‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 221 sur 364 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DES VARIATIONS DE L'AIGUILLE AIMANTÉE, OBSERVÉES DIAPRÉS LA MÉTHODE DE M. 6AUSS.

Les méthodes adoptées par M. Gauss pour étudier les phénomènes magnétiques constituent une nouvelle ère d'observations; aussi doit-on en faire une classe à part. C'est ce motif qui m'engage à exposer séparément tout ce qui concerne les variations de l'aiguille aimantée, étudiées d'après ces méthodes sous le rapport de sa direction et de son intensité.

M. Gauss, non content de se livrer à des observations magnétiques journalières dans l'Observatoire de Goettingue, a témoigné le désir que des physiciens se livrassent, comme lui, sur divers points de l'Europe, à des observations suivies, à des époques fixes de l'année, auxquelles on a donné le nom de périodes ou termes (Tob" servaiion^ et avec ses appareils, pour montrer non-seulement les avantages que l'on pouvait retirer de l'usage de ces derniers, mais encore l'influence exercée par des causes locales sur la marche des phénomènes.

M. de Humboldt, comme je l'ai déjà dit, page 172, est le premier qui ait eu l'idée de la formation d'une semblable association. En passant «1 Gœttingue en septembre 1829, cet illustre savant témoigna le désir à M. Gauss de faire, dans le jardin de l'Observatoire, des observations simultanées sur l'intensité magnétique; en employant des méthodes différentes, ils obtinrent des résultats qui ne différaient entre eux que de o'',o5 pour

ayS BES.vAR. nE l'aig. aim. , observ. d'après^ etc.

une série d'observations faite dans l'intervalle de Sgi''. Ce parfait accord frappa M. Gauss, qui fut convaincu que dans ce geqr^ d'observations on pouvait obtenir la précision astronomique.

Du 20 au !2i mars i834 on commença à observera Gœttingue, avec le maenétomètre, de 10 en 10', tandis qu*à Berlin , & la même époque , on n^observaît que d'heure en heure. On trouva aaiis cette dernière ville des oscillations extraordinaires, qui avaient été également remarquées dans la première; seulement les observations à Gœttingue ayant été faites pendant des intervalles plus courts, on dut reconnaître des effets qu'il avait été impossible d'apercevoir à Berlin. Dès lors on ne pouvait constater si une^grande partie de^ oscillations observées à Gœttingue devait ê(re attribuée à des causes locales.

A la période d'observation fixée pour les 4 et 5 mai, celte question fut résolue; les observations eurent lieu de 5 en 5'. M. Sartorius observa q Waltershausen (Bavière), à 20 milles de Gœttingue, avec le magnétomètfe et à de courts intervalles; ses observation^ s'accordèrent parfaitement avec celles faites dans cette dernière ville: dès lors, il fut impossible d'attribuer aucune influence aux causes locales.

Pendant les trois périodes suivantes, juin, août et septembre, les observations furent faites simultanément à Gœttingue et dans diverses localités : les résultats obtenus ayant une très-grande concordance entre eux, on vit alors combien il était important d'observer les phénomènes à des intervalles très-rapprochés. Pendant quelque temps cela eut lieu, aux époques précitées, de 3' en 3'; mais on préféra ensuite l'intervalle de 5' en 5'. C'est à cette époque que M. Gauss et les savants qui s'associaient à lui arrêtèrent définitivement qu'il y aurait par an six périodes d'observations, d'une durée chacune de a4 heures, plus deux périodes supplémentaires. On observe aujourd'hui , d'après le système de M. Gauss, à Âltona, Àugsbourg, Berhn^ Bonn, Brunswick, Breda, Breslaw,

Page 1