CHAPITRE m. 52l
Quelles que soient les bases d'où l'on parte pour expliquer ces phénomènes, on se demande toujours comment il se fait que la terre soit magnétique. M. Hansteen, dans son ouvrage sur le magnétisme terrestre, a émis les opinions suivantes :
« Il paraît plus naturel de chercher, leur origine (des ce phénomènes) dans le soleil, source de toute activité; a et notre conjecture acquiert une plus grande proba- <c bilité par les remarques qui précèdent sur les oscil- « lations diurnes de l'aiguille. D'après ce principe, le « soleil peut être considéré comme possédant un ou pluce sieurs a&es magnétiques qui, en distribuant la force, « occasionnent une différence magnétique dans la terre, ce la lune et toutes les planètes dont la structui*e interne « admet une différence semblable. Cependant , en adop- «tant cette hypothèse, la principale difficulté ne paraît «pas vaincue, mais seulement éloignée, car on est en « droit de demander avec raison d'où le soleil tire sa force « magnétique; et si, du soleil, on a recours à un soleil a central, et de celui-ci à une direction magnétique gé- «nérale, on ne fait qu'allonger une chaîne sans, fin, (c dont chaque anneau est suspendu au précédent sans a qu'aucun d'eux repose sur une base quelconque. Tout «considéré, le mode suivant de représenter l'effet me « paraît plus plausible : si un globe unique était destiné «à se mouvoir librement dans l'immensité de l'espace, « les forces opposées existant dans sa masse arriveraient « bientôt à un équilibre conformera leur nature, si elles « n'y étaient déjà, et toute leur activité tendrait vers un « point. Mais si l'on imagine qu'un autre globe est in- « troduit, il s'établira une relation mutuelle entre les «deux, et l'un de ses résultats sera une tendance à « s'unir qui est désignée et même expliquée par le mot « d'attraction. Maintenant , cette tendance serait-elle la «seule conséquence de ce rapport? N'est-il pas plus « vraisemblable que les forces fondamentales tirées de «leur état d'indifférence et de repos développeraient « leur énergie dans toutes les directions possibles , ea
5l6 RBCHER. TOUCH. l'ORIG. DBS PUÉN» MA6K. TERR.
a donnant naissance a toutes sortes d'actions oontraim!
«Ne peut-on pas croire aussi que la force magné- (c tique peut naître de la même manière que la brtz «électrique?
■ Je crois donc possible qu*au moyen des rapports maa tueis existant entre le soleil et leotea les planètes, atisî « bien qu'entre celles-ci et leurs satellite», on puisse eu> « ter une action magnétique dans chacun de ces glèbes, «dont la structure justifie cette hypothèse dans nnei- « rection dépendante de la position des axes de rotatiofi « par rapport au plan de l'orbite. Qiacune de ces planète « peut ainsi donner naissance à un axe magnétique par « ttculier dans le soleil ; mais comme leurs orbites oe « ibrmcitt que des angles de peu d'étendue arec Téqui- ^teur du soleil, ainsi qu'entre eut, les axes magmi- «qnes correspondraient peut-être aTec plusieurs axes<h «rotation. Ces planètes n'ayant pas de lune, ne posrfaderaient, d'après ce principe, qu'un seul axe magflè « tique ; les autres planètes auraient un axe de plus qu'elles (c auraient de satellites , dans le cas où ces différents axe, « en raison des petits angles formés par les orbites de «leurs lunes, ne se réuniraient pas en un seul. Les «mouvements coniques par lesquels les axes de rota* « tion des planètes sont transportés autour dtt pâle de «l'ëcliptique, joints aux mouvements de rërolutioir do «orbites autour de l'équateur du Soleil, peuvent, dam «œcBS peut-être, rendre raison du changement de pO" «sttion de l'axe magnétique. Ce qui pourrait fortement «confirmer cette hypothèse, ce serait que la grande « période magnétique, à la fin de laquelle les deux axa «reprennent la même position, se trouvât coïncider «avec la période de pré<^ssiou, ce qui paraît cependant cr nn peu douteux. »
Les assertions sur lesquelles s^appnie H. Ransteen ne peuvent être combattues directement. Je m'en tiens à mon rote d'historien, qui se borne à faire connaître les opinions des hommes qui se sont le plus occupés de h matière.
