CHAPITRE IV
§ IL Opinion de M. Faraday sur Vélectricité produite dans les actions chimiques^ et sur les effets du courant métallique.
SgS. Le lecteur a pu apprécier déjà les services importants que M. Faraday a rendus à l'électricité, d'après l'exposé consciencieux et fidèle que nous avons fait de ses travaux. Nous allons présenter actuellement les résultats qu'il a publics récemment sur le même sujet (i), parce qu'ils servent de base à la théorie qu'il a donnée des phénomènes électro-chimiques; mais ici nous ne serons plus d^accord avec lui, surtout en ce qui concerne le dégagement de l'électricité, question que nous croyons avoir traitée aussi coujplétement qu'il était possible de le faire dans l'état actuel de la science {'i), La haute estime qu'on accorde justement aux travaux de M. Faraday nous impose l'obligation de n'en omettre aucun , même quand nous ne partageons pas sa manière de voir sur quelques-uns d'entre eux.
M* Faraday admet, comme beaucoup de physiciens, une identité entre la force qui constitue le courant voltaïque et celle qui unit ensemble les éléments des électrolytes. Il partage aussi l'opinion de ceux qui attribuent une origine chimique a la charge de la pile. En cela nous sommes parfaitement d'accord; mais il a voulu appuyer son opinion d'expériences capables de dissiper tous les doutes, sans examiner si de semblables expériences n'avaient pas été faites depuis long-temps ^ avant qu'il s'occupât de cette question.
596. Cet habile et ingénieux physicien ayant pris deux plaques, l'une de platine et l'autre de zinc amalgamé, il souda un fil 4e platineyà la lame de platine (fig. 126), laquelle fut plongée ainsi que l'autre lame dans le vase
i) Trans. phil., a^ partie ^ x834y p. 42^*
[a) Tome XI ^ p. 17 à 90.
384 OPINION DE M. É'ARilDAY SUR L ÉLECT. , ETC.
C, qui renfermait de l'eau acidulée par l'acide sulfurique et l'acide nitrique. Un morceau de papier tournesol, humecté d'une solution d'iodure de potassium, fut placé sur la lame de zinc en ^, et le bout du fil de platine mis en contact avec le papier. L'iodure fut aussitôt décomposé par l'action seule du courant produit dans la réaction du zinc sur le liquide de G; car il li'existait dans l'appareil aucun contact métallique, le platine et le zinc ne communiquant ensemble que par l'intermédiaire d'une bande de papier à réactif. En remj)laçant le liquide du vase C par une solution dépotasse caustique, les résultats furent les mêmes. Ayant introduit dans le circuit un multiplicateur, Taiguille fut déviée immédiatement. 5q7. Nous prendrons la liberté de faire remarquer à M. Faraday que l'expérience relative à la production d'un courant électrique par la réaction d'un acide sur un métal , indépendamment de tout contact métallique, a été faite pour la première fois en 18^3, d'une manière ' non moins décisive (i). Une cuiller de platine, remplie d'acide nitrique très-pur, ayant été fixée à l'un des bouts du fil d'un multiplicateur, et une pince également en platine à l'autre Jjout, on expérimenta de la manière suivante : «Plaçons entre les branches de la pince une lame (C d'or parfaitement pur et enveloppée à moitié d'uue « bande de papier pour empêcher le contact 'des deux «métaux; plongeons cette lame dans l'acide nitrique « privé de gaz nitreux, afin que l'or ne soit pas attaqué, « et faisons l'immersion de manière que le papier touche «aussi à l'acide. L'aiguille aimantée n'est pas déviée « de sa position ordinaire d'équilibre; mais quand l'acide «nitrique renferme du gaz nitreux, le multiplicateur ac- « cuse aussitôt un courant qui provient de la réaction « de l'acide sur l'or.»
Dans un au tre mémoire (2) nous nous exprimâmes d'une
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxiv, p. 346. (a) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxvi, p. 177.