‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 145 sur 364 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

saivra Ja section principale pendant la première demirévolutioa , la précédera pendant la seconde, et passera en même temps que ce plan dans celui du méridien. Ainsi, dans ce second cas, il y aura des directions du vaisseau où Faction des masses de fer l'emportera sur celle du globe, et produira même un retournement complet des. deux pôles do la boussole. I^ calcul montre également que, pour chaque vaisseau, le déplacement rrfolutîf de l'aiguille aura toujours lieu, quelle que soit k di^j^button des masses de fer, eu s'éloignant convenablement de l'équàteur; mais jusqu'à présent les navigateurs ne se sont pas encore assez approchés du polc, pour que cet effet ait pu éti*e observé. Il y a aussi un cas singulier qui se rencontrerait difficilement dans la pratique y où les masses de fer seraient tellement disposa dans le navire, qoi'en tous les lieux de la terre 1 aiguille demeurerait constamment dans le plan de la section principale.

Non-seulement dans le cas du déplacement révolutif de la boussole, sa déviation n'a pas de maximum, mais dans Tautre cas où il en existe un, il ne répond pas, ocmoroe on pourrait le croire, à la direction de la section principale du navire perpendiculaire au méridien magnétique, et peut quelquefois s'en écarter beaucoup. Toutefois, la déviation correspondante à cette directionjouît d'une propriété très-digné de remarque. En deux points quelconques du globe, aussi éloignés Tun de l'autre que l'on voudra , les tangentes de cette déviation sont entre elles comme les tangentes des inclinaisons magnétiques. Ce théorème est indépendant de la distribution des masses de fer du navire; il suppose seulement qu'elles soient symétriques des deux côtés de la section principale et qu'elles ne changent pas dans le trajet du point à l'autre de la terre. Pour le vérifier, M. Poisson a pris des observations faites dans les voyages au pôle nord que j'ai cités plus haut.

Dans celui du cap. Ross, en 1818, on a trouvé à bord de F Isabelle^ pour la déviation dont il s'agit,

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observée à l^^rwick (îl«s Shetland), 4" 34' à l'E. du méridien magnétique, quand la section principale du navire était aussi dirigée vers l'E., et 5° 1 1' à TO., lorsque cette section était tournée vers l'O. I^ différence de 37' qui existe entre ces deux déviations petit être attribuée, en partie à un petit défaut de symétrie dans la distribution des masses de fer, et en partie aux erreurs inévitables des observations. En même temps, l'inclinaison à Lerwick était de 74*" ^^'- ^^^ u" point de la baie de Baffin, où Tinclinaison s'élevait à 8§*.5o', les déviations que nous considérons, ont été delt^* 3o' à TE. et iS** à l'O. Or, si l'on prend leur moyenne, l'j'* 4^' pour la déviation en ce lieu de la terre, corres* pondante à la direction perpendiculaire au méridien magnétique, la proportion des tangentes donne 4*^ 4^' pour cette déviation à Lerwick; valeur comprise entre les deu\ déviations mesurées en cet autre lieu et qui ne difïerent de leur moyenne 4° Sa' 3o", que de 6' 3o". Réciproquement, en prenant cette moyenne et la précédente pour les déviations observées à I/erwick et à la baie de Baffin, et partant de l'inclinaison 85** 5o% observée dans le second lieu , cette même proportion donne 74''4< ' potir l'inclinaison à Lerwick; ce qui n'excède que de 19 l'inclinaison i^'j^'^t^' directement mesurée.

A bord de CUécla , dans le voyage du capitaine Parry, en 181 8 et 1819, on a trouve, à Northfleet (près de Londres), 4"" 4>' '^ l'I^f pour la déviation, lorsque la section principale était dirigée vers l'E. du méridien magnétique. Celle qui avait lieu lorsque cette section était tournée vers TO. n'a pas été observée. L'inclinaison était de 70° 3o'. En un point de la baie de Baffia différent de celui de l'observation du capitaine Ro^ et où l'inclinaison était de 84° j5', cette déviation, aussi vers !'£., s'est trouvée de i5° 5'. Or, d'après ces deux inclinaisons et cette dernière déviation, la proportion des tangentes donne 4'' ^3' pour la déviation à Northfleet, ou seulement 18' de moins que la déviation observée. Réciproquement, en prenant les déviations observées

