CHAPITRE PREMIER. é^2J
convëoient, c'est-à-dire dans lequel Taiguille garde toiyours le zéro.
Les deux positions d'équilibre, dont nous venons de parler, dérivent de l'action magnétique du fil de cuivre, dont les circonvolutions supérieures sont partagées en deux niasses, afin de pouvoir introduire dans l'intérieur du châssis une des aiguilles aimantées. Or, il est facile de voir que ces deux centres d'attraction constituent un inconvénient très-grave. En effet, supposons un multiplicateur très-sensible, dans lequel la force magnétique du cuivre ne soit pas nulle.
On sait que le système à aiguilles compensatrices n'éprouve pas la même action aux différentes parties du cadran, le plus faible courant d'électricité qui circule dans le fil suffit pour lui faire parcourir les premiers degrés de l'échelle, tandis que le mêine courant est à peine capable de le mettre en mouvement, à une déviation préexistante de 5o ou 6a degrés. La partie la plus sensible de Téchelle est dans l'arc des 1 5 ou 20
f)remiers degrés. De plus, comme nous l'avons déjà dit, 'expérience prouve que, dans toute l'étendue de cet arc, les forces de déviation sont sensiblement proportionnelles au degré, lorsque le fil est uniformément distribué sur le châssis et qu'il occupe , comme dans nos multiplicateurs, toute la largeur de la corde qui s'étend à 34 ou 35 degrés de chaque côté du zéro. Maintenant, en faisant intervenir l'action magnétique du cuivre, si l'index est placé au zéro, il tombera dans l'une ou l'autre des deux positions d'équilibre stable, qui se trouvent à 4? 6, 7 et quelquefois jusqu'à 10 degrés. Mais pour l'écarter davantage, ou le ramener vers le zéro, il faut nécessairement vaincre la résultante la plus rapprochée des attractions émanées du cuivre; cette force diminuant des deux côtés, à mesure que la distance à la position d'équilibre augmente contrarie donc la série naturelle des forces motrices; car, si les deux centres d'attraction sont placés à 5 degrés, par exemple, l'effort nécessaire pour faire passer Tin-
4^8 CONSTRUCT. DES PILES THERMO-l^ECT.
dex de 5 degrés à 6 degrés, ou de 5 degrés à 4 de|[rés, sera plus grand que celui qu'il faudra employer pour le pousser de 6 degrés à 7 degrés, ou de 4 degrés à 3 degrés. Ainsi Faction magnétique du cuivre diminue non-seulement la sensibilité du multiplicateur, mais elle altère la proportionnalité qui aurait lieu naturellement entre les degrés et les forces de déviation dans les arcs rapprochés du zéro. Or, lorsque* cette proportionnalité n'a pas lieu, il est impossible d'appliquer les méthodes connues pour déterminer les forces correspondantes à chaque degré du multiplicateur; il en résulte qu'alors l'instrument , au lieu de mesurer l'intensité des courants électriques, n'indique plus que leur différence. Nous avons dit que les deux positions d'équilibre stable', autour du zéro, varient dans les différents multiplicateurs ; nous ajouterons qu'elles varient aussi en ajustant successivement le même système asiatique sur ces divers instruments. Ce magnétisme du cuivré , qui réagit dans cette circonstance sur les aiguilles, est dû en partie au fer que renferme ce métal.
M. Melloni a reconnu que les meilleurs cuivres faisaient toujours dévier les systèmes asiatiques de plusieurs degrés. Des fils d'argent furent essayés aussi par lui, et divers essais lui montrèrent que ces fils étaient plus magnétiques que ceux de cuivre. M. Gourjon (i), qui s'est associé à M. Melloni pour la construction des appareils que nous décrivons ici , est parvenu cependant à se procurer une masse de cuivre, qui, façonnée en fils, lui a permis de construire des multiplicateurs dont l'aiguille garde le zéro.
Les mêmes difficultés que Ton éprouve ordinairement pour le fil de cuivre se présentent aussi dans la cons-
(1) On trouve, chez M. Gourjon, à Paris, tous les appareils dont nous donnons ici la description , ainsi que la plupart de ceux avec lesquels on peut répéter nos expériences) et qui sont exécutés avec une grande précision.