorie présentât de grandes difficultés pour faire ainsi voyager l'atmosphère solaire , néanôioinâ" Màîran la défendit avec talent , et parvint même à la' faire adopter par les hommes les plus distingués de son époque. Cette théorie fut donc admise par les savants jusqu^n 1740, époque oïl Celsius elrNiorter découvrirent que les aigtûlles aimantées éprouvaient une agitation extraordinaire lors de l'apparition des aurores. On ôb-; serva successivement plusieurs dés effets dont il à été question précédemment, et qui firent supposer que Télectrîcîté.devait jouer un rôle, et même un rôle important, dànsi liât production du phénomène. Mais il ne suffisait pas de trouver une identité eiitre la lumière électrique

et celle dés aurores : il fallait enéore démontrer Tèxistencé

cTûné quantité suffisante d'électricité" dans l'atmosphère. Franklin , et quelques physiciens qui vinrent ensuite , démontrèrent bien qu'il existe en tout temps , péùdànt le jour et pendant la liuit, une certaine quantité d'électricité libre dans l'air; mais cette quantité n'était pas su^sàhte pour expliquer tous les effets observé» dans les aurores.

Daiton , dans un ouvrage ayant pour titré : Meteofo- ^gicdl Observations and Essays ^ publié en 1793, exposa aussi ses- idées sur Tàurôre boréale ; je vais en aonnef ici un aperçu :

tiC phénomène de l'aurore se passe à 1 5o milles d'élévatîôn de Ta' surface de la terre. En s'élevan^ au-dèissus'

a 1 2 DES DIVERS. THEOR. IMAGIN. POUR EXPL. , ETC.

de celle-ci, on trouve d'abord la région des nuages , puis celle des météores, tels que les étoiles filantes, les globes de feu , etc. ; au delà est la région de l'aurore. La grande élévation de l'aurore, sa lumière extrêmement affaiblie, qui peut s'étendre sur une moitié de l'hémisphère^ sont autant de preuves de la grande élévation de l'aurore. Dalton appelle encore à son aide les effets électriques lumineux produits dans Tair plus ou moins raréfié. 11 attribue, en outre, une origine ferrugineuse aux rayons de l'aurore boréale, en raison des propriétés magnétiques du fér. Je passe sous silence d'autres assertions plus extraordinaires encore, qui ne peuvent supporter le plus léger examen, dans l'état actuel de la science , pour en venir à l'explication rationnelle de quelques-uns des effets principaux que l'on observe pendant la durée du phénomène.

Si les jets de lumière semblent converger vers le méridien magnétique, ce n'est là qu'une illusion d'optique, attendu que ces rayons, étant parallèles à l'aiguille d'inclinaisQn, doivent tendre vers un point situé dans le plan du méridien magnétique qui passe par l'œil. Lorsqu'un certain nombre de ces rayons sont amenés au-dessus de la tête de l'observateur, de manière à dépasser les points du ciel qui correspondent au méridien magnétique, là projection de tous ces rayons doit former sur la voûte céleste, autour de ce point, une couronne lumineuse dont les traits divergents paraîtront descendre de toutes parts vers l'horizon, jusqu'à la hauteur apparente à laquelle les rayons météoriques seront descendus eux-mêmes par l'effet de leur mouvement progressif. Cette démonstration fut adoptée par Cavendish, dont l'opinion est ici d'un grand poids en raison de la sévérité qu'il apportait dans tous ses jugements.

Suivant Dalton , l'action exercée par l'aurore est dépendante de sa hauteur au-dessus de l'horizon; quand cette hauteur est très -grande, l'aiguille ainiantée n'éprouve aucune espèce de perturbation. Quand l'aurore s'élève au-dessus du zénith, et même le dépasse, cette perturbation consiste en une oscillation irrégulière , tan-

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