‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 24 sur 127 · MA · texte numérisé non relu

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La liquéfaction confère donc en général un pouvoir cotiducteur électrique très-grand à la plupart des substances non métalliques. L'eau paraît être, de tous les corps soumis jusqu'ici à l'expérience, celui dont le pouvoir acquis est le plus faible.

M. Faraday a reconnu que le pouvoir de l'eau est une centaine de fois moins fort que celui des différents oxides, (et des chlorures à l'état liquide. Tout porte à croire que l'accroissement de pouvoir conducteur que reçoit l'eau, quand on y ajoute quelques petites quantités de sel, dépend du pouvoir conducteur de ces corps à l'état liquide.

394. Cette propriété des corps d'acquérir le pouvoir conducteur et d'être décomposés quand ils passent de l'état solide à l'état liquide, parait se rattachera certaines propriétés de la matière : ce rapprochement u'a pas échappé à la sagacité de M. Faraday, qui s'exprime ainsi à cet égard : « C'est une belle et iiliportante ques- «tion de savoir si la conduction elle-même ne serait pas et une conséquence non de la capacité de décomposition a seulement , mais de l'acte même de la décomposition. c< Cette question peut être suivie d'une autre, savoir : Ne « serait-ce pas en enchaînant les particules à leurs places a sous l'influence de l'agrégation , et en prévenant leur ce séparation définitive selon la manière nécessaire pour a que la décomposition s'opère , que la solidification « s'oppose à la conduction ? »

396. Bien que lorsque la conductibilité se montre, la décomposition la suit ordinairement , cette règle n'est cependant pas générale, car il existe un corps qui devient conducteur par la liquéfaction , et cependant n'est pas décomposé ; ce corps est le periodure de mercure. Nous ferons remarquer aussi qu'il existe une dépendance mutuelle entre le pouvoir conducteur des corps pour l'électricité et celui pour la chaleur, attendu que dès Tinstant qu'un corps devient liquide , il perd en grande partie le pouvoir de conduire la chaleur, tandis qu'il

acc[UveH à un haut degré celui de conduire rélectrieîté: llnveràe a lieu à l'état solide.

396. Les observations précédentes pernrettent de soumettre à l'action décomposante delà pile un grand nombre de corps sur lesquels on n'avait pu jusqu'ici faire agir l'électricité vollaïque. Nous citerons particulièrement les oxides, les chlorures, les cyanures, les sulfo-cyanures, les fluorures et certains composés vitreux. M. Faraday," en soumettant à l'action d'une pile de 10 paires de disques le sel marin, le chlorure de magnésium, le borax^ a obtenu le sodium, le magnésium et le bore. Nous reviendrons plus loin sur cette décomposition.

397. Dans les expériences précédentes il n'a été question que des effets produits par l'électricité à petite tension, telle que l'électricité voltaïque; mais M. Faraday a voulu aussi comparer ensemble les pouvoirs conducteurs de l'eau et de sels à l'état solide et à l'état liquide pour de l'électricité à de haute tension. Il s'est servi d'une grande machine électrique, dont le conducteur communiquait à un électroscope à feuilles d'or très-sensible, par l'intermédiaire d'un fil de platine renfermé dans de la glace, tandis que le vase d'étain dont on a déjà parlé était uni à un long conducteur métallique se rendant dans la terre : en tournant la machine modérément, les feuilles d'or s'écartèrent un peu ; en la tournant rapidement, l'écart fut de deux pouces. Ainsi la glace, qui ne peut conduire aucune portion sensible de l'électricité de la pile, qui surpasse en quantité celle de la machine, laisse passer facilement l'électricité à haute tension.

L'iodure de potassium fondu ayant été introduit ensuite sur le trajet de l'électricité de la machine, quelques ^rs ont suffi pour écarter les feuilles d'or d'environ ■§• \^m «e pouce. Ce sel est donc bien meilleur conducteur que 'jj la glace.

y M' 3q8.'Noùs savons que la chaleur diminue le pouvoir jfM conducteur des hiétaux pour l'électricité à haute tension , |i.'f tf qu'elle augmente celui de plusieurs substances lïon métalliques. M. Faraday a trouvé que te sulflite d'argeiit

lOO DE LA. REL. QUI EXISTE ENTRE LA. COND., ETC.

jouit de cette propriété , que son pouvoir conducteur pour l'électricité à petite tension ou Télectricité voltaîque augmente avec la chaleur.

Lorsqu'un morceau de sulfure d'argent, d'environ un ^ pouce d'épaisseur, est placé entre deux plaques de platine qui terminent les pôles d'une batterie voltaîque de ao paires de plaques et qu'un multiplicateur se trouve dans le circuit, l'aiguille est légèrement déviée, ce qui annonce déjà un faible pouvoir conducteur; mais si l'on élève la température, ce pouvoir augmente jusqu'à un certain degré, l'aiguille se place dans une position fixe, et l'on trouve alors que le sulfure est conducteur comme ' un métal , puisqu'il peut donner une brillante étincelle avec du charbon.

Le sulfure d'argent naturel ainsi que l'argent rouge présentent le même phénomène. Jusqu'ici le sulfure d'argent est le seul corps que l'on puisse comparer aux métaux relativement au pouvoir conducteur pour l'électricité à faible tension, quand il est chaud.

