‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 359 sur 364 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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et se partage en deux autres, Tun qui remonte vers les régions équatoriales, l'autre qui descend vers le cap Horn; il faudrait, dis-je, que les électricités dégagées par le mélange pussent trouver un corps intermédiaire capable de leur livrer passage. Nous ne voyons dans les eaux de la mer que les substances qu'elles tiennent en dissolution qui puissent servir à la recomposition des deux électricités; mais il résulterait de là une foule de petits courants partiels, dirigés dans tous les sens dont il serait impossible de trouver la résultante à

{wiori, (Vest ce qui doit avoir lieu en pleine mer; mais, e long des cotes, il pourrait se faire que les substances qui composent les terrains, ayant une conductibilité suffisante, servissent à la recomposition des deux électricités. Ce ne sont là que des conjectures que j émets uniquement dans le but d'éclairer le lecteur sur Torigine électrique probable du magnétisme terrestre.

Bien que je sois porté à admettre cette origine, néanmoins les faits manquent pour l'appuyer sur des bases solides.

Je ne chercherai pas à examiner jusqu'à quel point est fondée l'ancienne hypothèse qui admet que le magnétisme terrestre est l'effet de matières magnétiques ou ferrugineuses disséminées à travers la masse de la terre, attendu que les faits manquent également pour donner à cotte hypothèse l'apparence d'une vérité. Je m'arrêterai seulement quelques instants sur l'hypothèse qui place la cause des phénomènes dans l'atmosphère, non pour la soutenir, mais pour présenter quelques considérations qui peuvent être invoquées en sa faveur : les expériences de Fusinieri (1) tendent à prouver que des métaux, et particulièrement le fer, existent à l'état de vapeur dans notre atmosphère, et qu'ainsi la terre est enveloppée d'une sphère creuse de substance magnétique, et capa- ~ble, quand elle reçoit le magnétisme par une cause ex-

(i)T. IV,pag. i3i ctsuiv.

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tcrieure, de produire tous les phénomènes du magnétisme terrestre. Dans son état régulier d'équilibre, cette atmosphère magnétique agirait sur Taiguille d'après les lois trouvées par M.Barlow^ touchant l'action exercée par une sphère de fer; lois qui seraient modifiées par celles qui règlent l'état thermal du globe , et par diverses causes perturbatrices. On a cherché à faire prévaloir celte opinion en l'appuyant de faits qui s'y rattachent d'une manière indirecte. Pour montrer jusqu'à quel point cette assertion est fondée ou non, je vais faire un rapprochement entre les variations diurnes de l'aiguille aimantée et les variations de l'électricité atmosphérique dans les temps sereins, pour que le lecteur en tire telle induction qu'il jugera convenable.

Dès l'instant que le soleil se montre sur l'horizon , le pôle austral de l'aiguille se dirige vers l'ouest; de i à 2 heures , l'aiguille atteint son maximum d'écartement, puis revient vers Torient , de manière à reprendre à très-peu

f)rès, vers 10 heures du soir, la position qu'elle occupait e matin; pendant la nuit elle reste presque stationnaire, pour recommencer le lendemain ses excursions périodiques.

Voyons maintenant quelle est la variation de l'électricité atmosphérique.

Lorsque le temps est serein, il existe toujours dans Tatmosphère un excès d'électricité positive , soumis aux variations suivantes. Cet excès, qui est assez faible peu avant le lever du soleil , augmente graduellement lorsque cet astre commence à paraître sur l'horizon ; puis augmente rapidement, et arrive quelques heures après à son premier maximum ; cet excès diminue d'abord avec vitesse, puis ralentit son mouvement de diminution, et arrive à son minimum d'intensité quelques heures avant le coucher du soleil. Il recommence à monter dès que le soleil s'approche de l'horizon, et atteint, peu d'heures après, son second maximum ; puis diminue jusqu'au lever du soleil , pour recommencer à suivre la marche indiquée ci«dessus.

rUnolie XI.

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temps OÙ elle est quelquefois plus forte qu'auparavant; qu'eliediminue ensuite graduellement pendant une grande partie de la nuit, et ne devient jamais nulle quand le ciel est parfaitement serein. Il est certain que si Ton veut avoir égard à rinflucnce de la chute de la rosce, on peut rendre compte des effets observés; il est bien sûr que dans ce dernier cas, Télectricité libre doit s'écouler dans la terre par l'intermédiaire de tous les corps qui se trouvent à sa surface. Cet écoulement doit donner naissance à une foule de courants électriques qui peuvent réagir sur l'aiguille aimantée; mais personne ne se hasardera à avancer que ces courants soient la cause de ses variations diurnes.

Je suis arrivé au but que je me proposai en publiant le Traité expérimental de l'électricité et (la magnétisme; ce but était de faire connaître tous les faits relatifs à cette branche de la physique que l'on doit considérer aujourd'hui comme l'une des plus importantes en raison de ses applications à la chimie et aux phénomènes naturels, ainsi que les théories qui ont été données pour les expliquer. Je me suis attaché à réunir dans cet ouvrage toutes les découvertes faites dans ces derniers temps, afin que le lecteur pût juger de l'état actuel de nos connaissances dans cette partie de la physique. Je n'ai rejeté aucun fait par esprit de système, attendu que j'ai toujours cet adage présent à la pensée : les théories passent et les faits restent ; maxime que l'expérimentateur ne doit jamais perdre de vue s'il veut que ses efforts contribuent à l'avancement de la physique.

Cet ouvrage a reçu un plus grand développement que je ne l'avais d'abord supposé; mais la cause en est aux découvertes sur l'électricité qui se succèdent rapidement dans toutes les parties de l'Europe. En effet , on ne peut disi^onvenir que l'électricité ne soit la branche de la physique la plus cultivée, non-seulement en Europe, mais encore en Amérique. J'ai dû, par conséquent, me mettre au courant des travaux exécutes, me procurer tous les mémoires publiés en différentes langues, les analy-

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