CHAPITRE II
et qu'il s'en soit tenu à la théorie du contact, néanmoins les conséquences qu'il a tirées de 'ses observations , relativement à l'origine électrique de la chaleur, conséquences qui avaient été entrevues depuis long-temps par d'autres physiciens, ne peuvent manquer de servir de base à toute théorie électro-chimique.
Suivant Davy, parmi les substances qui se combinent chimiquement, toutes celles dont les énergies électri(|ues sont bien connues , manifestent des états électriques opposés par leur contact mutuel; ainsi le cuivre et le zinc , l'or et le mercure , le soufre et les métaux , les substances acides et alcalines, donnent des résultats conformes à ce principe. Les substances acides, ou qui se comportent comme telles dans les combinaisons, prennent l'électricité négative, et les substances alcalines l'électricité positive. Enfin, Tétat électrique de tension augmentant avec la température , si l'on suppose deux corps dont les molécules se trouvent dans deux états électriques différents, qui soient assez exaltés pour leur donner une force attractive supérieure au pouvoir de l'agrégation , il éclate du feu par suite de la réunion des deux électricités, comme dans la décharge de la bouteille de Leyde, et il se forme alors une combinaison. Suivant cette manière de voir, tous les signes d'électricité cessent aussitôt que les actions chimiques commencent. On ne voit pas quelle^est la cause qui retient unies les unes aux autres les molécules dans les combinaisons.
585. M. Berzelius a repris cette théorie, lui a donné de nouveaux développements et en a fait la base de la chimie moderne. Comme Davy, il attribue la chaleur produite dans les combinaisons, à la réunipn des deux électricités dégagées dans le contact. Il a cherché ensuite à classer les corps, en corps électro-positifs et corps électro-négatifs, mais cette classification est fondée plutôt sur des considérations chimiques que sur des résultats électro-chimiques.