CHAPITRE XL l
plus que de les indiquer, il a mis en pratique un procède analogue à celui-là, dans lequel cet illustre géomètre a substitue la mesure de la direction des aiguilles à Tobser- Tition de leurs oscillations que M. Poisson avait proposée. £o prenant implicitement pour unité de force l'action attractive ou répulsive des fluides magnétiques sous Tuoité de masse et à Tunité de distance; en choisissant, en outre, le millimètre, la seconde sexagésimale, la masse dont le poids est un milligramme, pour unité de longueur, de temps , de quantité de matières , M. Gauss a trouvé 4,8o85pour le nombre qui exprimait, h Gœttingue et au milieu de i832, la force magnétique du globe. Pour que Ton en pût conclure le rapport de cette force à la gravité, il faudrait que, sous des masses égales et à la iiieme distance , le rapport de la puissance magnétique à l'attraction newtonienne nous fût connu. D'après Tobservation de la pesanteur h la surface de la terré, la longueur de son rayon , sa densité moyenne déterminée par Cavendisli, nous pouvons facilement connaître la mesure de cette attraction, c'est-à-dire, la vitesse que l'attraction d'une masse homogène, sphérique et prise pour unité, imprimerait en une unité de temps à un point matériel., d'une nature quelconque, ainsi que la masse attirante, et situé à l'unité de distance du centime de ce corps. Mais quant à la mesure absolue du pouvoir magnétique, je ne vois aucun moyen de la connaître ni même de savoir , à la rigueur , si cette puissance varie avec le temps : au lieu du nombre 4,8o85, déterminé à Gœttingue, si l'on en trouvait un autre dans le même point du globe, mais à une époque très-éloignée de la nôtre, on ne pourrait pas, en effet, décider si ce changement proviendrait de ce que la force magnétique de la terre aurait varié dans l'intervalle par une cause locale ou générale, ou bien de ce que là puissance attractive ou répulsive, inhérente aux particules du fluide magnétique, serait devenue plus grande ou plus petite. Nous savons seulement que cette puissance est immensément plus grande que l'attraction universelle; mais,
l54 RECHER. ANALTTIQVfft DB ¥• POISSON.
faui# 4^ pauviHr ^ppjréoier le rapport de l'une 4e ces farces k l'autre, nous ne pouvons pas non plus ooniiairre quelle serait la vitesse que Taction magnétique du globe imprimerait au fluide magoétiquo qui vieuc|rait à se détacher d'une aiguille aimantée. En faisant une supposition convenable sur le rapport de la puissance magnétique à rattraction générale, ou peut rendre cette vitesse dans le sens vertical égale à celle de la lumière, et même beaucoup plus grande; ce qui montre comment une certaine action d'un corps, sur des particules d'une extrême ténuité, situées/ à sa surface, peut les lancer dans l'espace avec une immense vitesse, comme on le suppose à l'égard du fluide lumineux dans la théorie de l'émission.
Dans les suppositions particulières que M. Poisson a prises pour exemples de calcul, le poids du fluide libre contenu dans une des aiguilles dont M. Gau&s s'est servi, aurait une grandeur assignable, égale à une très-petite fraction de miljigramme, et le poids du fluide à l'état neutre qu'elle renfermait également, demeurerait tout à fait inconnu. Mais il faut observer, à cette occasion-, que dans la théorie du magnétisme, l'hypothèse que les deux fluides soient impondérables n'est pas essentielle, attendu que ces substances ne sortent jamais des corps de la plus petite dimension, et que les déplacements intérieurs qu^elles éprouvent dans l'acte de l'aimantation sont regardés comme insensibles. Cette supposition est nécessaire à l'égard du calorique et des deux fluides électriques, parce que le poids des corps n'augmente ni ne diminue jamais d'une manière appréciable, quelque grandes que soient les quantités de chaleur et d'électricité qu'on y introduise. Elle l'est également par rapport au fluide lumineux qui se meut, dans la théorie de rémission, avec une excessive vitesse , et qui n'exerce cependant aucune perctission d'un effet appréciable sur les corps qu'il vient frapper en si grande abondance ; ce qui exige que les masses, et par conséquent les poids de ces particules, soient insensibles relativement aux