Quant aux autres sulfures métalliques , tels que le proto-sulfure de fer, le persulfure de fer natif, le sulfure de fer arsenical, le sulfure jaune natif de cuivre et de fer, le sulfure de fer gris artificiel, le sulfure artificiel de bismuth et celui d'étaîn, ils conduisent tous plus ou moins à froid le courant voltaîque ; mais leur poa voir conducteur ne paraît pas changer quand ils son chauds.

399. Bien qu'il y ait une extrême dissemblance entre sulfure d'argent et les gaz ou vapeurs , M. Faraday souj çonne que l'action de la chaleur sur ces corps est < même genre. Effectivement, quand les gaz sont chaufF leur pouvoir conducteur augmente pour les deux él« tricités de l'appareil voltaîque , et il est probable qui on les pressait pour les condenser, on augmenterait ' core leur pouvoir conducteur. Il semblerait résulter là que tous les corps conduisent Télectricité de la mi manière, les métaux comme Teau et les gaz, mais à degrés très-Hlifférents. Le pouvoir conducteur est, <

CHAPITRB PREMIER. lOI

kelques corps, puissamment augmente par la chaleur, diminué dans d'autres, sans qu'on puisse savoir d'où ibvient celte différence.

Du pouvoir conducteur différent de certains •orps pour chacun des deux fluides électriques.

4oo. Toutes les expériences qui ontétéfaites jusqu'ici sur l'élcctricitc tcndentà prouver que les phénomènes sont dus à l'existence de deux agents impondérables ou fluides , doues de propriétés contraires. Pour soutenir cette doctrine, on a dû rechercher toutes les circonstances où chacini de ces fluides ne possède pas le même mode d'action et surtout la faculté de parcourir égalemeni: bien le même corps conducteur.

M. Porret fi) a fs't i^i"^ expérience de ce genre qui est très-curieuse. Ayant pris une petite fiole à médecine, il la coupa eu deux dans le sens horizontal, à l'aide d'un fer rouge; la partie inférieure fut partagée Uis Ifi sens de sa' hauteur en deux parties, et les deux fcitiés réunies l'une contre l'aulre avec de la cire à JKhetèr, après avoir placé entre elles une portion de Vessie mouillée; de l'eau fut mise ensuite dans chaque wlluie. 11 plongea dans chacune d'elles une lame de (ilatine en communication avec l'un des pôles d'une btlerie de 80 paires; l'eau fiit décomposée comme à lordinaire, mais la plus grande partie du liquide delà Cellule positive fut transportée dans l'autre, comme si w obéissait à l'impulsion d'un courant du fil positif au fil négatif.

Celte expérience, qui ne réussit qu'autant que l'eau employée est peu conductrice de l'électricité, montre que 'efluitle positif traverse plus facilement l'obstacle qu'on oppose à sa transmission, que le fluide négatif. 400. Inexpérience suivante vient encore à l'appui de la

(i) Annales ofFhiloBophy, juillet 181G.

iOa DU POUV. GOKD. BIFFER. I>I CEET. CORPS, ETC.

difféx'enca d'action que nous venons de reconnaître dans chacun des deux fluides. On prend deux tubes AetB (fig. 69) que l'on remplit, dans la partie inférieure, d'argile très-fine suffisamment humectée, afin de pouvoir sqrlir par de petites ouvertures pratiquées dans des bouchons de liège qui ferment les bouts inférieurs, pour peu qu'on les agite.

Ces tubes sont placés verticalement sur les parois d'un vase de verre ^{f\ rempli d'eau ordinaire comme les tubes ; puis l'on plonge dans chacun d'eux une lame de platine en communication avec l'une des extrémités de la pile : on ne tarde pas à voir l'argile sortir par les trous du bouchon du tube positif, tandis que dans l'autre tube rien de semblable n'a lieu. Il faut donc que l'électricité positive exerce sur la matière une force de répulsion plus, grande que l'électricité négative, puisqu'elle chasse devant elle les obstacles qu'elle rencontre, ce que ne fait pas l'autre électricité. Cet effet n'a lieu, comme dans l'expérience précédente, que lorsque l'eau est peu conductrice.

4oi. M. Erman a montré aussi l'inégale conductibilité de certains corps pour les deux électricités; en atténuant de plus en plus leur force répulsive, il a trouvé un terme oïl le corps devient isolant pour l'une des deux, et conducteur pour l'autre. Ayant isolé un appareil voltaïque, monté avec une dissolution de sel marin , il fit coipmunîquer chacun de ses pôles avec un électroscope à feuilles d'or très-sensible, également isolé. Bientôt aprè^ chaque électroscope manifesta le degré de divergence qui convenait à la force de la pile.

Ayant pris ensuite un prisme de savon alcalin bi^n sec , il inséra dans un de ses bouts un fil de métal e^ communication avec le sol ; en touchant l'un des électroscopes avec l'autre bout, la divergence y devîjgtÇ nulle , tandis qu'elle augmenta dans l'autre électroscppe; dans ce cas, le savon se comporta comme corps conducteur par rapport à l'une et à l'autre électricité. Il fit ensuite comn^uniquer les deux pôlçs ^yeç le sa-

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