CHAPITRE III. CV
transmettaDt un courant à travers un fil conducteur tourné eu hélice autour d'un cylindre, de façon «^ former un grand nombre de spires, et i*aniené dans l'axe do cylindre, afin que cette dernière partie du fil détruisît les composantes horizontales du courant de Thélice, c'est-à-dire, si l'on aime mieux, en ayant une suite de courants circulaires égaux dirigés dans le même sens, et dont les plans soient perpendiculaires à une même ligne droite, cette série de courants circulaires, à laquelle on a donné le nom de solénoîdey se conduit comme un aimant lorsqu'on le soumet, soit à l'influence d'un aimant , soit à celle d'un courant. Un solénoide se dirige dans le méridien magnétique, et ses extrémités sont successivement attirées et repoussées par les pôles d'un aimant, comme un aimant lui-même; deux solénoides agissent l'un sur l'autre comme deux aimants; enfin, un solénoïde se conduit comme un aimant ayant même axe, dont le pôle austral serait à la gauche d'un observateur couché sur une des spires de l*hélice, l'électricité positive allant des pieds à la tête, et la figure regardant l'axe du cylindre.
En calculant les actions exercées par un élément de courant sur un solénoïde, ou sur une suite de courants circulaires dont les plans sont perpendiculaires à une ligné droite ou courbe, on a été conduit à ce que toutes les actions se réduisent à deux forces dirigées suivant des |>erpendiculaires aux plans passant par les extrémités du solénoïde et par l'élément. Ces forces, eu outre, sont en raison inverse du carré des distances qui séparent rélément de courant et ces extrémités. D'après cela , M. Ampère, au lieu de supposer que le magnétisme est dû à laction de deux fluides particuliers, attribue les phénomènes auxquels il donne naissance, à des courants électriques qui semeuveut autour des particules des corps. Ces courants existeraient donc dans tous les corps sensibles à l'action du magnétisme. Dans les corps fi l'état naturel , les courants électriques circuleraient dans tous les azimuts possibles autour des molécules, et
CVI THEOKIK I)K POISSON.
Yeffei de raiiiiantation serait de donner à ces courants des directions tendant toutes à devenir parallèles, et dont les actions sur des courants extérieurs explique* raient les attractions et répulsions. M. Ampère ajoute même dans un mémoire, annales de physique et de chimie^ t. XXVI, p. a5a :
a Parmi les différentes manières dont on peut se re- « présenter la disposition des x:^ouraDts électriques cir- « culaires autour des particules des métaux susceptibles « d'aimantation, soit avant de l'acquérir, soit après a avoir été aimantés, une des plus simples consiste à « considérer chaque particule comme une petite pile « de Volta dont les courants, entrant par une extrémité a et sortant par l'extrémité opposée, reviennent à trace vers l'espace environnant »
Dans l'hypothèse de M. Ampère , un aimant ne serait donc pas un seul solénoide, mais une réunion de solenoïdes parallèles. Il est cependant une différence qu'il est important de constater entre l'action d'un solénoïde et celle d'un aimant : c'est que, dans un aimant, les pôles ne sont pas placés aux extrémités, mais à peu de distance, tandis que dans un solénoïde dont les spires sont perpendiculaires à la longueur, les centres d'action sont situés aux extrémités mêmes. Dans un aimant^ les courants électriques ne pourraient donc pas tous être perpendiculaires à la longueur, et il faudrait pour que l'hypothèse de M. Ampère fût vraie, que les actions» mutuelles des courants circulaires pussent modifier la disposition de leur plan, de façon que leur parallélisme ne fût pas complet, et qu'il en résultât des centimes d'actions non situés aux extrémités, mais à peu de distance.
Plus on étudie l'électro-magnétisme , plus on est frappé du rapport qui existe entre les phénomènes magnétiques et les phénomènes électriques; d'un autre côté, la théorie de M. Ampère, (|uoique beaucoup plus compliquée que celle de Coulomb, a cela de remarquable, qu'elle lie les deux parties de la physique. Il est probable que le magnétisme et l'électricité sont dus