CHAPITRE III. 5l
a^ Qu'elles coïncident parfaitement avec celles qui ippartiennent à un corps dans un état passager d'induction magnétique.
Ces conclusions paraissaient rigoureuses; mais il ('agissait de montrer quelle espèce de magnétisme on pouvait communiquer à la terre pour lui faire produire tous les effets connus.
La grande découverte d'Œrsted, en faisant connaître un nouveau procédé d'aimantation, a fourni de nouvelles lumières pour avancer la théorie du magnétisme terrestre. En effet , aussitôt que M. Barlow en eut connaissance , il s'attacha à prouver que le magnétisme ter* restre pourrait bien avoir une origine électrique, c'està-dire , être attribué à l'action de courants électriques circulant autour du globe, comme M. Ampère l'avait précédemment supposé.
Ayant déjà prouvé, comme on l'a vu plus haut, que le pouvoir magnétique d'une sphère de fer réside seulement à sa surface, il conçut l'idée de distribuer sur la surface d'un globe artificiel une série de courants électriques disposés de manière à ce que leur action tangentielle pût donner partout à l'aiguille une direction correspondante ; l'expérience vint confirmer ses prévisions : ee globe produisit sur une aiguille aimantée, soustraite à l'influence terrestre et placée dans diverses positions , le même genre d'action que la terre lui imprimait dans des positions analogues. Cette expérience étant d'une trèsgrande importance pour la théorie du magnétisme terrestre, je crois devoir la décrire avec tous les détails dans lesquels M. Barlow est lui-même entré.
Cet habile physicien prit un globe de bois creux, de 16 pouces (anglais) de diamètre, peu pesant, et sur lequel il traça des rainures d'un 8** de pouce de largeur, de manière à représenter l'équatcur et des latitudes parallèles, à 4^ de distance chacune , depuis cet équateur jusqu'aux pôles. Il traça ensuite, d'un pôle à l'autre, une seconde rainure, de même largeur, mais d'une profondeur double , afin de figurer un méridien. Dans VI. a* partie. 34
53o REGHSR.de M. BARLOWTOUCH. l'oRICDESPHiI^ETC.
ces rainures il plaça , de la manière suivante , un fil de cuivre de 90 pieds de long et de 7^ de pouce de diamètre : ce fil fut appliqué par son milieu sur la rainure de Tëquateur , de manière à venir rencontrer le méridien ; alors il l'introduisit dans la rainure, une extrémité vers un pôle et l'autre extrémité vers un pôle opposé jusqu'au premier parallèle; il fit passer ensuite le fil autour de ce parallèle, puis retourner le long du méridien jusqu'au parallèle suivant, et ainsi de suiti jusqu'à ce que le fil fût parvenu à chaque pôle.
Le bout du fil resté libre à chaque pôle fut recouvert de soie vernie à la gomme laque, et reconduit de chaque pôle, le long de la rainure, du méridien à l'équateur. A cet endroit , retenu par une petite pince , chaque bout du fil y qui avait encore 5 pieds de long, fut mis ea communication avec un des pôles d'une puissante pile voltaïque; par suite du passage du courant dans ce fil , toute la surface du globe fut mise dans un état passager d'induction magnétique. Dès lora, conformément aux lois trouvées par M. Barlow, une aiguille aimantée, librement suspendue et soustraite à l'influence de la terre, devait se placer dans un plan passant d'un pôle à l'fiutre par le centre, et s'incliner sous différents angles, seloa sa position entre l'équateur et chaque pôle. Pour que l'expérience représentât complètement létat actuel du magnétisme de la terre, ce globe fut recouvert du tracé graphique de la sphère terrestre , en plaçant les pôles dans la position des pôles magnétiques de la terre, d'après les meilleures observations. Il prit pour guide les résultats moyens des observations des capitaines Parry et Forster, qui ont placé ces deux points sous la latitude de 60** N. et 72° S., et sous la longitude de 76^ O. de Greenwich , de sorte que l'équateur magnétique et le véritable équateur se coupaient à environ 14*" £• et 166° O. de longitude.
I^ globe étant ainsi disposé, une aiguille aimantée, préparée comme il a été dit, ayant été placée au«*dessui de ce globe , fut soumise entièrement à l'influence du courant électrique.