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von au moyen de deux fi)s de métal y là divergence de& deux électroscopes ne fut pas modifiée ; ainsi le savon se comportait ici comme corps non conducteur. Mais en touchant le savon avec un fil de métal en communica-i tion avec le sol, le pôle négatif fut déchargé et le pôle positif acquit un excès de force. Le savon ne laissa donc passer que l'électricité négative.
La flamme de l'alcool a présenté des effets semblables, avec cette différence cependant que la disposition conductrice était en faveur de l'électricité positive. Nous devons faire remarquer que la propriété dont il s'agit ne se manifeste qu'autant que la pile a peu d'énergie, car elle est insensible pour des électricités intenses.
M. Biot a trouvé que l'éther sulfurique se comporte comme le savon et la flamme d'alcool. Si l'on place, dans le circuit, un appareil pour la décomposition de l'eau , il n'y a aucun dégagement de gaz , et l'on reconnaît que les deux pôles sont complètement isolés ; mais si l'on touche l'éther avec un fil métallique que l'on tient à la main, on trouve, en appliquant un condensateur à Vuu quelconque des pôles de la pile, que ce condensateur se charge complètement comme si l'éther était devenu tout-à-coup conducteur de l'espèce d'électricité qui appartient au pôle où le conducteur est appliqué.
4o2. M. Erman a publié encore une expérience sur le même sujet, que nous ne devons pas oublier de mentionner, afin d'indiquer de nouveau avec quelle réserve on doit se prononcer sur la cause des phénomènes électri- ^oeg avant de les avoir bien approfondis.
Ori place sur un électroscope une lampe aphlogistique de M. Davy, dont le fil de platine est tenu en in- ^ndescénce tant qu'il se dégage de la vapeur d'alcool ^^ la lampe. On présente au-dessus de la spirale le pôle '^^gatif d'une pile sèche, les deux feuilles d'or divergent ^^fôitôt ; on présente ensuite de la même manière le He positif, et il n'y a aucune divergence : ainsi le fil "® platine incandescent n'a donné passage en apparence qu'à l'électricité négative. Le contraire a eu lieu ,
]o4 1>U POTJV. GOND. DIFF^R. DE GERT. CORPS| ETC.
quand réiectricité a passé d'un fil incandescent dans un autre qui ne lest pas. M. Erman en a conclu une réciprocité d'action isolante et conductrice du fil incandescent pour chaque fluide. Nous ne croyons pas celte conclusion exacte; en effet, quand on présente successivement à un fil de platine^ dont la température a été {)orlée préalablement au rouge par tout autre procédé, es deux pôles d'une pile sèche, ce fil conduit également bien chacune des deux électricités. En outre, d'après les connaissances que nous avons acquises sur les effets électriques qui se produisent dans la combustion des gaz et dans l'élévation de température, la partie de l'air qui environne le fil incandescent de la lampe àphlogistique doit se trouver dans un état positif, et le fil qui est au milieu de la vapeur alcoolique dans un état négatif; de plus, la partie du fil qui est en incandescence doit céder facilement l'électricité positive aux corps adjacents. Cela posé, quand on présente à ce fil le pôle négatif d'une pile sèche, il y a deux motifs pour que réiectricité négative qui en émane neutralise et l'électricité positive de l'air environnant, et celle qui est chassée du fil incandescent. L'électricité négative du fil devenant aloi's libre, manifeste son action sur Téleclroscope. En répétant l'expérience d'une manière inverse, c'est-à-dire en faisant sortir successivement chacune des deux électricités par le fil incandescent , comme celui-ci tend à être négatif, il neutralise l'électricité positive qui arrive, et rend libre celle de l'air ambiant et du bout incandescent : dès lors il se comporte comme s'il livrait passage à l'électricité positive. Il n'est donc pas nécessaire, pour expliquer le phénomène, d'avoir i-ecours à une réciprocité d'action isolante et conductrice dans le fil incandescent, comme l'a fait M. Erman.
4o3. Un autre phénomène , qui a été étudié par M. Tremery, semble encoixî piwiver que l'une et lautre électricité ont im pouvoir cœrcitif inégal. On met en contact une carte à jouer, par ses deux surfaces , avec deux pointes métalliques dirigées parallèlement l'une à l'autre
CF\PITBE PBEMIER. Io5
comme l'indique la fig. 70. L'une de ces pointes comniiinic[[ie avec la surface extérieure d'une forte bouteille de Leyde que l'on tient à la main, et l'on touche l'autre pointe avec le crochet. La décharge s'opère d'une poinle à l'autre en traversant la carte , mais l'on observe que l'endroit où elle est percée est situé vis-à-vis de la pointe négative. En faisant l'expérience dans l'obscurité, on voit l'étincelle passer seulement sur la surface qui est en contact avec le conducteur positif, tandis que l'autre surface reste obscure. Pour rendre permanentes les Ii-aces de l'électricité, il suffit de peindre les deux côtés de la carte avec du vermillon ; on trouve alors que la face positive est seule allérée.
Ce phénomène s'explique facilement en admettant que l'air offre moins d'obstacles à l'électricité positive qu'à l'électricité négative. Si cetle hypothèse est fondée, il faut qu'en affaiblissant l'influence de la forCe coei"cîtive et diminuant la densité de l'air interposé on obtienne des effets résultant de cette diminution. Or, M. Tremery, en faisant l'expérience sous le récipient de la machine pneumatique, a trouvé que le trou ou l'endroit percé se rapproche du milieu de l'inlervallu ^^des deux pointes à mesure que l'on raréSe l'air. Quand ^Kt'vide est aussi parfait que possible, le trou est situé ^^B milieu.
^^1 4o4 ■ Nous avons vu précédemment que lorsque des conducteurs posilifs et négatifs d'une machine électrique sont armés de pointes métalliques, si l'on fait fonctionner cette machine dans l'obscurité, on observe à l'extrémité de la poinle positive une gerbe de feu accompagnée d'un bruissement très-sensible, tandis qu'à l'autre pointe on ne voit qu'un point lumineux sans production de bruissement. Ces effets peuvent s'expliquer jusqu'à un certain point au moyen des propriétés que nous venons de reconnaître dans chacun des deux fluides; en effet, l'air élant traveisé plus facilement par l'ëlectricité positive que par l'électricité négative , la pointe chargée de la première électricité la dissipera en
Io6 DU POUV. COND. DIFFÉR. DE CERT. CORPS, ETC.
la lançant autour d'elle ; quant à la pointe chargée d'électricité négative, la décharge s'opérera par le contact successif des particules de l'air qui viendront successivement toucher la pointe. La lumière ne sera donc visible qu'au sommet même.
4o5. Puisque nous en sommes aux propriétés différentes dont jouit chacun des deux fluides, nous devons rappeler ici l'observation intéressante dc^a mentionnée de M. Delarive, relative à la faculté de l'électricité positive h petite tension de passer plus facilement du platine au zinc dans un couple voltaïque que du zinc au platine, tandis que pour l'électricité négative c'est l'inverse.