DES LIGNES D'ÉGALE DÉCLINAISON
Apr^ avoir fait connaître la déclinaison de Taiguille aimadtée en divers points du globe, ainsi que les variations séculaires, annuelles, mensuelles et diurnes, Sue l*on peut considérer comme régulières , et les variaons îrregulières dues à des causes accidentelles, telles que les aurores boréales, pour terminer ce qui concerne la déclinaison, et en vue du but que je me propose daiiH ce livre, je vais parler des travaux qui ont été faits
Kur grouper les observations de manière à pouvoir icer sur le globe les lignes appelées cVégafe déclinai^ son, dont on a essayé de tirer parti pour déterminer la position des pôles magnétiques; nous verrons bientôt
Îue ces lignes ne peuvent avoir d'autre importance que e grouper les observations d'une manière méthodique, depuis surtout que M. le capitaine Duperrey, abandonnant les lignes d'égale déclinaison et faisant connaître les motifs qui l'ont engagé à y renoncer, et qui seront exposés plus loin, a trouvé un moyen graphique à l'aide duquel il a déterminé la véritable figure des méridiens magnée tiques, tels qu'ils doivent être considérés dans l'état actuel de la question du magnétisme terrestre.
On a vii que M. Hansteen publia, en 1787, un atlas magnétique , dans lequel se trouve une carte des déclinaisons renfermant la réunion d'observations la plui complète que l'on ait faite jusque-là. A la simple inspec-
CHAPITEB PREMIER* 3^9
(ion de cette carte , on reconnaît le défaut de ayik^trie des courbes de déclinaison; on doit en conclure que leB causes dont dépend le magnétisme terrestre sont répar>> lies inégalement. On voit encore qu'il existe deux lignes sans déclinaison , Tune située dans l'océan Atlantique^ entre Tancien et le nouveau monde, laquelle commeiiM sous le 60^ de latit., à l'ouest de la baie d'Hudson ^ s'a» vance, dans la direction sud-est, à travers les lacs ds l'Amérique du Nord , traverse les Antilles et le cap St- Roch, jusqu'à ce qu'elle atteigne l'océan Atlantique da sud , oii elle coupe le méridien de Greenwich par 65^ latit. sud. Cette ligne est presque droite jusque près de la partie orientale de l'Amérique du Sud^ où elle se courbe un peu au-dessus de Téquateun
La seconde ligue sans déclinaison qui est remplie d'inflexions, commence au 60^ de latit. sud, au-dessous de la Nouvelle-Hollande , traverse cette Ile, s'étend dans l'archipel Indien, en se partageant en deux branches qui coupent trois fois l'équateur. Elle passe d'abord ati nord de ce dernier, à l'est de Bornéo; elle revient ensuite, et passe au sud entre Sumatra et Bornéo , et, trail versant de nouveau l'équateur au-dessous deCeylan, d'oî elle passe à l'est au milieu de la mer Jaune, elle se dil rige ensuite le long de la côte de la Chine , piïis attein| la latitude de 71^, redescend de nouveau au nord en fit if sant un erand cercle semi-ciix^ulaire qui se tem^ine | la mer Blanche. {
Cook avança aussi qu'il existe encore une troisième li| gnesans déclinaison vers le point delà plus grande inffexio^ magnétique; mais elle n'a pas été suivie dans le nord; d| sorte que l'on ne connaît pas son cours. Les voyageuni ont cherché aussi la série aes points oîi ils pensaient que ll| déclinaison était la plus granae; Cook a trouvé une lign^ de ce genre dans l'hémisphère austral, a 60® 4q' 3e latit« et 93° 4^' d® longit. occid.y comptés. du méridien de^ Paris. ^
Outre les lignes de non-déclinaisdn , ]M[. Ranstédn ei^^ H tracé d'autres qui les suiveut et dopt U dédiMÎspB esi
DES LI6VES dVgALE DéCLIlf AlSOlf.
de 5®, ïc^f i5*, etc. Ces dernières présentant une courbure sur elles-mêmes à leurs extrémitcs, il en a tiré la conséquence qu'il existe deux pôles magnétiques dans diaque hémisphère, dont l'un a une intensité plus grande que l'autre, et que ces quatre pôles ont un mouvement régulier autour des pôles terrestres, les deux pôles du nord allant de l'ouest à l'est dans une direction oblique, elles deux autres de l'est à l'ouest aussi obliquement.
