‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 35 sur 127 · CHAPITRE III • ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE III • ï

§ III. Des rapports qui existent entre l'intensité du courant , le nombre et les dimensions des plaques voltaîques ^ et ï! énergie de V action chimique du. liquide sur le métal oxidable.

419- Nous savons que lorsque Ton plonge les deux éléments d'un couple voltaïque dans une solution neutre acide ou alcaline , la direction et l'intensité du courant dépendent de l'action exercée par le liquide sur chacun de ces éléments, et en particulier sur le métal le plus oxidable. Il résulte' de là que l'on peut toujours prévoir apriori la direction du courant , quand on connaît la nature de la solution et celle des deux métaux, puisque le métal le plus attaqué, celui-là même qui détermine le sens du courant, prend toujours au liquide l'éleclricité négative. C'est ainsi qu'en mettant deux lames cuivre et zinc en communication avec le multipRcateur, et les plongeant dans de Teàu salée, le zinc prend au liquide l'électricité négative, attendu qu'il est plus attaqué par ce liquide que le cuivre; mais si le liquide conducteur est une solution de sulfure de potassium, le courant suit une direction opposée, parce que le cuivre est plus attaqué que le zinc. Or, ce qui a lieu pour un couple voltaïque, relativement à la direction du courant, doit encore se reproduire dans une pile formée de la réunion de plusieurs couples. Si donc l'on a deux piles semblables à couples cuivre et zinc, l'une inontée avec de l'eau acidulée, et l'autre avec une solutioD de sulfure de potassium,, le coté zinc dans la première donnera de l'électricité positive, et dans la seconde «e l'électricité négative. Quelques exemples choisis par M. Delarive montreront encore la dépendance mu- Mle qui existe entre la direction du courant et la réac- ^*on chimique du liquide sur le métal oxidable.

4ao. Prenons une lame de cuivre et une lame d'étain en ^lalion avec le multiplicateur : si on les plonge dans toe solution at^ide ou saline ^ il se produit un courant

l34 DES RAPP. QDI EXISTENT ENTRE l'iNT., ETC.

(le l'étain au cuivre par rinterniédiaire du liquide, tandis que le tnénie couple, placé dans Tammoniaque, donne un couranl qui va en sens inverse. Le contact des deux métaux, dans cette expérience comme dans celle qui a été rapportée plus haut, étant resté le même, il eu résulte . que le changement dans la direction du courant ne peut > être attribué qu'à une différence dans Faction chimique. Effectivement, dans le premier cas, l'étain est plus fortement attaqué que le cuivre, tandis que dans le second c'est le contraire. Une pile formée avetî des. couples étain, cuivre, montée avec de Tammoniaque, doit donc avoir des pôles inverses de ceux que l'on obtient quand elle est montée avec une solution neutre ou acide.

M. Delarive, en plongeant divers couples voltalques dans des acides à différents degrés de concentration, a obtenu les résultats consignés dans les deux tables sui-* vantes, dans lesquelles chaque métal est positif par rapport à celui qui le précède.

Dans l'acide nitrique concentre.

Dans Tacide nitrique éteoda d*ct«<

Fer oxidc.

Argent.

Argent.

Cuivre.

Mercure.

Fer Q%\dé.

Plomb.

Fer.

Cuivre.

Plomb.

Fer.

Mercure^

Zinc.

Étain.

Étain.

Zinc.

L'arsenic et le fer ont fourifi un exemple remarquai^ ble d*un changement de polarité. Dans un acideétenotty le fer est éminemment positif par rapport à Tarsetiief qui est peu attaqué; tandis que lorsqu'on les plosijjf dans de la potasse tenue en fusion , les deux métaw changent de rôle ; l'arsenic,^ sur lequel la potasse ft(^ puissamment, devient positif.

Un couple or et cuivre ne lui ayant donné aucun effet quand il a employé du mercure comme corps & quide ^ il a émis le doute que la formation de rama)"

CH4PITAB m. l35

gamc fût une véritable action chimique. Certes , Tamalgamation est une action chimique dans toute l'étendue du mpt, et nul doute qu'il ny ait aussi dégagement d'électricité quand elle se produit; mais le courant n'est pas sensible, parce que les deux électricités dégagées trouvent plus de facilité à se recombiner sur la surface même du contact de J'or et du mercure que de suivre le fil métallique qui réunit l'or et le mercure. En général , toutes les fois que le corps conducteur intermédiaire est moins bon conducteur que les deux substances sur lesquelles il réagit, les deux électricités dégagées dans l'action chimique suivent, pour se recombiner, le fil du multiplicateur; dans le cas contraire , ou du moins quand il est suffisamment bon conducteur, la recomposition s'opère sur la surface même du contact ; c'est ce qui arrive ici.

Le sens du courant, dan§ un couple qui plonge dans un liquide, est bien dépendant, comme nous l'avons dit,^ de l'énergie avec laquelle s'exerce l'action chimique sur Vun des éléments de ce couple; celui qui est le plus attaqué prend l'électricité négative au liquide : mais peut-^ on, eu augmentant la surface du métal le moins attaqué, compenser et même surpasser l'action plus vive de ce liquide sur l'autre métal? M. Delarive, qui a étudié cette question , a reconnu que cela a lieu quelquefois ?ua"nd la difféi^ence entre les propriétés chimiques des D>etftuxest peu différente; mais qu'en général la somme «Un grand nombre d'actions chimiques très-faibles ne peut jamais égaler une action chimique très-forte, quand Wen même celle-ci ne s'exercerait que sur une trèspetite surface.

L'examen que nous avons fait des phénomènes clec- Iro-chimiques et thermo-électriques, dans le a® volume, lious dispense d'entrer dans aucun détail sur l'influence rfe l'oxidatiou et de la température sur la direction et imtensité du courant.

l36 MODIFICA.T. QU'iPR. t'iLECT. VOL., ETC.

§ IV. Des modifications qu^èprou^^e Vélectricité voU iaique dans son passage à travers des conducteurs liquides interrompus par des lames de métal.

421. Pour étudier les modifications qu'éprouve un courant quand il traverse des conducteurs liquides interrompus par des lames dé meta! , M. Delarive a pris une cuve de verre, séparée en divers compartiments par des lames de platine; il a rempli les diverses cases avec une solution de chlorure d'ammoniaque ou de chlorure de sodium; dans les deux cas, les effets obtenus ont été les mêmes : le courant traversait le fil d'un multiplicateur assez sensible.

La pile dont il a fait usage était composée de 60 paires simples, de 16 pouces carrés de surface pour chaque plaque, et il a pris avec soin les angles de déviation de l'aiguille du multiplicateur à différents degrés d'intensité du courant de la pile , c'est-à-dire à des intervalles plus ou moins longs depuis le moment où la pile se trouvait en action; et il a observé aussi ces angles pour uhe même intensité de la pile, soit que le liquide fût interrompu par une ou plusieurs lames de métal.

M. Delarive a déduit d'un grand nombre d'expériences les conclusions suivantes :

I** Une ou plusieurs lames métalliques, placées perpendiculairement dans un liquide conducteur sur la ligne menée par les deux pôles, diminue l'intensité du courant qui est obligé de le traverser;

2** Cette diminution est presque nulle, quand le courant qui traverse les lames est très-énergique et provient d'une pile composée d'un grand nombre de paires; mais l'intensité du courant diminue dans une proportion d'autant plus rapide , en traversant le même nombre de lames, que son intensité originaire est moins consi* dérable ;

3** De deux courants ayant la même intensité, l'un originairement, l'autre après avoir traversé une ou plu*

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