‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 307 sur 364 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ces diverses pièces sont de nature à faire connaître Téfat actuel des connaissances sur le magnétisme terrestire , ou du moins comment on doit l'envisager. Commençons par les instructions pour la Bonite.

§ I. Instructions pour la Bonite.

La science s'est enrichie ^ depuis quelques années, d'un bon nombre d'observations de variations diurnes âe l'aiguille aimantée ; mais la plupart de ces observations ont été faites ou dans les îles ou sur les côtes oC" tidentales des continents. Des observations analogues, correspondantes à des côtes orientales, seraient aujourd'hui très-utiles : elles serviraient, en effet, à soumettre à une épreuve presque décisive la plupart des explicatifs ^u'on a essayé de donner de ce mystérieux phénomène.

L'itinéraire de l'expédition ne permet pas de supposer que la Bonite puisse relâcher, ou du moins séjourner quelque temps, dans des points situés entre l'équateur terrestre et l'équateur magnétique , tels que Fernaml>ouc, l^ayta, le cap Comorin, les îles Pelew. Sans cela, nous eussions recommandé d'une manière particulière, d'y étàhliT solidement , et loin de toute masse ferrugineuse, le bel instrument de M. Gambey, et de suivre les oscillations de Taiguille avec un soin scrupuleux (i).

(i) A tout événement, nous poserons ici le problème que serviraient à résoudre des observations faites dans tous les points que nous venons de nommer.

Dans l'hémisphère nord^ la pointe d*unc aiguille horizontale aimantée, tournée vers le nord^ marche

D« Vmt à Voûtât, depuis 8 hearvs 1/4 da matin jusqu'à 1 h«ur« 1/4 apr^s unidi ; Dm VotMt à Vtttt depuis 1 heure i/4 après midi jusqu'au lenileoiain matin.

Notre hémisphère ne peut avoir, à cet égard, aucun privilège; eè qu'y éprouve la pointe nord, doit se produire sur la pointe Mid , au sud de l'équateur. Ainsi ,

De Vttt k l'oufif . depuis 8 heures t/4 du matin jusqu'à I heure 1/4 après midi ; De Voufst à Vit, depuis i heure >/4 après midi jusqu'au lendonaîa matin.

432 JJNSTRUCTIOirS POUR LA BONITE.

£d général, dans les lieux où Texpédition ne séjournera pas une semaine entière, il serait peu utile de se livrer à l'observation des variations diurnes de Xaigmlle aimantée horizontale. Il n'en est pas de même des autres éléments magnétiques. Partout où la Bonite s'ar-

L'observation , au surplus , s*est trouvée d'accord avec le raisonnement.

Comparons maintenant les mouvements simultanés des deux aiguilles, eu les rapportant à la même pointe, à celle qui est tournée vers le nord.

Dans V hémisphère sud, la pointe tournée vers le sud marche

De Vest à VoMtt , depuis 8 hearcs s/4 da matin jaiqu'à I h«oro i/4 «près midi ;

donc la pointe nord de la même aiguille éprouve le mouvement contraire; ainsi définitivement,

Dans l'hémisphère sud^ la pointe tournée vers le nord marche

D« Vowit à Vett , depuis 8 heures i/4 du matin jnaqa'à I heara i/4 après midi (

c'est précisément l'opposé du mouvement qu'effectue, aux mêmes heures, la même pointe nord dans notre hémisphère.

Supposons qu*un observateur partant de Paris s'avance vers l'cquateur. Tant qu'il sera dans notre hémisphère, la pointe nord de son aiguille effectuera tous les matins un mouvement vers l'occident; dans rhémisphère opposé, la pointe nord de cette même aiguille éprouvera tous les matins un mouvement vers l'orient. Il est impossible que ce passage du mouvement occidental au mouvement oriental se fasse d'une manière brusque ; il y a nécessairement entre la zone où s'observe le premier de ces mouvements, et celle où s'opère le second , une ligne où , le matin , l'aiguille ne marche ni.à l'orient ni à l'occident , c'est-à-dire reste stationnaire.

Une semblable ligne ne peut pas manquer d'exister, mais où la trouver? £st-elle l'équateur magnétique, l'équateùr terrestre^ ou bien quelque courbe d'intensité ?

Des recherches faites pendant plusieurs mois , sur des points situés dans l'un des espaces que l'équateur terrestre et l'équateur magnétique comprennent entre eux, tels que Fernambouc, Payta, la Conception, les îles Pelew, etc., conduiraient certainement à la solution désirée; mais plusieurs mois d'observations assidues seraient nécessaires, car, malgré l'habileté de l'observateur , lei courtes relâches de M. le capitaine Duperrey , à la G>nception el à Payta , faites à la demande de l'Académie, ont laissé subsister quelques doutes.

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