CHAPITRE IV
manière non moins explicite : « Une lame d'or, envelop- « pée d'une bande de papier Joseph , sera fixée entre les a deux branches d'une pince de platine adaptée à l'un des «bouts du fil d'un galvanomètre; on plongera le tout « dans une capsule de porcelaine remplie d'acide nitri- « que, et l'on fera communiquer l'autre bout du fil aussi «en platine avec le même acide; les effets électriques
iç sero^it nuls •
c< mais si l'on ajoute une seule goutte d'acide hydrochloarique, l'or au même instant est attaqué, et l'aiguille. « aimantée, par sa déviation, annonce que Tacide a pris « l'électricité positive, et l'or l'électricité négative.» Cette expérience , comme on le voit , était décisive et prouvait bien que le contact métallique n'était pas nécessaire pour la production du courant, puisqu'on voit naître celui-ci quand l'action chimique commence.
M. Faraday ayant placé parallèlement l'une à l'autfe deux plaques, l'une de zinc amalgamé, et l'autre de platine (fig. 1^7), introduisit une goutte d'une dissolution d'acide sulfurique entre deux des extrémités de ces plaques. Il n'y eut d'action chimique à cet endroit qu'alitant que les deux pUques étaient réunies, par un corps conducteur, en deux points quelconques.
En enlevant l'acide et introduisant une goutte de solution d'iodure de potassium en a: (fig. 128), il obtint la même série d'effets; seulement le courant eut lieu dans une direction opposée. Dans ce cas, suivant M. Faraday; les deux solutions employées sont conductrices; mais le pouvoir conducteur de chacune d'elles est essentiellement lié au pouvoir de décomposition dans un ordre contraire, et par conséquent l'apparition des éléments dans une certaine place montre dans quelle direction a passé le courant. En plaçant les deux solutions aux bouts opposés des plaques , comme dans les deux dernières expë* riences,le contact métallique ayant lieu en d'autres points^ les courants cheminèrent dans des directions opposées : cette disposition permet d'opposer les actions des deux m. a5
396 DE l'intensité du COURANT.
§ IV. De Vintensité du courant.
604. M. Faraday a cherché à appliquer à l'intensité du courant les principes que nous venons d'exposer; en raison de l'action définie de l'électricité, il regarde comme évident que la quantité d'électricité dans le courant ne peut augmenter quand la quantité de métal oxidé et dissous s'accroît là où a lieu l'action chimique. Ainsi une seule paire de plaques de zinc et de platine donne autant d'électricité sous forme de courant, par l'oxidation d'une certaine quantité de zinc , qu'en donnerait l'altération de mille fois cette quantité à la surface de mille plaques de zinc dans une pile voltaïque. Pour le prouver, M. Faraday a disposé, en forme de batterie, dix plaques de zinc amalgamé et de platine, avec la dissolution d'acide sulfurique. Le circuit ayant été fermé, il recueillit l'hydrogène dégagea la surface de chaque plaque de platine, et trouva que la quantité sur chacune d'elles était en proportion avec la quantité de métal dissoute de chaque plaque de zinc, et la même que celle qu'il avait obtenue avec une seule paire. Il est démontré par là qu'il a passé autant d'électricité à travers une série de dix plaques que dans une seule, quoique la quantité de zinc dissoute ait été dix fois plus grande. Ce fait avait deja été constaté depuis long-temps au moyen du multiplicateur.
Pour expliquer l'accroissement de l'intensité du courant, à mesure que l'on augmente le nombre des couples, M. Faraday suppose que le degré d'intensité du courant , développé par le preinier élément , s'augmente quand ce courant est soumis à l'action d'un second élément agissant de concert, et possédant un pouvoir égal au premier; M. Peltier a envisagé la question sous le même point de vue. Les décompositions étant simplement des actions opposées, qui sont exactement du même genre que celles qui engendrent le courant, il en résulte que l'affinité qui résiste à la force d'une