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S IL Recherches de M. Bariow touchant Parigine pro^ hable des phénomènes magnétiques terrestres.
On doit à M. Bariow (i) des recherche» expérimentales intéressantes toudiaot l'origine probable de tous les phénomènes magnétiques du globe. Diverses liypo* thèses avaient été '^ites poar expliquer la propriété magnétique de la terre ; mais comme ces hypothèses ne nfiposent sm^ aucun fait capable de leur ckMiner de la consistance, M. Bariow a pensé que le seul moyen d'é*clairer les idées à cet égard était de montrer par Teipé* rience, qu'en rendant magnétique un globe, de manière à t^rodoire les mêmes phénomènes que le globe terrestre, ce dernier pourrait bien avoir une origine ma-' gnétique semblable à celle du globe artificiel. Si Tinduction n'est pas rigoureusement vraie , du moins elle tend à démontrer que les choses peuvent se passer a^nsi.
On a TU précédemment que M. Biot avait cherché à lier ^ par le calcul , toutes les observations relatives au magnétisme terrestre qui avaient été faites avant et pendant la période du voyage de M. de Humboldt en Amérique, en considérant la terre comme un aimant, et pre« nanl pour la distance des pôles une valeur indéterminée; et partant du principe que le pouvoir de chacun de ces p61es variait en raison inverse du carré de la distance au point sur lequel ils agissaient, il obtint ainsi une expression générale de la direction de raiguille aimantéot En faisant varier la distance indéterminée ^ etoomparaM les résultats de l'expérience avec ceux du calcul , il trouva que plus les pôles étaient rapprochés^ plus ces résultats s'accordaient ensemble , et que les erreur» ou plutôt les différences étaient réduites au minîmom, quand les deux pôles se trouvaient infiniment près l'un de l'autre, et à très^peu de dbtance du centra de la terre.
(i) Trans. philos., i83i, i^ psrt., p. 99.
5sà8 RECHER. DE M. BARLOW TOUGH. l'oRIG. DES, ETC.
Il résultait évidemment de là que la terre ne devait pas être considérée comme un aimant ordinaire dont les deux pôles se trouveraient à ses extrémités.
Les lois qu'on déduit de cette hypothèse s'accordent parfaitement avec celles d'un corps soumis à un magnétisme passager par influence, comme Ta démontré M. Barlow. Pour l'intelligence de cette opinion , je dois rappeler les travaux de cet habile physicien touchant l'action réciproque du fer et d'une aiguille aimantée l'un sur l'autre, et dont on s'était peu occupé avant lui. En 1819, il déduisit d'une série d'expériences des lois empiriques très-simples pour exprimer cette action , et trouva en même temps que tout le pouvoir magnétique d'une sphère de fer résidait à sa surface. M. Bonnycastle entreprit aussitôt de rechercher les lois d'attraction de cette sphère , eu faisant une certaine hypothèse sur le magnétisme qu'on lui communiquait, et il parvint alors à obtenir la plupart des formules que M. Barlow avait déduites de ses expériences. Ce dernier, en faisant de légers changements à l'hypothèse de M. Bonnycastle, finit par obtenir toutes les lois, expérimentales. M. Poisson, depuis cette époque, a considéré la question analytiquement sous le point de vue le plus général, et a confirmé, par sa puissante analyse, toutes les propositions établies par M. Barlow. Il résulte de ces lois que , si l'on fait agir une sphère de fer aimantée par influence sur une aiguille aimantée, librement suspendue et soustraite à l'action du magnétisme terrestre , on a tous les effets que MM. Biot et Krafft ont obtenus par le calcul touchant l'action magnétique de la terre , sur une aiguille aimantée, en supposant que dans la sphère en fer comme dans le globe terrestre, les deux pôles magnétiques se trouvent infiniment près l'un de l'autre et du centre de la terre.
M. Barlow a conclu de là :
I** Que les lois du magnétisme terrestre sont incompatibles avec celles qui appartiennent à un corps dans un état magnétique permanent;