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4** 4^' et i5" 5', et y joignant riiidinaison 70" 3o' qui répond à la première, on trouve, par cette même proportion, SS"" 5^' pour rinciinaison à la baie de fiaflin, :-est-à-dire a3' de moins que celle qui a été directement ibservée. On jugera sans doute remarquable qu'au moyen le variations de la boussole, observées à bord d'un même vaisseau, en deux lieux de la terre aussi éloignés l'un le Tautre, et de l'inclinaison mesurée en Tun de ces )ointâ, on puisse calculer, à moins d'un demi-dçgrcprès, 'inclinaison relative à l'autre.

Dans les diverses applications que M. Poisson a pu aire des formules de ce mémoire aux observations, le «us des déviations observées a toujours été celui que la béorie indiquait. En grandeur absolue, les différences !Qtre le calcul et Texperieuce ont été peu considérables. Dais non pas aussi petites cependant que dans les exemiles que je viens de citer. Il y a lieu de croire qu elles liminueraient encore et pourraient être attribuées enièrement aux erreurs des observations, sur un vaisseau iféparé d'avance, de manière que la distribution des nasses de fer approcbât autant qu'il est possible de la ymétrie, de part et d'autre de la section principale. fais, dès à présent, l'accord du calcul et de l'observaion est bien suffisant pour ne laisser aucun doute sur exactitude de la théorie et de ses applications à la praique.

Puisque le problème présente deux inconnues à déterminer, l'inclinaison et la déclinaison vraies, il y faut mployer deux données ^e l'observation. Celles qu'exient les formules de ce mémoire que j'ai citées jusqu'ici, ^^i les angles de la section principale du vaisseau et e la direction apparente de la boussole, avant ^t aprt*s i)e l'on a fait tourner cette section d'un anglpcoiinu( lais on peut éviter cette manœuvre au moyen d'autres irmules que Ion trouvera également dans I0 nicmoire e M. Poisson, et dont l'application sera, h ce qu'il rpit, plus immédiate et par conséquent plus commode ins la pratique. Pour cela, il suppose que, sans cliau-

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ger la symétrie des masses de fer, on y ajoute un morceau de ce métal, assez rapproché de la boussole pour en changer notablement la direction, et qui pourra être, par exemple, la plaque de M. Barlow, mais sans qu'elle soit assujettie à faire disparaître ou à doubler les déviations de Taiguille. Par l'effet de cette addition, les deux constantes contenues dans ré(|uation d'équilibre prendront des valeurs difTérentcs de celles qu'elles avaient auparavant, que l'on déterminera, comme celles-ci, au départ du navire, et qui dépendront de la position qu'on aura donnée à la plaque. Cela posé , lorsque le vaisseau sera parvenu en un point quelconque du globe, on observera; sans rien changer à sa direction et sans connaître même Tazimut de sa section principale, les angles différents que fait cette section avec la direction apparente de la boussole, soit quand la plaque agit sur l'aiguille, soit lorsqu'elle est assez éloignée pour ne plus exercer une action sensible; puis, au moyen de ces deux données de Tobservation , on calculera facilement l'inclinaison et l'angle que fait la direction vraie de la boussole avec la section principale, en sorte qu'il ne restera plus qu'à orienter le bâtiment par les moyens ordinaires, pour connaître la déclinaison vraie au lieu de l'observation.

Dans le mémoire dont je viens de donner un extrait, se trouvent plusieurs considérations sur le magnétisme terrestre, dont je ne puis me dispenser de pajrler ici, en raison de leur importance. M. Poisson a réuni dans un premier paragraphe les formules connues qui se rapportent aux directions et aux oscillations de l'aiguille horizontale et de l'aiguille d'inclinaison. Il a aussi rappelé dans ce même paragraphe le procédé qu'il avait indiqué autrefois pour comparer les intensités de la force magnétique du globe en deux lieux différents et à des époques éloignées l'une de l'autre, au moyen de deux aiguilles aimantées et librement suspendues, soumises k leur action mutuelle et à celle de la terre , et qui peuvent n'être pas les mêmes à ces deux époques. M. Gauss a fiUt

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