U assigne à ces révolutions, d'après les observations fiûtes antérieurement à 1817, les durées suivantes :
Au nord, pôle dont l'intens, est la plus forte , 1 740 ans. Au sud, idem, la plus forte, 4^og
Au nord*, idem , la plus faible , 860
Au sud, idem, la plus faible, i3o4
En s'appuyant sur ces dates, M. Hansteen a déterminé par le calcul la position de ces pôles de 1 800 à l85o; les résultats se trouvent dans le tableau suivaut :
▲MNÉXS.
iSM)
Lt MiOt VOAT 9ÔI.B «0»0.
Loiifittid«o«Mt
os*" 38" 91 S8 80 84 87 19 86 Ift , 83 10
Util. Bord.
Li rtus vo»T rALB son.
Lonf itade tit.
Utit «ud.
Ls rtot tAïa&B ràhà êV9.
L> nv» tAIBLB »dL* VOIB.
Losgitod* est.
135 bi ..
Latit. Dord.
Longitude OQMt.
Latit. sad.
CHAPITAE PHl^flEB. 3ft][
Suivant M. Hansteea, les deux plus forts pôles se trouvent à rextrémité d'un axe magnétique, et les deux plus faibles à rextrémilé d'un autre axe , dont la position change en vertu de causes qui ne sont pas encore connues.
* Depuis la publication du travail dont je viens de parler, M. Hansteen a recueilli les observations faites par tous les voyageurs français et anglais qui se sont niis en garde contre les causes d'erreurs que leurs devanciers avaient négligées; de plus, ayant eu connaissance des observations inédites qui se trouvent au dépôt des caries marines d'Angleterre, il a pu revoir les calculs qu'il avait faits , pour déterminer la position des pôles magnétiques , ainsi que le temps de leur révolution. Voici les résultats qu'il a obtenus :
Pôle fort au nord. Les observations faites en i8i3 par les ofEciers du vaisseau anglais le Brazen^ dans la baie d'Hudson, assignent 67^ 10' pour la latitude du pôle nord, et 9:1^ i[\ pour la longitude occidentale. En comparant ces données aux déterminations précédentes , on a :
Latitude du pôle. Lotigitude ouest du pôle^
On voit donc que le mouvement du pôle à Test, de ] 73o à 1 769, a été de 8* 4'» ou de i a' 44' P**^*' année. — 1769 a f8i3 — de 7* 38', ou de 10' 41 ''par an née.
Moyen mouvement : 1 1' 4' j^5.
Période de la révolution complète, 1890 ans.
Le capitaine Parry, le 18 août 1819, se trouvait au nord de ce pôle; l'inclinaison était alors de 88* 37"; le 1 1 septembre , sa position était telle que la déclinaison était de 3* a l'ouest du pôle , et la latitude de 74*' ^7'; il en résulte que la latitude du pôle magnétique devait être d'environ 71** 27'.
S8a ' DES LIGITH tfÉAàtB DieUNAISON.
Le captUine Ro», qui a été ensuite sur le pôle même, a trouve qu il était situé par les 70'' 6f' de latitude nord , et les 99^ 5' 48' ^ longitude ouest , à compter du méridien de Greenwicb,
Pôle fort au sud. M. Hansteen, en combinant les ^ obsenratioos de Cook en 1773 et 1777^ avec celles de Fumeauxen 1773, el les comparant avec les observationi de Tasmaa en 1642», a trouvé, pour la position de oe pok:
i64i, latitude nord, 71* 5'; longît. est, 146'' 57'. 1773, latitude nord, 69' aô'S" i36« i5 ' 4".
Le déplacement de ce pôle en i3i ans est de 10^ i4'y ou de 4' 67' par an ; ce qui donne 46o5 ans pour sa révolution complète.
Pôle faible au nord. M. Hansteen, en comparant les observations &ites en 1770 et i8o5^ à Tobolsk, Tara et Udinsk , en Sibérie , a trouvé , pour sa position à ces deux époques:
Lititade nofd. . Longttada est. Mouy. en 85 ans. Moavem. ano.
1770, 85" 46' 9>"=»9'3o"j ,^.33. 35. ,^y i8o5, 85 ai \ 116 19 ) ^
Ainsi, ce pôle achèverait sa révolution de Test à Touest en 860 ans.
Pôle le plus faible au sud. La position de ce pôle a été déterminée à l'aide des observations faites par Cook et Furneaux en 1774 , et Halfey en 1760.
Latitade sud. LoogiUide ouest Hoav. en 104 ans. Mouvem. aon.
