CHAPITRE III. CVII
à des modiBtatioiis du même agent. L'on peut se demander si l'on no pourrait pas rendre compte des courants électriques par une distribution des fluides magnétiques, comme on rend compte des phénomènes magoéliques par l'action des courants électriques; car, dans rétat actuel de la science, un courant électrique cstî bien difficile à définir, quoique l'on connaisse ses principaux modes de production.
C'est là une question de principe qui ne peut être résolue dans Tétat actuel de la science. Bien que tout ce que nous savons tende h prouver l'identité des deux agents électrique et magnétique, néanmoins, cette identité n'est pas complètement démontrée. Au surplus, on ne doit demander aux théories qu'à classer le plus grand nombre de faits connus, à les expliquer le plus simplement possible, et à lâcher de faire prévoir de nouveaux phénomènes. Ija théorie de Coulomb était simple et expliquait les faits connus de sou temps; mais la découverte d'OErsted ayant ouvert un nouveau champ aux physiciens, celle d'Ampère, quoique plus compliquée, a ramené tout à l'action d'un même agent, et a conduit cephysicien à l'action des courants les uns sur les autres. On voit doncfque, jusqu'à présent, cette dernière est celle qui comprend le plus grand nombre de faits, et à laquelle on doit s'arrêter. Du reste, les phénomènes d'induction sur lesquels repose l'explication du magnétisme par rotation, viennent donner de nouvelles preuves à l'appui de la théorie de M. Ampère.
S III. — Induction et explication cln magnétisme en mouvement.
Nous venons de voir quelle est la théorie de M. Ampère, basée sur les actions réciproques des courants et des aimants; mais les courants possèdent aussi la faculté de développer le magnétisme dans le fer doux et l'acier, et de rendre permanent ce magnétisme tant que dure l'action du courant, et de ne laisser d'action que cr que la force coercitive de la matière permet.
CVlll THEORIE Dr, POISSON.
M. Faraday partant du principe, que le courant clectriaue développe une aimantation dans les métaux magnétiques, a voulu s'assurer si réciproquement un aimant pouvait faire naître un courant électrique dans un circuit métallique. Le succès a répondu à son attente, et il est parvenu, comme nous allons le dire succinctement , à développer des courants électriques à Taide des aimants, et même à l'aide des courants électriques eux-mêmes. Il ne- sera pas question de cette dernière partie des travaux de M. Faraday, car nous n'avons en vue que l'explication des phénomènes de magnétisme par rotation dont nous avons déjà parlé. Tous les phénomènes qui rentrent dans ces actions réciproques des aimants et des courants, ont reçu le nom de phénomènes d'induction.
Si Ton forme une hélice métallique en fil de cuivre autour d'un cylindre creux en carton ou en verre, que Ton attache les deux extrémités du (il conducteur aux extrémités d'un galvanomètre, etque Ton introduise dans l'intérieur un barreau aimanté, l'aiguille du multiplicateur est déviée, et indique dans l'hélice un courant inverse, c'est-à-dire, opposé à celui qui eût pu donner à l'aimant la polarité qu'il possède, si le fA eût été parcouru par un courant. I^ direction de l'aiguille indique au contraire un courant direct, quand on retire rapidement le barreau.
Ainsi, lorsqu'un aimant s'approche d'un fil conducteur placé à angle droit, il y développe un courant, de même que lorsqu'il s'en éloigne; mais ces deux courants sont inverses. Tant que l'aimant reste en repos, le fil étant fixe, rien ne se manifeste; il n'y a que lorsque l'un des deux, l'aimantou le fil, est mobile ; TefFet est le même lorsque, l'aimant restant en repos, l'état magnétique de l'aimant change. On voit donc que non-seulement les courants électriques développent une aimantation permanente dans les métaux magnétiques, mais encore que les aimants peuvent développer des courants. La différence qui existe entre ces deux genres de phéno-