CHAPITRE III. a
le courant électrique persistant, le mouvement rotatoire s'est arrêté une minute après, et n*a pas tai*dé à repren* dre ; quand il a été bien rétabli, on a rétrogradé successivement d'un jusqu'au dix -huitième couple; alors le mouvement s'est arrêté et a repris une minute après.
L*eau de la pile ayant été enlevée, on a chargé celleci avec de l'eau renfermant environ *^ de son poids d'une solution saturée de sel marin et renfermant quelques gouttes d'acide sulfurique. Avec la même tige de chara, le mouvement a été arrêté avec un couple, et s'est rétabli quelques instants après.
Nous avons fait beaucoup d'autres expériences qui ont conduit, comme les précédentes, aux conséquences suivantes : I® l'électricité qui traverse la tige du chara tend à produire, dans les premiers instants , un engourdissement dont l'intensité dépend de la force du courant; 2° le courant agit en même temps et également sur les mouvements ascendants et descendants ; 3*^ le sens du courant ne paraît établir aucune différence dans son mode d'action ; [\^ si le courant provient d'une.pilechargéeavec de l'eau, il faut employer un certain nombre de couples pour arrêter le mouvementde la lymphe; quelques instants après ce mouvement recommence peu à peu sous l'iufluence du courant et finit par acquérirla vitesse qu'il avait primitivement. En augmentant le nombre des couples, il y a un nouvel arrêt, et ensuite reprise de mouvement: ainsi de suite, jusqu'à ceque le courant ait assez d'intensité pour arrêter le mouvement de rotation pendant quelques heures. En rétrogradant, c'est-à-dire, en diminuant successivement le nombre des couples , on retrouve encore des arrêts et dets reprises de mouvement. Le passage de l'électricité ne produit aucune désorganisation , puisqu'un repos plus ou moins long rend à la plante ses facultés naturelles.
En expérimentant avec une pile chargée avec un liquide actif et bon conducteur , on observe des effets semblables, si ce n'est qu'il ne faut employer qu'un petit nombre de couples pour les obtenir. Comparons ces effets arec ceux qui sont produit^ par la chaleur , puisque le
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courant, en traversant la tige du cluirn, a dû élever sa
, ton) pé rature. A partir de zéro, la circulation du chara
r a'accéicre à mesure que la température monte ; à 1 8° ou
' IÇf" , elle est très-rapide. Elle diminue ensuite justiu'à
37", oii elle est très-ralentie, puis sa vitesse augineute,
et ainsi de suite jusqu'à 45, où tout mouvement cesse
' pour ne plus reparaître; la plante éprouve alors une
F désorganlsatiou qui détruit le mouvement rotatoire de»
globules.
L'électricité produit constamment sur le chara d« alternatives semblables, c'est-à-dire, des arrêts et des [reprises de mouvement , même quand on emploie des r courants de faible intensité, qui ne dégagent que peu de ^ chaleur, comme nous le prouverons incessamment, et [qui, en raison de cela, devraient produire une accélération. Mais nous ne l'avons jamais observé dans la circulation, comme peut en produire la clfaleur, à moins qu'il n'y ait eu un arrêt préalable. C'est en cela cjae consiste la différence que nous avons trouvée entre le mode d'action de l'électricité et celui de la cbaleur.
Voici maintenant comme on peut interpréter l'action de l'électricité : lorsqu'un courant électrique traverse un corps quelconque, il commence par faire perdre à ses molécules leur position naturelle d'équilibre, d'où résulte ordinairement un dégagement de chaleur, et , dans quelques cas particuliers, un abaissement de température. Si l'intensité de ce courant est sufBsaute, les molécules sont séparées, et même décomposées; si elle est trop faible pour produire ces derniers effets, les molécules reprennent peu à peu leur position primitive aussitôt que l'action du courant a cessé. C'est alors que les propriétés physiques du corps redeviennent ce qu'elles étaient avant que le courant l'eût traversé. Mais ce qu'il j a de particulier dans le chara, et que nous signalons à l'aitenlion des physiologistes, c'est qu'après que Iccoui-auti pcoduitles effets physiques ci-dessus mentionnés, lesquels sont accompagnés d'une action engourdissante, les forces qui produisent lu circulation , et dout la nature est incou-
cfiAPiTfiE Ji. aSy
nue, font un effort pour lutter avec assez d'avantage contre , afin que les molécules organiques,
Ja force éicctr
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quoique dérangées cle leur position naturelle d'équilibre recouvrent Icnrs propriétés primitives. L'action qui délerinino le mouvement rotatoire l'emportant sur l'action dn courant, celui-ci continue n agir sans troubler ce mouvement. Cette lutte cesse quand le courant possède pne intensité suffisante; les forces vitales, après avoir Tait des efforts qui les épuisent momentanément , repren-
int leurs facultés après un certain temps de repos, une Fois qu'elles ne sont pins soumises à l'action de l'élecricité.
Si l'on compare les effets que nous venons de décrire [Vec ceux qui sont produits par la chaleur, nous trouvons les différences notables, qui nous mettent à même de conclure que le courant électrique agit ici d'une manière particulière.
Ce qui se passe dans le cliara a lieu probablement Inssi dans tous les corps organisés où l'on observe des liquides en mouvement sous l'empire de la vitalité , Httendu que cette puissance, qui est encore, pour nous, couverte d'un voile épais, est soumise dans tous les torps vivants aux mêmes lois.
, Dans les recherches dont je viens de rendre compte, ' " suivi une marclie philosophique pour arriver à la connaissance de la force qui pi-oduit la circulation de la ' 'e dans tes plantes; j'ai mis cette force en présence
litres forces dont les effets étaient bien définis, afin connaître les rapports qui existent entre elles. De la comparaison des eflets observés, nous avons conclu que les iauses qui produisent le mouvement rotatoire ne peuvent 6li"e rapportées, suivant toutes les apparences, à l'électricilë qui réagit ici d'une manière particulière, dont pous n'avons pas encore eu d'exemple dans l'étude que lous avons faite de toutes ses propriétés.