1670,64» 7" 94»33il 8 3 „ ,6„5 ï77'b 77 '7 ia3 17 I '
Ce pôle accomplirait donc sa révolution en i3o3ans. Les recherche^ de M. Barlow n'ont pas peu contribué
GBAPITHE PaBMIBa« * 383L
à faire abandonner l'hypothèse dont il trient d'être question, de deuK pôles dans chaque hémisphère. Cet habile physicien, dans un mémoire lu à la Société royale de Londres, le 9 mai ]833 (1), a exposé les principaux faits concernant la situation actuelle des lignes d'égale déclinaison et les changements qu'elles éprouvent à la surface du globe. Il a réuni, à cet effet, les observationà les plus importantes faites dans les voyages récents, et en particulier, dans le voisinage des pôles, celles du ca» pitaine Beechey, qui a eu le soin d'écarter les erreur» provenant de l'attraction locale, et celles qui ont ëié faites sur les côtes d'Afrique, d'Amérique et de la N0U4; velle-Hollande, par les capitaines Owen et King, ainsi que les observations du capitaine Lutké , au service de Russie, et celles de M. le capitaine Duperrey.
Tous les résultats ont été tracés sur une carte^ pi. XUI^ fig. 4^9 en ayant l'attention d'écarter toute vue théorie que. Ainsi, là où il y avait solution de continuité par manque d'observations, on a laissé des blancs; c'est ce qui est arrivé particulièrement vers le pôle sud. En £u^ rope^ cependant, oîi les déclinaisons sont si bien obser^ vées , ces lignes ont été continuées sur la terre et sur l'eau.
Si l'on jette les yeux sur cette carte, qui est à peu près celle de M. Hansteen , à part les additions mentionnées , on reconnaît, qu'abstraction faite des portions qui offrent des courbures extraordinaires, ces lignes d'égale déclinai-» son doivent dépendre de lois que nous ne connaissons pas encore.
En admettant que les déclinaisons fussent, comme on Fa quelquefois supposé, influencées par les parties qui se trouvent dans leur voisinage immédiat, on ne voit pas comment pourrait avoir lieu cette régularité qu'ott observe dans un grand nombre de parties, sinon daoe toutes. Le tracé de la courbe dans l'océan Atlantique eo est un exemple.
(i) Trans. phUos, x833.
384 DBS LIG1IB8 J>'tfGALB DiCLIXàlSON.
Dans Focéan Indien on a une ligne sans déclinaison qaî coupe Téquateur terrestre, et dont la courbure est extraordinaire; les lignes d'égale déclinaison situées à gauche de celle-ci ont une déclinaison occidentale , celles qui sont à droite une déclinaison orientale.
M. Barlow a remarque que les observations faites dans ces mers sont plus en harmonie entre elles que celles recueillies dans les autres parties du globe; circonstance que cet habile physicien attribue à la faible valeur derin<« clinaison et à la for(e intensité de la composante horizontale, qui expose moins celle-ci à être influencée par des attractions locales.
On reconnaît encore que dans ce même océan, pendant 4o% la ligne sans déclinaison court presque parallèlement à réquateur, et pendant 4o autres degrés elle revient dans le méridien. Mais comme, dans le cas de Don-déclinaison, le pôle magnétique doit se trouver dans le méridien du lieu , il s*ensuit que le pôle doit aussi courir pendant 4o°, ou coïncider avec le pôle du globe. Tous ces faits, comme le dit M. Barlow, sont incompatibles avec l'existence supposée de 4 pôles magnétiques, ou même d'un plus grand nombre.
Si l'on examine les courbes remarquables qu'on trouve dans le grand océan Pacifique, rien ne dénote, suivant M. Barlow, malgré leur caractère particulier, l'influence de causes locales. Ces lignes, au lieu de s'étendre vers le$ pôles, comme dans les autres parties du globe, retournent sur elles-mêmes , de manière à former des figures semblables, quoique irrégulières. Cette disposition ne permet pas non plus d'admettre l'existence de quatre pôles.
Quant à la courbure des lignes qui traversent l'Asie, M. Barlow n'a pas consulté les autorités originales pour leur tracé; il s'en est rapporté au travail qui avait été fait jadis à cet égard par M. Hansteen. II y a néanmoins apporté un léger changement par suite des observations récentes du capitaine Lutké sur les côtes de la Nouvelle- Zemble et dans le nord de l'Europe.
Passons maintenant aux changements progressifs de