‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 8 sur 364 · CHAP. I. XIII · texte numérisé non relu

CHAP. I. XIII

guîlles de boussole et les lames qui iront que quelques millimètres d'épaisseur.

Mitehell et Canton, en Angleterre, se sont occupés, à la même époque que Duhamel ^ de Taimantation. lie premier a imaginé un procédé qu'il a appelé la double tourbe ; voici en quoi il consiste : on prend deux barreaux AB, A'B', fig. 80, fortement aimantés, liés parallèlement entre eux dans une position verticale, les pôles inverses en regard et à une distance de 7 à 8 millimètres l'un de Tautre; après avoir placé en contact plusieurs barreaux égaux, à la suite les uns des autres, sur une même ligne droite, on fait glisser le double barreau, à angles droits, par une de ses extrémités, tout le long de cette ligne; les barreaux intermédiaires acquièrent alors une grande force magnétique, mais non un maximum.

Si Ion analyse ce procédé, on voit que les divers barreaux réagissent les uns sur les autres; mais comme le magnétismenes'y développe pas librement, en raison de la force coercitivedel'acier, il faut nécessairement les soumettre à la friction des aimants glissants. I^es barreaux intermédiaires doivent acquérir le plus fort magnétisme, par cela même qu'ils sont soumis à l'action par influence des barreaux extrêmes. Sous ce rapport, les barreaux de fer doux présentent plus d'avantage que les barreaux d'acîer; sous un autre, le procédé de Mitehell l'emporte sur relui de Duhamel : lequel consiste dans l'emploi de deux barreaux aimantés parallèles, maintenus constamment à une même distance, et agissant en même temps parleurs deux pôles contraires sur tous les points du barreau.

Pour être assuré que le développement du magnétisme est le même , au signe près , dans chacune des moitiés, il faut avoir l'attention d'appliquer le double barreau au centre de celui que l'on veut aimanter, et de Élire sur chacune des deux moitiés un nombre égal de frictions. Quand le^ barreaux sont revenus au centre, on les enlève perpendiculairement, pour ne pas changer l'effet précédemment produit.

^pinus a fait une modification heureuse au procédé

XIV DES DIYKRS PUOCEDES D AIMANTATION.

de la double touche : au lieu de maiuteuir les deux barreaux glissant toujours parallèlement Tuu à l'autre, il lésa inclinés en sens contraire, eonime Duhamel Tavait fait; les résultantes longitudinales deviennent alors plus considérables, parce que les actions agissent plus obliquement sur la surface du barreau. Cette innovation affaiblit, à la vérité, Faction propre de chaque barreau glissant, qui n'a plus qu'une ligne de contact avec le barreau, en raison de l'inclinaison. L'expérience prouve cependant que jusqu'à une certaine limite d'inclinaison, il y a de l'avantage à se servir de barreaux inclinés, ^pinusa trouve qu'une inclinaison de i5 ou ao degrés donne sensiblement le maximum d'effet; en y joignant, comme il l'a fait, l'emploi des barreaux de fer doux ou des aimants, on a un pmcédé qui a l'avantage sur l,es autres de pouvoir aimanter fortement de gros barreaux avec des barreaux faibles en magnétisme.

C'Ctte méthode a l'inconvénient de ne pas produire un développement égal de magnétisme dans chacune des moitiés du barreau , et de faire naître plus facilement des points conséquents dans des barreaux d'une certaine longueur, que la méthode de Duhamel ; aussi ne doit-on pas aimanter par ce procédé des aiguilles de boussole ; on ne s'en sert ordinairement que pour les gros barreaux, auxquels on veut donner un fort degré de magnétisme, sans qu'il soit nécessaire d'avoir une égale distribution.

Coulomb, mettant à profit les avantages que présentent les méthodes que nous venons d'exposer, a adopté les dispositions suivantes , qui jusqu'ici n'ont éprouvé aucun changement.

I^es bandeaux fixes, dont il a fait usage, sont des faisceaux composés de dix barreaux d'acier trempé cerise clair, de cinq à six décimètres de longueur, quinze millimètres de largeur et cinq d'épaisseur. Après les avoir aimantés autant que possible, il les réunissait par leurs pôles de même nom , en en formant deux couches de cinq barreaux chacune, séparées par de petits paralléli-

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