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CHAPITRE III. CI

aiguille à raction de deux sphères de fer de même nature, de dix pouces anglais de diamètre, l'une entièrement pleine et l'autre creuse, celle-ci pesant un quart de moins que la première , il a reconnu ce fait fondamental que, dans la même position, la déviation de l'aiguille aimantée est égale pour les deux sphères, qu'elles soient pleines ou creuses , pourvu néanmoins que l'épaisseur des sphères creuses surpasse une certaine limite qu'il a fixée à un trentième de pouce. Dans ce cas, la déviation de l'aiguille produite par la sphère creuse soumise en premier lieu à l'expérience , est les deux tiers environ de la déviation correspondante à une sphère pleine, de même dimension. M. Barlow en a conclu, comme les expériences de Coulomb, sur des aimants formés d'un certain nombre de barreaux, pouvaient le &ire présumer, ainsi que celles de Nobili, qui sont plus récentes, que le magnétisme résidait à la surface des corps aimantés, ou du moins qu'il ne pénétrait pas dans leur intérieur au delà de la limite que nous venons de citer. M. Poisson, en cherchant à obtenir, au moyen de ses formules, les résultats que M. Barlow a déduits de ses observations, a cru devoir ne pas négliger, dans le calcul drs déviations de l'aiguille, les corrections dues à sa longueur et à sa réaction sur la sphère aimantée, quand laiguille est le plus rapprochée de la sphère, c'est-à-dire quand elle se trouve à une distance de son milieu au centre de ces corps égale à i a pouces.

M. Barlow a reconnu qu'en plaçant au même point le milieu d'une aiguille de 6 pouces, et celui d'une petite aiguille d'un demi -pouce en longueur, les déviations étaient les mêmes. M. Poisson a pensé que les deux corrections dont on vient de parler,' dont l'une tendrait à augmenter la déviation, et Tautre à la diminuer, se sont compensées Tune l'autre. 11 avoue cependant que cette compensation a été imparfaite; car, en calculant les déviations de l'aiguille, et négligeant la double correction, la différence qu'il a trouvée entre le calcul et l'expérieoce était trop grande pour être attribuée en entiei*

eu THÉOltlE DE POISSON.

aux erreurs des observations. Nous en citeix>us quelques exemples. M. Barlow a trouvé, avec une sphère de &/\ , et en plaçant le milieu de Taiguille à la pouces de distance de la sphère, que la déviation de Taiguille aimantée était de 36° 1 5', l'aiguille étant placée soit à l'est, soit à l'ouest du méridien magnétique; tandis que M. Poisson n'a trouvé, par le calcul, que 3iè*'38' : la différence de 3^37', qui ne peut être attribuée en entier aux erreurs de l'observation , est due en grande partie, suivant lui, à la longueur et à la réaction de l'aiguille, dont on n'a pas tenu compte dans le calcul. M. Poisson n'avait pas devers lui les données nécessaires déduites de l'expérience, pour effectuer la correction relative à la réaction de l'aiguille.

Dans un autre cas, où la distance du milieu de l'aiguille au centre de la sphère était de iS^ et au delà, les déviations calculées, en faisant également abstraction de la longueur et de la force de l'aiguille, ont toujours été plus petites que les déviations observées, comme dans le cas précédent. Ces différences, qui ont été souvent de 1° et quelques minutes dans le même sens, ne se trouvent que dans la comparaison des grandeurs absolues des déviations, puisque les lois de variation auxquelles sont soumises les déviations, suivant la position des aiguilles, s'accordent, soit qu'on les déduise de la théorie ou de l'expérience. Sous ce rapport, les nombreuses observations de M. Barlow viennent confirmer les recherches analytiq(ies de M. Poisson.

Cet accord remarquable du calcul et de l'observation justifie l'exactitude des bases sur lesquelles repose l'analyse; M. Poisson voulant soumettre celle-ci à de nouvelles épreuves, a cherché s'il ne serait pas possible de résoudre les équations générales, en les appliquant à des corps qui n'eussent pas, comme la sphère, une forme constante; il a trouvé qu'elles pouvaient être résolues très-simplement dans le cas d'un ellipsoïde quelconque, pourvu que la force qui produit les aimantations fut constante en grandeur et on direction dans toute son

CIIAPITRK m. Clîi

iUudur; ce ijiii a ^lieu , par exemple, à regard du iiiagoélisme terrestre.

Après avoir donné les formules relatives à un ellipsoïde dont les trois axes ont entre eux des rapports quelconques, M. Poisson considère les deux extrêmes où ce corps est très-aplati et où il est très-allonge. Dans le premier, le corps aplati peut représenter une plaque dont l'épaisseur varierait très-lentement près (lu centre, ft décroîtrait depuis cepointjusquà la circonférence : mn action sur des points peu éloignés de son centre fhit être sensiblement la même que celle de toute autre pltupie d^une épaisseur constante et d'une très" <^rarule étendue. De tncmcy un ellipsoïde très-allongé peut Are représenté^ dans la pratique^ par wie aiveuille ou une barre dont le diamètre décroit depuis son milieu jusqu à ses extrémités, en variant (fabord très'ientementy et son actittn sur des points voisins de son milieu doit très-peu différer de celle d'une barre tlont le diamètre est très-petit par rapport à la longueur. Lors donc , ajoute M. Poisson , que les physiciens dtiront observé les actions d'une barre ou d'une plaque aûnantée par Tinfluence de la terre, sur des points trèsi-iipprocl)és du milieu ou du centre de ces corps, on pourra comparer, sous ce nouveau point de vue, la tliéorie à l'observation.

[/hypothèse de Coulomb, des deux fluides magnéticiues, dont nous venons de donner une idée, est d'une grande simplicité, et rend bien compte des phénomènes de magnétisme proprement dit; mais elle n'a pu conduire ni à la découverte sur l'action exercée par un courant électrique sur un aimant, ni à leur explication.

§ II. — Théorie d' Ampère,

Après que M. Œrsted eut découvert cette action , M. Ampère conçut l'idée d'une nouvelle hypothèse sur la constitution des aimants, qui le conduisit à la découverte de l'action des courants entre eux. Nous rappellerons succinctement les principes que nous avons dé-

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