‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 358 sur 364 · CHAPITRE iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE iir

traire et qui se déposaient successivemeut devaient être accompagnées de puissants effets électriques; toutes les fois que quelques-unes des substances formées n'entraient pas en vapeur, il y avait recomposition immédiate des deux électricités dégagées, dans les points mêmes oîi la réaction chimique s'effectuait; mais lorsque ' plusieurs de ces substances^ ou même Tune d'elles, se \ gazéifiaient, elles emportaient avec elles J'nne des deux ^ électricités dégagées. La foudre devait alors sillonner continuellement les amas de vapeurs qui entouraient le ^ noyau primitif, comme les éruptions volcaniques nous ^ en offrent aujourd'hui un exemple. Il résulterait de là r que dan» les premiers âges du monde, les courants élec- ' triques devaient être peu sensibles, parce que les deux ^ électricités dégagées ne trouvaient pas de corps intermé- ' diaire pour servir à leur recomposition et produire ainsi des courants. Mais dès Tinstant que deux couches conti- ' gués, n'exerçant aucune action l'une sur l'autre, ont été - recouvertes par une troisième qui pénétrait par des fis- ► sures jusqu'à l'une des deux autres, sur laquelle elle réagissait, il a dû se produire des courants électriques toutes es fois que ces différents dépots étaient conducteurs de 'électricité, comme, suivant toute probabilité, devaient 'être les substances en contact avec le noyau. De semblables effets ont dû avoir lieu quand, par suite du bour- • souflement de la croûte et de son refroidissement, des vides se sont formés entre les diverses couches déjà déposées; '■ ces vides , donnant passade à des liquides qui réagissaient sur les substances dont ces couches étaient com- ' posées, servaient à la circulation des courants électri- 'qué^. De nos jours nous avons des exemples de cette ' communication entre l'intérieur de la terre et sa surface; en effet, dans toutes les régions volcaniques, les eaux de la mer s'infiltrent par de nombreuses fissures jusqu'au point où se trouvent les métaux des terres et des alcalis, ou leurs chlorures, sur lesquels elles réagissent; du moins, c'est une supposition assez admissible. Il résulte de là des effets éleclriquei teUi que les métaux

536 RÉFL. SUR LES Tm':OR . DONN. POUR EXPL. L^ORIG., FIC.

prennent 1 électricité négative; la vapeur d'eau due à la grande quantité de chaleur produite dans ces réactions et les gaz s'emparant de l'électricité positive, une partie de cette dernière se rend dans Tatinosphère avec les déjections volcaniques , et sa présence nous est i-endue sensible par la foudre qui sillonne dans tous les sens l'amas de fumée et de matières pulvérulentes qui sortent par le cratère; l'autre partie tend à se combiner avec l'électricité négative des bases qui établissent la comrounication entre les métaux ou leurs chlorures et les substances solides, liquides ou gazeuses, qui remplissent les fissures. Dès lors, on conçoit qu'il doit circuler dans rintcrieur de la terre, en toutes sortes "cle directions, une foule de courants électriques partiels qui , certainement, peuvent agir sur l'aiguille aimantée. Mais dire que la résultante de tous ces courants est la cause du magnétisme terrestre, c'est avancer un fait peu probable, attendu que les courants partiels changeant continuellement de direction, leurs résultantes doivent participera ces mutations.

Les considérations que je viens de présenter reposent sur des faits bien constatés, puisque nous savons que les vapeurs qui sortent des cratères, dans les éruptions, emportent avec elles une quantité suffisante d'électricité pour que la foudre gronde quand elles se résolvent en pluie.

Pour compléter la discussion, il ne reste plus qua examiner une autre question qui n'est pas sans intérêt depuis les observations de M. le capitaine Duperrey, touchant l'influence des courants dans les grandes mers, sur la direction de l'aiguille aimantée. Nul doute qT^o le mélange de l'eau chaude avec l'eau froide ne produise des effets électriques; j'ai mis le fait hors de doute par diverses expériences qu'il est inutile de rapporter ici : mais pour qu'il en résultât des courants électriques, il faudrait que l'eau froide qui traverse l'eau chaude, comme nous en avons un exemple dans la mer Pacifique , où uq courant d'eau froide vient se briser sur les côtes du Chili

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